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Dans un rapport publié mercredi, le protecteur à l’enfance et à la jeunesse de l’Alberta réclame des mesures pour lutter plus efficacement contre le sans-abrisme chez les jeunes et pour empêcher que ceux d’entre eux qui sont déjà dans la rue ne s’enlisent dans cette situation.
Ces demandes ont été formulées à la suite de témoignages de 156 adolescents et jeunes de 12 à 24 ans qui étaient ou avaient été sans domicile à un moment donné dans leur vie.
Leurs témoignages ont été recueillis dans le cadre d’un processus de participation communautaire lancé en juillet 2025 dans toute la province.
Il ressort des données du rapport que 35 % des jeunes ayant témoigné s’identifient comme 2SLGBTQ+.
Comme le précise le rapport, ce chiffre correspond justement aux statistiques nationales qui indiquent que ce groupe est surreprésenté parmi les personnes en situation d’itinérance.
À propos de la surreprésentation, environ 45 % des jeunes questionnés sont des Autochtones ou s’identifient comme tels. Selon le rapport, cela corrobore également la surreprésentation des jeunes autochtones parmi la population sans domicile fixe.

Le rapport explique que de nombreux jeunes se retrouvent souvent à la rue après une rupture familiale. (Photo d'archives)
Photo : CBC
La rupture familiale en toile de fond
Le rapport explique que de nombreux jeunes se retrouvent souvent à la rue après une rupture familiale. Cela survient dans bien des cas à la suite de conflits, poussant ainsi des jeunes à fuir le foyer familial pour se protéger d’abus émotionnels, physiques ou sexuels, notamment.
Un jeune de 24 ans a ainsi raconté qu’il s’était retrouvé à la rue après que son père eut refusé d’accepter son homosexualité.
J’ai fini par obtenir une ordonnance restrictive contre mon père parce qu’il m’avait agressé physiquement, a-t-il expliqué, ajoutant : Après qu’il m’eut dit qu’il allait me tuer, j’ai su que je devais m’en aller de la maison.
Parmi les autres facteurs qui mènent les jeunes à la rue figurent les problèmes de santé mentale ou de toxicomanie des parents, ou encore le décès d’un aidant.
Le rapport évoque également le fait que certains parents s’étaient parfois montrés incapables de répondre aux besoins complexes des jeunes, en particulier ceux présentant des troubles du comportement.
Ces familles se heurtaient souvent à des obstacles lorsqu’elles tentaient d’obtenir de l’aide auprès des services d’aide à l’enfance, indique-t-il.

Le rapport insiste sur la prévention comme un moyen clé pour réduire l’itinérance chez les jeunes.
Photo : Radio-Canada / Bassirou Bâ
La prévention au cœur des recommandations
Le Bureau du protecteur à l’enfance et à la jeunesse insiste sur la prévention comme facteur clé pour réduire l’itinérance chez les jeunes.
Il a formulé en ce sens ces quatre recommandations à l’intention des autorités publiques :
- définir une stratégie spécifique aux jeunes sans-abri;
- rendre compte publiquement des efforts déployés pour prévenir l’itinérance chez les jeunes;
- améliorer la coordination entre les différents programmes provinciaux d’aide au logement;
- renforcer la capacité des foyers d’accueil pour jeunes à fournir un accompagnement spécialisé.
Une personne de 21 ans a appelé les institutions et les pouvoirs publics à mieux soutenir les communautés afin qu’elles aient les moyens de prendre soin de leurs enfants.
L’organisme Homeward Trust Edmonton a recensé dans la ville 3795 personnes qui sont sans domicile et qui cherchent activement un logement. Parmi elles, près de 24 % sont des jeunes de moins de 24 ans.
D’après les informations (nouvelle fenêtre) de Mrinali Anchan


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