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EN DIRECT - Vague migratoire à Ceuta : les États membres de l’UE ont «tous salué la gestion de la crise par l’Espagne», déclare Laurent Nuñez

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14:01

Laurent Nunez affirme que le nombre de traversées de la Manche par des migrants diminue

À propos des nombreuses traversées de la Manche par des migrants qui veulent se rendre au Royaume-Uni, Laurent Nunez a affirmé qu’elles ne cessaient de décroître. «Depuis le début de l’année, le nombre de traversées réussies a été de 160, contre 413 l’année précédente. Le taux d’échec des traversées qui était de 58% l’an passé à cette date est passé à 65%, grâce à la nouvelle doctrine d’interception des navires en mer.»

13:57

«L’ensemble des ministres a salué l’adoption du pacte européen sur l’asile et l’immigration», affirme Nunez

«Il faut renforcer notre lutte contre les réseaux de passeurs», a affirmé Laurent Nunez, résumant les échanges avec ses homologues. Les ministres de l’Intérieur européens ont aussi convenu qu’il fallait travailler sur «le démantèlement des réseaux dans les pays de transit» et sur «le retour» des migrants dans leur pays d’origine.

«L’ensemble des États-membres se sont félicités de l’adoption du pacte asile et immigration, qui instaure une procédure d’asile à la frontière», a-t-il indiqué. Le filtrage à l’entrée et au sein de l’UE, le raccourcissement de la procédure Dublin sont des mesures particulièrement importantes, selon Nunez.

«Tout le monde a salué les avancées sur le règlement retour qui supprime le délai de départ volontaire et donne des prérogatives accrues pour mieux identifier les réseaux de passeurs», a-t-il précisé, indiquant que la France était favorable à sa mise en œuvre.

13:47

La France a «renforcé» le contrôle à la frontière franco-espagnole «de façon significative», selon Nunez

Après les discussions qui se sont tenues en visioconférence entre les ministres de l’UE, Laurent Nunez a évoqué la mise en place d’un «barrage flottant», une frontière physique en mer au large de Ceuta. «Nous avons tous convenu que l’espace Schengen n’était pas le problème mais la solution», a-t-il poursuivi. «J’ai rappelé que nous étions à disposition des autorités espagnoles pour venir en soutien ou renforcer Frontex lorsqu’il le faut.»

Laurent Nunez a ajouté que la France avait «renforcé le contrôle la frontière franco-espagnole» de façon significative pour contrôler les mouvements secondaires. Cinq forces mobiles exercent un contrôle sur les 37 points de passages entre les Pyrénées orientales et les Pyrénées-Atlantiques. Ils seront renforcés à compter de demain par la force frontière d’intervention rapide qui va mobiliser 186 personnels supplémentaires.

13:40

«Tous les États membres ont salué la gestion espagnole de la crise», affirme Laurent Nunez au sortir de la réunion d’urgence

Un conseil des ministres de l’Intérieur de l’UE s’est tenu ce matin, sous une direction irlandaise. Il s’agissait, selon Laurent Nunez, d’un conseil «informel», soit un «moment de discussion» sans prise de décision. «Tous les Etats-membres ont marqué leur solidarité avec l’Espagne. Tout le monde a salué la gestion espagnole et la coopération remarquable avec le Maroc», a-t-il affirmé. Il y a eu 75 corps de migrants morts retrouvés, a affirmé le ministre espagnol lors de cette réunion.

12:50

REPORTAGE - «On a voulu fuir le Maroc pour trouver un travail, il n’y a rien là-bas» : à Ceuta, l’aventure européenne a tourné court pour des milliers de migrants

Le défilé est sinistre. Des petits groupes en pantalons crasseux, les claquettes usées et le visage las. En d’autres lieux, à d’autres moments, on penserait à la débâcle d’une armée vaincue après une longue bataille. L’impression est renforcée car on ne voit presque que des garçons, jeunes que les militaires espagnols qui balisent ce chemin de défaite houspillent et pressent de « Venga ! Venga ! » sonores.

À Ceuta, en ce samedi midi, ils sont des milliers à passer chaque heure la frontière de Tarajal, de retour vers ce Maroc qu’ils ont fui ces derniers jours dans une joie exubérante et communicative. Les temps ont changé. L’aventure européenne a tourné court. Ils marchent maintenant sans trop penser, un tee-shirt sur la tête pour se protéger du soleil qui pique par le même chemin que celui emprunté les jours précédents. « On est trop fatigués. On n’a rien à manger, presque rien à boire. On rentre », raconte Adam, 16 ans qui a rôdé trois jours dans les rues de la ville de l’enclave sans trouver d’autre issue à son errance que ce retour.

À lire aussi «On a voulu fuir le Maroc pour trouver un travail, il n’y a rien là-bas» : à Ceuta, l’aventure européenne a tourné court pour des milliers de migrants

12:08

Deux migrants secourus en mer après deux semaines à la dérive

Deux migrants ont été secourus mardi après avoir passé deux semaines à la dérive en mer Méditerranée en tentant de rejoindre les îles Baléares, ont annoncé les autorités espagnoles, qui poursuivent les recherches de 17 personnes ayant voyagé à bord de leur embarcation et péri en route, selon les survivants.

Cette annonce intervient quelques jours après la crise migratoire inédite à Ceuta, où 50.000 migrants ont pénétré dans cette enclave espagnole en Afrique du Nord, avant de rebrousser chemin, pour la très grande majorité, et de rentrer au Maroc, pays frontalier.

Les deux hommes originaires d’Afrique du Nord ont été secourus vers 03h00 du matin (01h00 GMT), à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Majorque, a indiqué dans un communiqué la préfecture des îles Baléares.

11:03

Rabat dit avoir alerté Madrid du risque posé par une récente décision de justice espagnole

Le Maroc avait prévenu l’Espagne, avant la crise à Ceuta, des risques migratoires que faisait peser une récente décision de justice espagnole, a déclaré à l’AFP un haut responsable marocain, une affirmation ensuite démentie par Madrid.

Ces derniers jours, 50.000 personnes, essentiellement des Marocains, ont rejoint ou tenté de rejoindre l’enclave espagnole de Ceuta à pied ou à la nage depuis la ville voisine de Fnideq. Cet afflux inédit a rapidement saturé l’enclave espagnole avant de donner lieu à des milliers de retours vers le Maroc et de provoquer des tensions diplomatiques dans l’UE.

Selon ce très haut responsable, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat lundi soir auprès de l’AFP et de quelques autres médias, les autorités marocaines avaient alerté Madrid sur le risque posé par une récente décision de la Cour suprême espagnole stipulant que le renvoi immédiat d’un migrant ne s’appliquerait pas aux personnes arrivées par la mer.

«On a expliqué que ce jugement allait nous créer un problème. Et il a créé un problème», a-t-il déclaré.

«À aucun moment il n’existait de preuve, aucun rapport qui alertait sur l’ampleur (de) cet événement inédit», a démenti de son côté la porte-parole du gouvernement, Elma Saiz.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez avait estimé vendredi que la crise migratoire alors en cours à Ceuta était liée à une rumeur lancée «par les mafias de trafiquants d’êtres humains», avec une interprétation malhonnête de cette décision de justice.

Selon le haut responsable marocain, les échanges ont débuté avec la partie espagnole autour du «22-23 juillet, quand les réseaux commençaient à parler» de cette nouvelle décision.

Il a soutenu qu’il n’y avait pas eu de défaillance du dispositif sécuritaire marocain.

«C’est réducteur que de dire que le Maroc aurait dû juste utiliser la force pour les arrêter. C’est ne rien comprendre à ce phénomène», a-t-il estimé, affirmant que les forces de l’ordre ne pouvaient pas entrer en confrontation avec un tel nombre de personnes.

«Ce n’est pas une responsabilité exclusive du Maroc de gérer ce phénomène», a-t-il insisté, affirmant que le coût de la gestion migratoire pour le royaume atteignait environ 500 millions d’euros par an.

Il a cependant assuré que Rabat et Madrid avaient agi «en partenaires fiables» et continuaient de travailler «en coordination parfaite» sur les questions migratoires.

«Aujourd’hui, c’est à l’Espagne de trouver les réponses à ces défis posés par ce jugement», a-t-il estimé.

«Cette réponse si exceptionnelle dans un laps de temps aussi court n’aurait pas été possible sans la collaboration du Maroc», a pour sa part relevé Elma Saiz à Madrid.

10:43

REPORTAGE - Dans la ville frontalière de Fnideq, le Maroc s’efforce de faire oublier la crise de Ceuta

Sur les terres pelées qui entourent Fnideq, quelques militaires marocains s’activent encore. En ce lundi matin, ils cherchent les derniers gamins qui, ces jours derniers, se sont rués en une masse excitée vers la ville voisine de Ceuta, vers l’Espagne et l’Europe. Il en reste quelques petits groupes ici et là, endormis entre des touffes d’herbe jaunie, que les soldats secouent sans trop de manières. On les regroupe et on les dirige vers de petits bus, avec une fermeté qui ne souffre pas de contestation. Personne ne tente vraiment de fuir. Une camionnette blanche, porte ouverte, circule dans les rues pentues de la ville haute. À petits gestes pressés, les policiers pressent les migrants de retour de monter à bord.

Sur le bord de la route côtière qui relie Castillejos - le nom qu’ici tous donnent à Fnideq - à sa voisine espagnole, ils sont une petite dizaine à attendre, avec un peu de crainte, cette sorte de voiture-balai. Ils le savent, la fête est finie, et, comme Samir, venu à 17 ans de la banlieue de Tanger, ils n’ont pas un sou pour faire le trajet de retour. « Je dois rentrer chez ma mère. Je n’ai pas le choix. Je suis fatigué et j’ai perdu mon téléphone », dit-il dans un souffle. Il ignore ce qui l’a poussé ainsi à partir, sans vraiment y penser, si ce n’est ces messages qui, sur les réseaux sociaux, affirmaient que les portes de l’Europe s’étaient ouvertes, que ce rêve d’ailleurs devenait possible. Dans le centre-ville, Mohamed, 24 ans, est déjà passé à autre chose et revenu à son travail de marchand sur le marché de Castillejos. Lui n’a même pas vu les messages sur le web. Il a juste suivi ses amis dans un vaste mouvement de suivisme aussi frénétique qu’irréfléchi. Son passage éclair en Espagne se résume désormais à « un souvenir ». « On n’a rien à regretter. Il fallait essayer. »

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09:53

Qui est Isabel Peralta, l’Espagnole filmée à Madrid en train d’effectuer un salut nazi lors d’une manifestation après l’afflux de migrants à Ceuta ?

Le 31 juillet, devant l’ambassade du Maroc à Madrid, Isabel Peralta est réapparue sur le devant de la scène espagnole en effectuant un salut nazi lors d’une manifestation contre l’afflux massif de migrants marocains dans la ville de Ceuta. Ce même jour, le Tribunal supérieur de justice de Madrid a confirmé en appel sa condamnation à un an de prison pour provocation à la discrimination et à la haine, prononcée l’année précédente à la suite d’un autre rassemblement devant cette même ambassade.

La veille, du 30 au 31 juillet, des dizaines de milliers de migrants avaient afflué dans l’enclave autonome espagnole, déclenchant une nouvelle crise migratoire entre le Maroc et l’Espagne. Organisé à l’appel de la «Falange Española de las JONS» - parti politique fondé en 1976 et issu de la mouvance fasciste espagnole le rassemblement réunissait plusieurs mouvements nationalistes, dont Núcleo Nacional, auquel est liée la jeune femme, mobilisés contre «l’envahisseur». Relayée sur les réseaux sociaux, la séquence a suscité des réactions jusqu’en France. Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse (PS), a notamment dénoncé une «image honteuse».

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08:23

DÉCRYPTAGE - Immigration, défense, commerce : Pedro Sanchez de plus en plus isolé en Europe

Figure de proue du progressisme en Europe, le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, apparaît plus isolé que jamais, à contre-courant du virage à droite en cours sur le Vieux Continent. « Nous sommes seuls », se désole le quotidien conservateur ABCLa politique migratoire de Pedro Sanchez est en effet vivement critiquée par ses partenaires, qui voient dans la régularisation de près d’un demi-million de migrants décidée par Madrid en avril un appel d’air, tenu par certains pour l’un des facteurs ayant contribué aux événements de Ceuta. « L’Espagne doit prendre exemple sur nous si Schengen doit survivre », a déclaré le premier ministre polonais, Donald Tusk, appelant Madrid à imiter Varsovie en durcissant sa législation sur l’asile et ses procédures aux frontières.

Les critiques dépassent les clivages partisans habituels. Les deux seuls autres chefs de gouvernement issus de la même famille politique social-démocrate que Pedro Sanchez, la première ministre danoise, Mette Frederiksen, et son homologue maltais, Robert Abela, ont tous deux rejoint la coalition hétéroclite emmenée par Giorgia Meloni, qui réclame une réponse européenne. « Aux yeux de ces dirigeants, Sanchez est un “canard boiteux”. S’opposer à lui ne leur coûte rien politiquement ; ils pourront renouer leurs relations avec son successeur après les prochaines élections générales, prévues avant août 2027 », analyse Pablo Simon, professeur de sciences politiques à l’université Carlos-III de Madrid.

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07:27

La chronique de Renaud Girard : « L’UE pourrait mourir de son incapacité à protéger ses frontières »

Que pourra-t-il bien sortir de la réunion d’urgence des ministres de l’intérieur de l’Union européenne (UE) de ce mardi 4 août 2026 ? Elle sera consacrée au problème des migrations illégales d’êtres humains vers l’UE depuis l’Afrique et le Moyen-Orient. Les opinions publiques et les dirigeants politiques européens ont été traumatisés par la brutale invasion de Ceuta, enclave espagnole au Maroc, par 60 000 individus extra-européens, les 30 et 31 juillet 2026. Preuve que le problème affole désormais la grande majorité des sensibilités politiques européennes, cette réunion d’urgence a été réclamée à la fois par Giorgia Meloni – chef d’un gouvernement qui incarne en Italie une droite ouvertement radicale – et par Mette Frederiksen, la très sociale-démocrate dirigeante du gouvernement danois.

Le problème de la migration illégale vers l’Europe, organisée par des gangs de trafiquants d’êtres humains avides de s’enrichir rapidement, et facilitée par des ONG européennes inconscientes, n’est pas nouveau. Mais jamais l’incapacité de l’UE à protéger ses frontières n’avait été montrée par un épisode aussi criant. Beaucoup se demandent si l’on n’est pas arrivé au moment où la goutte d’eau supplémentaire va faire déborder le vase.

À lire aussi Renaud Girard : « L’UE pourrait mourir de son incapacité à protéger ses frontières »

06:55

Pedro Sanchez regrette l’attitude «égoïste» de certains pays de l’UE

Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez, dont le gouvernement défend une approche ouverte en matière migratoire, a répliqué par une lettre adressée aux chefs des institutions européennes. Dans cette missive, le leader espagnol critique vertement l’attitude «égoïste» de ces pays de l’UE, et réclame une réunion d’urgence à 27.

Quelques heures plus tard, contre-missive de 22 pays, emmenés par l’Italie, le Danemark, l’Allemagne ou la Hongrie, appelant eux aussi à une visioconférence d’urgence. Mais avec un objectif bien différent: continuer à défendre leur ligne de fermeté sur l’immigration.

La France ne s’est pas associée à cette initiative, estimant qu’elle revenait à instrumentaliser la situation dans l’enclave espagnole. Tout en soulignant que l’immense majorité des migrants ayant franchi la frontière avaient déjà été reconduits au Maroc.

Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez. Fabian Bimmer / REUTERS

06:53

À couteaux tirés, les Européens se retrouvent pour un échange franc sur Ceuta

Après la crise, l’heure de la mise au point : une discussion à bâtons rompus est prévue mardi entre Européens pour tirer les leçons de l’épisode migratoire de Ceuta et des vives tensions qu’il a suscitées.

L’arrivée en force de dizaines de milliers de personnes dans cette enclave espagnole d’Afrique du Nord a mis en lumière les fragilités de la coopération européenne sur les questions migratoires.

Depuis la diffusion d’images de migrants franchissant illégalement la frontière hispano-marocaine à pied ou à la nage, deux camps s’opposent.

D’un côté l’Espagne. De l’autre, les États de l’UE partisans d’une ligne migratoire très ferme, comme l’Italie ou le Danemark.

06:45

Bonjour et bienvenue dans ce direct

Les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne ont prévu de se parler ce mardi à partir de 10 heures. Les images de plus de 50.000 migrants traversant à pied ou à la nage la frontière entre le Maroc et l’Espagne, abondamment relayées par la droite et l’extrême droite, ont placé le gouvernement espagnol sous le feu des critiques.

La réunion de ce mardi des ministres de l’Intérieur devrait ainsi voir l’exécutif à Madrid confronté au mécontentement de nombreux pays, dont l’Italie de Giorgia Meloni, qui a mis en cause Pedro Sanchez pour son supposé laxisme aux frontières et sa politique migratoire d’accueil.

Les publications apparaîtront ici

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