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Les Bleus ont rendez-vous ce mardi 16 juin 2026 pour la rencontre qui lancera leur Coupe du Monde de football. Au MetLife Stadium, à New York, l'atmosphère promet d'être chaude. Au sens figuré, comme au sens propre. Le match de l'équipe de France contre le Sénégal est programmé à 15 heures, heure locale, dans un stade sans climatisation ni toit. Et il y a quelques jours, les prévisions météo encourageaient les climatologues à classer le match « à haut risque ». Ils estimaient alors que le WBGT au coup d'envoi pourrait dépasser les 28 °C.
Pourquoi le WBGT est l’adversaire invisible des Bleus
Le WBGT, c'est un indice de chaleur humide (« wet bulb globe temperature », en anglais), d'où le sigle. Il tient compte aussi bien de la température indiquée sur le thermomètre que de l'humidité, de l'exposition au soleil et de la ventilation du lieu. Et les chercheurs estiment qu'à un WBGT supérieur à 26 °C, les footballeurs, même bien préparés, sont souvent incapables de maintenir leur équilibre thermique pendant un match.
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La Coupe du Monde 2026 s’ouvre sous tension pour les Bleus. Ils sont prêts à courir, à encaisser des chocs… mais leur adversaire le plus redoutable ne sera peut-être pas celui qu’on croit. Chaleur, humidité, altitude : selon les scientifiques, ces paramètres invisibles pourraient peser lourd sur la compétition… et en bousculer l’équité.... Lire la suite
Ce sont finalement des conditions un peu plus clémentes qui devraient attendre les Bleus. La température ne devrait pas trop grimper et les conditions semblent rester plus sèches qu'à l'accoutumée dans cette région, ramenant le WBGT plus proche de 26 °C.
26 °C ou 28 °C, des seuils critiques pour le foot
Il y a presque un an, la Fédération internationale des associations de footballeurs professionnels, la FIFPRO, étudiait l'impact du WBGT sur les performances et la santé des joueurs. Ses recommandations :
- un WBGT supérieur à 26 °C devrait justifier des pauses rafraîchissantes pendant les matchs ;
- un WBGT supérieur à 28 °C devrait entraîner le report des matchs à un moment où les conditions sont plus sûres pour les joueurs, les officiels et les supporters.
Rappelons qu'en conditions normales, la transpiration refroidit le corps. Mais quand l'air chaud est en plus humide, l'évaporation devient plus difficile. La chaleur s'accumule dans le corps. L'équilibre est rompu.
Performances diminuées, santé en danger
Des études montrent que le stress thermique altère considérablement les performances au football. Il réduit notamment le volume de courses à haute intensité, les sprints et la distance totale parcourue par les joueurs. Le jeu se fait inconsciemment plus prudent et défensif.
Les équipes les moins préparées et acclimatées à la chaleur peuvent être désavantagées par ce type de conditions. Également, celles qui misent habituellement plus sur la vitesse.
Mais la vraie question, c'est celle de la santé des joueurs. Car lorsque la température corporelle augmente, le risque de coup de chaleur s'accroît, avec une augmentation notable de la charge cardiovasculaire et des sensations de fatigue, de léthargie et d'étourdissements.
Une Coupe du Monde sous haute tension climatique
Selon Climate Central, le match du 16 juin entre la France et le Sénégal présente 20 % de risques de fortes chaleurs susceptibles d'affecter les performances des joueurs. Un risque majoré de 7 points en raison du réchauffement climatique. Mais ce ne sera finalement probablement pas le pire : le risque calculé pour France-Iraq, programmé le dimanche 21 juin 2026 à 17 heures, heure de Philadelphie, grimpe à 43 % -- dont 11 % imputables au réchauffement climatique. Et même pour France-Norvège, le 25 juin prochain, il sera de 29 % -- avec 9 % que nous devons à l'évolution de notre climat.
Ce qui rend la Coupe du monde 2026 si dangereuse selon les scientifiques
L'équipe de France, l'Argentine ou encore le Brésil ne devront pas seulement se méfier de leurs adversaires lors de la Coupe du monde 2026. Les joueurs seront confrontés à des contraintes environnementales inédites. Au point que certains chercheurs considèrent déjà ces conditions de jeu comme l'un des principaux défis du tournoi.... Lire la suite
Au sein de son groupe, la France est l'équipe la plus exposée au risque de stress thermique. Une autre étude évalue son exposition moyenne à plus de 28 °C.
Après la phase de poule, les Bleus pourraient être confrontés à un risque encore plus important de WBGT handicapant, voire dangereux, notamment s'ils terminent en tête de leur groupe. Parce qu'ils continueraient alors, s'ils allaient jusqu'en finale, de jouer surtout en plein air. S'ils arrivent deuxièmes, ils pourraient profiter de deux stades climatisés et d'un match en soirée.
Ici, le risque de stress thermique pour l’ensemble des matchs de l’équipe de France. © Climate Central
Les pauses fraîcheur suffiront-elles face au réchauffement ?
Les projections de Climate Central montrent sans ambiguïté à quel point le réchauffement climatique fait grimper ce risque.
Là, l’augmentation du risque dû au réchauffement climatique. © Climate Central
Ce mardi 16 juin, la France affrontera le Sénégal dans un MetLife Stadium où la chaleur pourrait desservir les moins préparés. Mais les chiffres sont formels. Le vrai match, c'est celui contre un climat qui se réchauffe : en 30 ans, le nombre de matchs à WBGT supérieur à 28 °C a presque doublé.
La Fifa répond avec des pauses fraîcheur. Les scientifiques, eux, alertent : si la tendance se poursuit, la viabilité des Coupe du Monde estivales sera remise en question. D'autant que ce n'est pas seulement une question de santé pour les joueurs, mais aussi pour le public qui se rassemble parfois en masse à l'extérieur des stades, sans aucune surveillance médicale.


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