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Des changements à l’assurance-emploi réclamés pour éviter le « trou noir »

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Le « trou noir » guette plus que jamais de nombreux travailleurs saisonniers du nord du Nouveau-Brunswick cet hiver.

Le nombre de semaines d’admissibilité nécessaire pour se qualifier au programme d’assurance-emploi dans la région de Restigouche-Albert est passé de 16 à 17. Il change selon le taux de chômage de la région.

Cela s’accompagne d’une réduction du montant et des semaines de prestations, réduites à 21.

Il y a toujours le projet pilote fédéral de cinq semaines additionnelles de prestation, mais même en additionnant tout ça, on tombe à 43 semaines de revenus.

Fernand Thibodeau a vu une facture additionnelle de plus de 300 $ sur son compte de taxe foncière.

Le militant Fernand Thibodeau demande des changements importants au programme d'assurance-emploi.

Photo : Radio-Canada / Mario Mercier

Ces conditions provoquent un trou noir lors duquel les travailleurs n'ont aucun revenu, ni en provenance d'un emploi, souvent saisonnier, ni de l'assurance-emploi. Cette situation peut s’étendre sur neuf semaines chez certains bénéficiaires.

Ces pertes de revenus peuvent atteindre quelques milliers de dollars, évalue le militant dans la lutte de défense des travailleurs saisonniers Fernand Thibodeau.

L’hiver risque donc d’être plus difficile que jamais pour de nombreux travailleurs saisonniers, craint-il.

J’ai fait des demandes aux gens et c’est incroyable comment ils ont perdu au niveau monétaire, déplore-t-il.

Fernand Thibodeau demande une modification du territoire de Restigouche-Albert afin de mieux refléter les besoins des employés saisonniers dans le nord-est du Nouveau-Brunswick.

Il exige aussi le retour du nombre d’heures minimales à 420 (il est actuellement de 525) pour 14 semaines assurables et 35 semaines de prestation.

Des maux de tête pour les employeurs

La peur du trou noir cause de sérieux maux de tête à Alain Robichaud quand vient le temps de recruter des employés saisonniers à ses deux entreprises d’Allardville, au sud de Bathurst.

Un homme devant la caméra.

Alain Robichaud dirige deux entreprises employant des travailleurs saisonniers dans le secteur d'Allardville, au sud de Bathurst.

Photo : Radio-Canada / Réal Fradette

On les perd. Ils s’en vont dans l’Ouest ou ils se trouvent une autre place à travailler et nous autres, on est pris avec rien encore.

La solution est simple, à son avis.

La solution? Donner plus de temps de chômage à ces employés pour les garder dans les environs, pour ne pas qu’ils s’en aillent, pense-t-il.

Nathalie Paulin, une résidente d'Allardville, n’en revient pas qu’on est encore en train de parler de trou noir de nos jours, après toutes ces années de combat.

Une femme devant la caméra.

Nathalie Paulin est une résidente d'Allardville. Elle n'en revient pas qu'on parle encore du trou noir après toutes ces années de combat.

Photo : Radio-Canada / Réal Fradette

Elle prétend aussi que la solution passe par la bonification de l’assurance-emploi.

Faut arrêter de tanner, arrêter de mettre de la pression sur les gens qui ont comme réalité un emploi saisonnier , sentence-t-elle.

Source d’inquiétude

Isabelle Robichaud s’inquiète pour son fils qui est homme de pont et qui est confronté au trou noir.

Il est vraiment dans le « trou noir » tout de suite. On a besoin des saisonniers aussi et on a besoin de l’aide. Le chômage, c’est ça qui peut les aider, estime-t-elle.

Une femme devant la caméra.

Isabelle Robichaud doit réconforter son fils qui vit actuellement une période de « trou noir ».

Photo : Radio-Canada / Réal Fradette

Selon Emploi et Développement social Canada, le projet pilote de cinq semaines additionnelles de prestation pour les travailleurs saisonniers dans les régions affectées par un taux de chômage élevé adopté en 2018 est toujours en fonction.

Mais cela ne suffit plus à combler l’écart entre la fin des prestations et le début du travail, prétend Fernand Thibodeau.

Le député fédéral d’Acadie-Bathurst, Serge Cormier, admet qu’il reçoit plusieurs commentaires de prestataires inquiets. Tout en indiquant qu’il existe plusieurs programmes fédéraux pour les aider à traverser cette situation, il estime qu’il faut une modernisation du programme d’assurance-emploi.

On va continuer à faire en sorte qu’on va avoir à un moment donné une réforme qui reflète justement la réalité de nos régions, nos régions qui ont justement du travail saisonnier , promet-il.

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