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Après avoir accusé un conseiller municipal de l’opposition d’avoir distribué des drogues illégales à Noël, le maire de Vancouver, Ken Sim, s'est excusé vendredi pour ses propos controversés. Or, selon des experts en communication, le « mal est fait », et cela pourrait miner la confiance des électeurs.
J'ai parlé hier avec le conseiller Orr et je m'excuse pour mes propos, a répété à de nombreuses reprises le maire de Vancouver, Ken Sim, vendredi, lors d'un point de presse.
Dans une vidéo datant de février, le maire déclarait aux participants à une réunion d'information que Vancouver fait face à une crise des opioïdes, avant d'ajouter : Vous savez, nous avons un conseiller municipal, Sean Orr, qui [...] a distribué des drogues illégales aux personnes dans la rue le jour de Noël.
Sean Orr a démenti ces propos jeudi et a demandé de promptes excuses au maire de Vancouver, qui les a donc fournies ce vendredi. Cependant, ces excuses n’ont pas convaincu le conseiller municipal de l’opposition, qui y voit une violation du code d'éthique des élus.
Cela ne fait que diluer l'ensemble. Et, je ne sais pas, je ne pense pas pouvoir lui faire confiance. Je ne pense pas que les habitants de Vancouver puissent avoir confiance en ce qui va suivre, a-t-il déclaré sur les ondes de l’émission The Early Edition.
Blesser quelqu'un, me blesser, blesser la communauté chinoise, vous savez, en exploitant leurs inquiétudes tout à fait légitimes... Et cela nuit à la démocratie, cela nuit à Vancouver. Cela nous fait passer pour une ville peu sérieuse.
Une confiance mise à mal
De l'avis de Martine St-Victor, stratège en communication, après ce genre de propos, le mal est fait. Selon elle, cela peut mettre à mal la confiance fragile des électeurs et mener à un décrochage de ceux-ci.
De son côté, le chargé de cours en sciences politiques Stewart Prest, de l’Université de la Colombie-Britannique, croit que des excuses sont un bon premier pas, mais que le maire doit assumer la responsabilité de ses propos.
L'un des risques est que le maire va se forger une réputation de personne qui prend des libertés avec la vérité, ajoute M. Prest.
Les attaques en politique refroidissent les électeurs, surtout quand ce sont des attaques non fondées.
Mme St-Victor y voit un effet délétère sur la participation aux élections. D'après elle, ce genre d’attaque pourrait aussi décourager des citoyens à se lancer en politique.
Lors des dernières élections municipales générales de Vancouver, en 2022, le taux de participation s'est élevé à 36,3 %, en baisse par rapport à 43,4 % en 2014.
À son avis, ce genre de propos populistes risque aussi de jouer en défaveur du maire en cette année électorale. Cet élu pourra se faire aussi accuser de manque de transparence et de manque d'authenticité aussi, parce qu'effectivement, le discours doit être le même pour tous les électeurs, poursuit-elle.
Les gens veulent voir un conseil municipal qui fonctionne, ils veulent nous voir, nous entendre; ils veulent nous voir prendre les décisions qui sont les meilleures pour Vancouver, a avancé le conseiller Orr.
Avec des informations de Wildinette Paul et de l'émission The Early Edition


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