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Le projet de réaménagement de la rue Saint-Pierre à Marseille fait grincer des dents mais réjouit aussi certains riverains. Les travaux doivent commencer début 2027.
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Par Inès Cussac Publié le 4 août 2026 à 14h10
Dans la deuxième plus longue rue de Marseille, les travaux de réaménagement de la voirie sont aussi attendus par les riverains que redoutés par les commerçants. Le projet prévu pour la rue Saint-Pierre, depuis la Plaine jusqu’au Jarret, veut réorganiser dès 2027 cette artère à l’épais trafic. Les véhicules motorisés devront faire un peu de place aux vélos et autres mobilités douces. « C’est déjà la galère mais alors avec la piste cyclable, ça va être l’enfer », voit déjà Siham derrière le comptoir de sa boulangerie dans ce secteur du 5e arrondissement. La jeune femme aux cheveux longs et raides, qui peine déjà à trouver une place pour garer sa voiture au quotidien, s’inquiète du chantier à venir et du parcours du combattant annoncé pour les livraisons matinales.
« L’adaptation de la rue Saint-Pierre était une nécessité compte tenu de son étroitesse, l’impossibilité de circuler sur les trottoirs et l’absence d’arbres et de pistes cyclables », souligne au contraire le maire de secteur, Didier Jau (EELV).
Quid des voies de garage ?
La tête dans le coffre de sa voiture, Michel, sous son polo bleu marine et des claquettes en plastique aux pieds, fait du rangement. Lui qui habite la rue Saint-Pierre, qui s’étend sur 3.400 mètres, depuis 20 ans est témoin des évolutions du secteur. « J’ai vu le quartier devenir bobo et c’est pour le mieux », lance-t-il, impatient de la création des futures voies cyclables. Dans cette portion de la rue, reliant la place Jean-Jaurès à la rue Vitalis, la quarantaine de places de stationnement va être supprimée, les trottoirs vont être élargis et une bande cyclable montante à contresens va être dessinée. Auprès de Made in Marseille, la Métropole Aix-Marseille-Provence présente « un programme pour apaiser cet axe routier et favoriser les mobilités actives ».
« Pour, je suis pour », répète Michel pressé de voir sa ville respirer et les trottoirs « qui datent de la dernière guerre » être enfin accessibles, notamment pour les personnes à mobilité réduite (PMR).

Mais il y a un hic. « Comment on va faire pour sortir la voiture du garage ? » se demande-t-il tout à coup en voyant la porte basculante de son garage et imaginant les vélos remonter la rue. Les 500 mètres de cet axe très étroit comptent pléthore de parkings d’immeubles et une bonne poignée de garagistes.
De fait, les dépanneuses occasionnent régulièrement de brefs embouteillages, le temps que les autres voitures parviennent à se faufiler sur le côté.
Des vélos et des arbres
Plus bas dans la rue, entre la rue Vitalis et le boulevard Sakakini, les places de stationnement devraient rester tel quel. Une réorganisation de la circulation est à prévoir toutefois. Une piste cyclable à double sens va être aménagée « quand la largeur de la chaussée le permet », prévient Didier Jau.
Ce tronçon de la rue, jusque-là minéral, va prendre de la couleur avec la plantation d’arbres d’alignement. Cette végétation sera notamment installée à hauteur de l’hôpital de la Conception, selon les réseaux souterrains existants. « Au programme : plus d’accessibilité, plus de circulation piétonne et cyclable et plus de fraîcheur », annonce le maire d’arrondissement sur Facebook.
Laurent est commerçant dans la rue. Lui, à l’inverse, craint que ce nouvel aménagement vienne piétiner sur les plates-bandes des automobilistes. Il pointe surtout le supermarché en face de lui, dont les camions d’approvisionnement défilent tous les jours et qui ont besoin de place pour décharger les marchandises.

« De toute façon on n’a pas le choix, glisse-t-il dans un sourire. Après, je ne suis pas spécialement contre mais on n’a pas les transports en commun qu’il faut ici. »
Et pour ce qui est des vélos, ce grand homme aux verres fumés regrette des projets en « patchwork ». « J’ai l’impression qu’ici, ils font tout petit coup par petit coup. Il n’y a pas vraiment de projet global pour le vélo. On fait ici, puis on voit ce que ça donne avant de faire là-bas », s’étonne-t-il. « Après, à Marseille, on n’est pas réputé pour être la ville la mieux organisée de France. »
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