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Des Iraniens en Atlantique se réjouissent de la mort de l’ayatollah Khamenei

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Des membres de la diaspora iranienne dans les provinces de l’Atlantique se sont réjouis de la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, tué dans les attaques lancée samedi contre l’Iran par Israël et les États-Unis.

Je suis si heureux. Je ne pouvais vraiment pas le croire, qu’après 47 années de répression et de cruauté, le jour de la mort du dictateur était enfin arrivé, a déclaré Mozhgan Ghafari, l’une des centaines de personnes qui se sont réunies dimanche à l'extérieur de l'hôtel de ville de Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador.

Ali Khamenei avait 86 ans. Il était le guide suprême de l’Iran depuis la mort de son prédécesseur, l’ayatollah Khomeini, qui avait pris le pouvoir à la révolution en 1979.

Personne ne prétend que la guerre est une bonne chose, mais c’est la seule chose qui pouvait nous débarasser du régime meurtrier de la république islamiste d’Iran, et sans aide étrangère, c’était impossible, a affirmé l’organisateur du rassemblement, Jalal Afzal.

Un homme de dos à une manifestation. Des gens agitent des drapeaux de l'Iran, d'Israël et du Canada.

Jalal Afzal, organisateur du rassemblement de la communauté iranienne devant l'hôtel de ville de Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador, dimanche.

Photo : CBC / Julia Israel

À Halifax, en Nouvelle-Écosse, ils étaient un peu plus d’une centaine dimanche à Grand Parade, près de l’hôtel de ville, à célébrer les récents événements avec des chants, des danses et des discours.

Ils ont agité un drapeau de l’Iran, celui orné d’un lion et d’un soleil utilisé avant la prise de pouvoir par les islamistes. Certains ont brandi des pancartes à l’effigie du prince Reza Pahlavi, fils aîné du dernier shah d’Iran, chassé du pouvoir en 1979.

Trois femmes posent ensemble sur une place publique. Deux d'entre elles agitent des drapeaux de l'Iran.

Soheila Hashemi (à droite) a participé à un rassemblement de membres de la communauté iranienne, dimanche, à Halifax.

Photo : CBC / Molly MacNaughton

Soheila Hashemi, qui a organisé l'activité à Halifax, a exprimé sa gratitude envers le président américain Donald Trump et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.

Ce n’est pas une guerre contre les Iraniens. C’est une guerre pour sauver les vies iraniennes, a-t-elle déclaré.

Une femme dans une manifestation avec une affiche de Donald Trump et Benyamin Nétanyahou et les mots «Thank You».

Une personne brandit une affiche remerciant Donald Trump et Benyamin Nétanyahou, dimanche, lors d'un rassemblement de la communauté iranienne devant l'hôtel de ville de Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador.

Photo : CBC / Julia Israel

En tant qu'Iraniens, nous ne parlons pas de guerre. Nous appelons ça une mission de sauvetage, a affirmé en entrevue, dimanche, Shayan Faal, un électricien de Miramichi, au Nouveau-Brunswick, qui a immigré au Canada en 2022.

Plusieurs disent que les Iraniens sont responsables de changer le régime s'ils n'en veulent plus, dit-il. C'est ce qu'ils ont essayé il y a 40 jours, et le gouvernement a tué 35 000 d'entre eux.

Les gens en Iran ne sont pas armés, ils ne peuvent pas se battre pour leur liberté. Ils se sont battus, ils sont braves, mais le gouvernement les tue chaque fois, rappelle Shayan Faal.

Une femme de profil en train de crier. Elle a un drapeau de l'Iran noué autour du cou.

Rassemblement de la communauté iranienne devant l'hôtel de ville de Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador, dimanche.

Photo : CBC / Julia Israel

Roromme Chantal, spécialiste en relations internationales et professeur agrégé de science politique à l’École des hautes études publiques de l’Université de Moncton, au Nouveau-Brunswick, considère que trop d’optimisme serait imprudent.

Ces célébrations ne signifient pas nécessairement — il faut quand même qu'on le mentionne — un optimisme sur l'avenir, nuance-t-il.

Un homme vêtu d'une chemise à fleurs et d'un veston gris, en entrevue par webcam.

Roromme Chantal, spécialiste en relations internationales, en entrevue dimanche.

Photo : Radio-Canada

Il comprend parfaitement les expressions de joie démontrée par ces Iraniens qui attendaient ce moment depuis longtemps.

Cette répression qui durait depuis des décennies, celui qui l'incarnait, c'était le guide suprême, Ali Khamenei, dit-il. Sa mort symbolise, en théorie, la fin du régime.

Ces célébrations reflètent un trop-plein qui est la conséquence de décennies de répression pratiquée par le régime iranien. La censure, mais également la police des mœurs. La liberté d'expression qui a été bafouée, dit Roromme Chantal.

Une femme lève le poing. Derrière elle, une foule qui crie et agite des drapeaux de l'Iran.

Rassemblement de la communauté iranienne devant l'hôtel de ville de Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador, dimanche.

Photo : CBC / Julia Israel

Les objectifs américains et israéliens dans cette offensive n’ont pas été clairement identifiés avant le début des bombardements.

Est-ce que Benyamin Nétanyahou ou encore Donald Trump sont intéressés par la stabilité du pays, de l’Iran, ou bien par la poursuite d’une forme d’hégémonie, de leurs intérêts propres?, s’est interrogé le professeur Chantal, lors d’un entretien, dimanche.

C’est un pays qui regorge de pétrole, rappelle-t-il. Au Venezuela, on a vu qu'on s'est débarrassé de Nicolás Maduro, mais on n'a pas vu nécessairement l'implantation de la démocratie.

Le temps pour la pression maximale

Il y a deux semaines, Shayan Faal a organisé une levée du drapeau iranien, celui avec le lion et le soleil, à Miramichi. La date choisie pour la cérémonie était le 28 février. La coïncidence n’aurait pas pu être meilleure.

Un drapeau à barres horizontales verte, blanche et rouge avec un emblème composé d'un lion et d'un soleil au milieu flotte sur une place publique où des gens sont rassemblés pour une manifestation.

Le drapeau de la Perse et de l'Iran tel qu'il a existé jusqu'en 1979 flotte lors d'une manifestation de soutien aux Iraniens, le 22 octobre 2022 à Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC / Jeorge Sadi

La communauté iranienne de Miramichi est assez petite, mais les Iraniens de Fredericton, Moncton et Saint-Jean se sont joints à l’événement. Nous étions super heureux d'apprendre la mort du guide suprême, déclare Shayan Faal.

Il soutient qu'il est temps d'appliquer la pression maximale sur le régime.

Ce qui serait pire, ce serait de s'arrêter maintenant, affirme-t-il. Ce sont des radicaux, ce sont des dictateurs, ce sont des terroristes. S'ils restent en vie, leur idéologie peut grandir, et ils peuvent employer leur propagande pour manipuler l'état d'esprit des gens.

D’après les reportages de Katherina Boucher et Julia Israel (CBC) et avec des renseignements de Giuliana Grillo de Lambarri (CBC)

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