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Évacuation prolongée à Pimicikamak : plus de 4000 résidents toujours sans date de retour

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Plus de 4000 membres de la Première Nation de Pimicikamak demeurent évacués sans date précise pour un retour à domicile. En cause, des infrastructures endommagées, une pénurie d’eau potable et des centaines de logements qui doivent encore être inspectés après une panne majeure survenue en pleine vague de froid dans le nord du Manitoba.

La Première Nation de Pimicikamak a prolongé pour une durée indéterminée son avis d’évacuation, en raison de dommages importants subis par son usine de traitement de l’eau et d’un manque de biens essentiels. L’information a été confirmée par son chef, David Monias, dans un communiqué dimanche.

Nous demandons à la population de rester dans leur hôtel. Si des personnes reviennent, ce sera à leurs propres risques.

Située à environ 530 kilomètres au nord de Winnipeg, la nation crie a été privée d’électricité pendant près de quatre jours, alors que les températures descendaient sous les –20 °C.

Selon Hydro-Manitoba, le courant a été entièrement rétabli le 2 janvier, dans l'après-midi. David Monias estime que les réparations nécessaires pourraient coûter au moins 44 millions $.

Pour l’instant, la situation nous dépasse, reconnaît la conseillère de bande Shirley Robinson. Sur environ 1300 résidences, seules 200 ont pu être inspectées à ce jour.

Kelson Monias, l'air sérieux, dans un hôtel.

Kelson Monias, de la Première Nation Pimicikamak, a vu sur les réseaux sociaux de nombreuses maisons endommagées ou brûlées.

Photo : Radio-Canada / Justin Fraser

Nouvelle vague d’évacuation

En raison du manque d’eau potable et des risques pour la santé publique, 150 personnes supplémentaires ont été évacuées dimanche, vers midi. Une centaine d’autres pourraient suivre, selon Shirley Robinson.

C’est loin d’être fini. Nous nous assurons que les enfants, les personnes âgées et les personnes vulnérables sont évacués en priorité.

La conseillère souligne également l’impatience et la détresse des familles hébergées à l’hôtel, qui attendent toujours une date de retour.

J’aimerais pouvoir leur donner une réponse, surtout quand j’entends des aînés pleurer, confie-t-elle.

Des familles prises au dépourvu

Kelson Monias, résident de Pimicikamak et père de deux enfants, vit actuellement dans une chambre d’hôtel à Winnipeg. Il dit que la situation est difficile, d’autant plus que, pour sa famille, c'est la deuxième évacuation depuis l’été.

Je n’ai pris que trois vêtements de rechange. C’est vraiment difficile en ce moment. On ne pensait pas que cela allait arriver, raconte-t-il.

Il se dit aussi préoccupé par l’état de l’usine de traitement de l’eau, où il a déjà travaillé. Selon lui, l’approvisionnement en pièces de rechange pose des problèmes depuis plusieurs années.

Paige Paupanakis numérote une boîte remplie de jeux pour enfants sur une table accompagnée de deux autres personnes.

À droite, Paige Paupanakis, membre de la Première Nation, s’est portée volontaire pour venir en aide aux sinistrés, en rassemblant des jeux, des vêtements d’hiver et de la nourriture.

Photo : Radio-Canada / Justin Fraser

Appels à l’aide et soutien communautaire

Un porte-parole du gouvernement provincial indique que des échanges sont en cours entre le premier ministre et le chef de la nation crie. Une visite sur place est envisagée, mais la date n’a encore été confirmée.

À Winnipeg, Paige Paupanakis, membre de la Première Nation, s’est portée volontaire pour venir en aide aux sinistrés. Elle a notamment lancé une collecte de fonds pour soutenir les familles déplacées.

Je suis très contrariée que cela se produise et que notre chef et notre conseil aient à implorer les autorités pour recevoir de l’aide, déplore-t-elle, rappelant que plusieurs familles et aînés ne sont pas habitués à la vie en milieu urbain.

La Première Nation de Pimicikamak a également lancé un appel aux plombiers ainsi qu’aux Forces armées canadiennes afin d’obtenir un soutien supplémentaire.

Avec les informations de Santiago Arias Orozco

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