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« C’est comme s’il y avait toujours un problème. Et quand tu penses que ça va mieux… il y a un tremblement de terre. » Propriétaire du café Cachitos, au cœur de la Place des Arts, Carmen Langza est l’une des nombreuses Vénézuéliennes installées à Montréal qui s’inquiètent pour leur pays d’origine après les deux séismes de mercredi soir.
« Nous ne sommes pas prêts pour ce genre de situation. Il n’y a pas assez de médecins, pas assez d’infirmières », dit au Devoir la restauratrice, avec beaucoup d’émotions. Les coupures de courant ont rendu difficile l’obtention de nouvelles de sa famille et de ses amis. Elle a finalement pu joindre son frère, qui vit à Caracas, non loin de la zone la plus sinistrée, La Guaira. « J’ai beaucoup d’amis [dans cette région], dont un qui est porté disparu avec toute sa famille », confie la femme rencontrée derrière son comptoir.
« Nous sommes vraiment tristes aujourd’hui… Come on, encore [quelque chose] ? »
De la difficulté à dormir
À quelques rues du Cachitos, Marleny Rodriguez accueille et sert ses clients avec le sourire. Questionnée sur cette tragédie, la propriétaire du restaurant L’Arepa country inc. cherche ses mots. Même si toute sa famille a immigré hors du Venezuela, elle se dit très inquiète pour son pays d’origine, au point d’avoir eu de la difficulté à dormir.
À peu près au moment où elle nous disait espérer que le gouvernement du Canada fournira de l’aide humanitaire, le premier ministre Mark Carney assurait qu’un soutien aux Vénézuéliens serait bientôt apporté.
Le pays d’Amérique du Sud a été touché par deux tremblements de terre, de magnitude 7,2 et 7,5, mercredi soir peu après 18 h. Au moment où ces lignes étaient écrites, le bilan s’élevait à au moins 188 morts, plus de 1500 blessés et 157 disparus.
Propriétaire de l’Arepera situé près du métro Sherbrooke, Adriana Arian indique que « le Canada a toujours été très solidaire avec le Venezuela ».
Mercredi soir, un ami l’a mise au courant de l’événement, pendant qu’elle écoutait un match de la Coupe du monde de soccer. Elle n’a pas compris tout de suite l’ampleur du sinistre. Après avoir reçu des messages et des images de personnes sur place, elle juge que le bilan est « pire que ce qui apparaît dans les nouvelles ». « Il y a des édifices qui se sont complètement effondrés, avec des gens à l’intérieur. Il y a beaucoup de personnes portées disparues », raconte-t-elle.
Comme Carmen Langza, elle souligne que la vie était déjà difficile dans son pays. Elle énumère les problèmes d’eau potable, d’électricité, d’hôpitaux… « On était déjà dans une situation très, très extrême, dit-elle, avant de faire une courte pause. Ça ajoute [un poids]. »
Pour apporter sa contribution, Mme Arian a lancé une collecte de dons et d’argent dans son restaurant. « On s’attend à recevoir beaucoup. […] On est déjà prêts et on a l’espace », raconte la propriétaire de l’Arepera avec conviction.
« Ça nous a tous fait vraiment peur »
Valeria Marquez habite à Montréal, mais elle est présentement en voyage dans son pays d’origine. La jeune étudiante était à Barquisimeto au moment des séismes. Même si elle se trouvait à presque 400 km de la région de La Guaira, elle a ressenti les vibrations. « Ça nous a tous fait vraiment peur », écrit-elle au Devoir. Elle explique que « c’était terrorisant » pour sa famille, qui est à Caracas.
Son retour à Montréal risque d’être décalé, étant donné que l’aéroport international de Maiquetia a été touché, mais elle s’estime surtout chanceuse. Elle a quitté la capitale mardi et est passée en voiture près de Morón, située dans l’épicentre du séisme. « Si nous étions venus un jour plus tard [à Barquisimeto], nous aurions pu être gravement blessés. »
Derrière une caisse du marché Sabor Latino, sur la rue Saint-Hubert, son amie Sofia Eterovic résume simplement le constat fait par toutes : « Le tremblement de terre a laissé des gens déjà dans une situation compliquée dans une situation pire. »


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