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Des manifestants se réunissent pour dénoncer le racisme au sein du SPVM

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Plus de 300 personnes se sont rassemblées sous un ciel orageux, lundi soir, devant le poste de quartier 39 du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) à Montréal-Nord. Ils ont dénoncé en chœur les comportements racistes allégués de 16 de ses policiers.

Anne-Marie, résidente de Montréal-Nord « depuis toujours », est venue à la manifestation avec sa petite, Alyssa. « Je veux donner l’exemple à ma fille qu’on peut défendre nos pensées, nos valeurs, peu importe notre couleur, notre race, notre orientation sexuelle. On doit défendre nos connaissances et nos croyances », souligne-t-elle.

Tard vendredi, le SPVM a annoncé le démantèlement d’une équipe de 16 policiers par la haute direction sous suspicion de comportements racistes. Ils auraient entre autres collectionné des mèches de cheveux de personnes qu’ils appréhendaient, à la manière d’un scalp.

Deux des policiers sont visés par une enquête du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et une enquête du SPVM est en cours.

Anne-Marie souligne que ce problème n’est pas nouveau à Montréal-Nord. « Quand j’ai vu l’article passer, avant même de voir le numéro de poste de police, je savais que c’était le 39 », se désole celle qui mentionne avoir fait l’expérience de comportements discriminatoire de policiers.

Pour Cassandra Exumé, coordonnatrice générale de l’organisme Hoodstock, un groupe de justice sociale créé à la suite de la mort de Fredy Villanueva en août 2008, les allégations révélées vendredi soir ramènent de mauvais souvenirs.

« C’est une colère qui perdure vraiment depuis des années, par les témoignages des résidents qu’on rencontre à maintes reprises, par des récits qu’on a entendus, notamment des allégations qui ont été dites, raconte-t-elle. Il n’y a rien d’étonnant. Il y a vraiment une omerta, une imputabilité des corps policiers. »

Benjamin Fernandez, résident de longue date du quartier, remarque aussi des problèmes récurrents lors des interventions policières dans le quartier. « Assez, c’est assez », déclare-t-il, faisant lui aussi allusion à Fredy Villanueva.

« Ce n’est pas juste la population de Montréal-Nord, ajoute-t-il. La ville de Montréal, les citoyens de Montréal demandent la justice. »

Parmi les manifestants, Lazard Vertus dit avoir voulu être là pour soutenir les revendications des résidents du quartier. « On peut se poser la question pourquoi les dénonciations des polices sont prises en compte, mais pas celles des citoyens… » se demande-t-il.

Du poste de police, la manifestation s’est déplacée le long du boulevard Henri-Bourassa, puis s’est dirigée vers les rues résidentielles par le boulevard Langelier, où des résidents sur les balcons ont rejoint leurs voix à celle des manifestants.

La présence policière était forte autour du rassemblement, mais la manifestation est demeurée pacifique jusqu’à la fin, vers 21 h 30.

Des « actions », pas des « promesses »

Benjamin Fernandez espère voir des changements concrets à la suite des allégations visant le poste 39. « On demande des solutions, déclare-t-il. Pas des promesses, on demande des actions. »

« Notre monde politique, il a l’habitude de lancer des belles promesses, et à la fin rien ne se fait. C’est le moment d’imposer des mesures disciplinaires, mais surtout des lois concrètes. »

Lundi, le gouvernement de Christine Fréchette s’est engagé à mandater un « observateur indépendant » pour surveiller une enquête sur ces événements qui sera confiée à la Sûreté du Québec. Le conseil municipal de Montréal avait réclamé plus tôt dans la journée une enquête indépendante du SPVM sur les allégations.

Mme Exumé demande « une enquête publique et indépendante » sur les allégations. « On ne connaît pas le nom des policiers, on ne sait pas qui c’est, ces 16 personnes-là, on ne sait pas si c’est la pointe de l’iceberg. Je crois qu’on peut aller plus loin et en toute transparence envers la communauté, c’est la moindre des choses. »

Elle dénonce du même souffle les enquêtes par des policiers sur des policiers et demande la fin des interpellations policières et du « racisme systémique ».

M. Fernandez s’est dit « touché » de voir le rassemblement lundi soir. « J’espère que la protestation continue », affirme-t-il, ajoutant que des abus policiers peuvent avoir lieu n’importe où. « Montréal-Nord, ce n’est pas un cas isolé. Donc, s’il vous plaît, qu’une enquête soit faite, mais surtout, que justice soit faite. »

« Ils [les policiers] ont trop de pouvoir, selon moi, et ils n’honorent pas leur responsabilité, qui est de donner la sécurité aux résidents et résidentes du quartier », dénonce Cassandra Exumé.

Elle souligne aussi l’importance de mieux financer les organismes sociaux qui « en font beaucoup avec peu » pour assurer la sécurité du quartier.

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