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Des jeunes leaders formés contre l’intimidation à l’Î.-P.-É.

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Face à la hausse de l’intimidation et du harcèlement en milieu scolaire, le COPA National réinvestit les écoles francophones de l’Île-du-Prince-Édouard. En partenariat avec Actions Femmes Î.-P.-É., l'initiative « Construire des ponts » mise cette année sur la formation d'étudiants collégiaux pour outiller les élèves de 7e et 8e année.

Après une première expérience en 2024 auprès des élèves de l’École François-Buote à Charlottetown, le Centre d'orientation de prévention des agressions (COPA National) fait son retour à l'Île-du-Prince-Édouard, après deux ans d'absence, faute de financement.

L’objectif reste inchangé, mais la formule s'affine : former de jeunes leaders pour qu'ils aillent à la rencontre des élèves des écoles francophones.

Au cœur de cette formation, qui se déroule sur trois jours, se trouve une approche féministe développée par le COPA National. Pour la directrice générale de l'organisme, Marie-Claude Rioux, tout découle d'un socle de trois droits essentiels.

Ce qui est important, ce sont les droits à la sécurité, à la force et à la liberté des enfants [...] Si on enlève un de ces droits-là, ça peut constituer une agression.

Et à partir de là, on voit quelles sont les stratégies pour se sortir des agressions, poursuit-elle.

L’approche cherche à bousculer le conditionnement social et à déconstruire les mythes entourant la violence, selon la responsable.

Contrer l'isolement et s'attaquer aux tabous

Une vision que partage Alison Jenkins, gestionnaire de projet chez Actions Femmes Î.-P.-É., pour qui l'impact de ces ateliers dépasse largement le cadre scolaire.

On sait que si on parle aux jeunes, ça va continuer d'être une leçon pour toute leur vie. C'est vraiment important de partager ce message de sécurité, de force et de liberté, souligne-t-elle.

Si la première édition du projet s'appuyait sur des élèves du secondaire, le COPA National a ajusté son tir en recrutant cette fois des étudiants du Collège de l'Île. Plus disponibles, ces futurs intervenants y voient une occasion parfaite de lier la théorie à la pratique.

Parmi eux, Franklin Junior Chamago, 28 ans, étudiant en travail jeunesse. Pour lui, la formation résonne avec ses aspirations professionnelles et ses valeurs.

Je veux guider les jeunes élèves, leur apprendre à mieux s'ouvrir aux autres et aussi augmenter leur estime de soi.

 Franklin Junior Chamago pose pour la photo.

«Il y a trois mots qui m'ont marqué depuis le début de la formation : force, sécurité et liberté. Ce sont les trois droits qui permettent aux jeunes de mieux s'épanouir», explique Franklin Junior Chamago.

Photo : Radio-Canada / Marine Ernoult

Briser le silence

Sensible à la problématique du cyberharcèlement, Franklin espère pouvoir aider les adolescents.

Il y a des personnes qui subissent cela en silence et, du jour au lendemain, ils se suicident. On croit que c'est parce qu'ils sont faibles, pourtant c'est parce qu'ils veulent mettre fin à une souffrance qu'ils subissent, dit-il.

Son but est de faire réaliser aux jeunes qu'en cas de coup dur, des professionnels sont là pour les soutenir.

Pour Ange-Denise Biakop Koutcheu, 23 ans, également étudiante au Collège de l'Île et originaire du Cameroun, animer des ateliers lui permettra de sortir de sa zone de confort et de sa timidité.

Ange-Denise Biakop sourit pour la photo.

Ange-Denise Biakop animera des ateliers auprès d'élèves de la 7e et de la 8e année.

Photo : Radio-Canada / Marine Ernoult

L'apprentissage des concepts d'intimidation lui apporte également un éclairage interculturel qu'elle espère exporter un jour.

L'intimidation, en Afrique, c'est normal... c'est un peu banalisé. J'aimerais mieux comprendre le domaine afin de rentrer dans mon pays et essayer d'arranger certains trucs qui ne vont pas, relève-t-elle.

Un déploiement attendu à l'automne

Face à des statistiques de violence scolaire en hausse à l'échelle nationale, Marie-Claude Rioux mise sur un changement systémique par l’éducation.

Les jeunes qui reçoivent une formation sur la prévention des agressions sont moins susceptibles par la suite d'agir en faisant eux-mêmes de l'intimidation et de la violence.

Marie-Claude Rioux sourit pour la photo.

« On mise beaucoup sur des valeurs d'autonomisation et de grand respect dans nos ateliers », rapporte Marie-Claude Rioux, directrice générale du COPA.

Photo : Radio-Canada / Marine Ernoult

La responsable rappelle que le COPA National ne se contente pas d'intervenir auprès des élèves. L’organisme prévoit une approche globale incluant des rencontres avec les directions d'écoles, le personnel scolaire et les parents.

À partir de l’automne prochain, les nouveaux animateurs formés livreront une série de deux ateliers par classe (de 60 à 75 minutes), suivis de périodes d'écoute et de soutien individualisé.

Le COPA National et Actions Femmes Î.-P.-É. espèrent ainsi toucher plus d'une centaine d'élèves, en ciblant prioritairement les écoles francophones de Charlottetown et de Summerside.

Le programme du COPA existe également en Ontario, au Manitoba, en Alberta et en Saskatchewan.

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