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Sport 28/06/2026 10:00 Actualisé le 28/06/2026 12:07
Avant d’attaquer les seizièmes de finale de ce mondial nord-américain, focus sur six événements qu’on aurait préféré ne pas voir.
Par Paul Guyonnet, Vincent Gibert et Alexandre Boudet

Patrick T. Fallon / AFP
Les pauses fraicheurs dans des stades couverts ou avec un thermomètre sous les 30 degrés ne sont pas l’innovation de l’année.
La profusion de matches, c’est fini. Les trois quarts des rencontres de la Coupe du monde ont déjà eu lieu lors de cette interminable phase de poule qui n’a permis d’éliminer que 16 équipes. Il en reste 32 (dont la France qui jouera la Suède ce mardi à 23 heures) qui rêvent encore de succéder à l’Argentine le 19 juillet prochain dans la banlieue de New York.
Avant d’ouvrir la phase à élimination directe avec les seizièmes de finale qui débutent ce dimanche 28 juin par le match Afrique du Sud - Canada, il est temps de se retourner sur le début de compétition. Dans l’article disponible ici, vous découvrirez nos coups de cœur de cette première quinzaine nord-américaine. Mais comme tout n’a pas été parfait, loin s’en faut, on vous propose ci-dessous ce qui nous a vraiment gêné depuis la cérémonie d’ouverture le 11 juin au Mexique.
· Certaines pelouses indignes
Adrien Rabiot en avait fait une excuse après la première mi-temps ratée de l’équipe de France contre le Sénégal. La suite du match laisse penser que l’état de la pelouse du MetLife Stadium n’était pas la seule responsable de ce début de mondial raté. Mais il est bien vrai que le gazon posé dans certains stades des États-Unis n’est pas à la hauteur de l’événement. En cause : le changement précipité des pelouses synthétiques sur lesquelles évoluent les franchises NFL propriétaire des stades par du gazon naturel réclamé par la Fifa. « Quand vous faites la Coupe du monde au Brésil, ce sont des stades faits pour le foot. Là, il n’y en a absolument aucun », déplore dans L’Équipe le patron de Tarkett Sports, un prestataire français qui s’est occupé de la pelouse à Seattle, Atlanta et Boston. Dans les stades où elle a été posée il y a trois mois, l’herbe a eu le temps de se stabiliser ce qui n’est pas le cas des enceintes récupérées seulement début mai. Tant pis pour la qualité technique et le confort des joueurs. AB
· Les places de meilleurs troisièmes, entre calculs et casse-tête
La nouvelle configuration de la Coupe du monde, qui a gonflé de 32 à 48 équipes, a inévitablement engendré un stade d’élimination inédit : les 16e de finale. Si bien que pour y réunir 32 pays, il n’y a d’autres choix que de garder les huit meilleurs troisièmes parmi les 12 poules. Résultat, cela a pu diluer l’intérêt de certains matches au jeu des calculs. Comme avec le Paraguay-Australie dans le groupe D, où le match nul permettait aux deux équipes de s’assurer la qualification avec 4 points (en 2e et 3e places). Et il y a eu… 0-0. Certaines nations, comme la Corée du Sud, ont, elles, dû attendre plusieurs jours avant de savoir si elles avaient terminé leur tournoi ou non. Et l’on n’a même pas évoqué encore la méthode de composition des 16e de finale, un casse-tête à près de 500 combinaisons possibles selon la provenance des meilleurs troisièmes… VG
· La polémique venue de France dont on se serait bien passé
Entre deux ralentis des frappes chirurgicales de Kylian Mbappé et une vidéo de supporters des Bleus envahissant Times Square, la France s’est signalée de manière bien moins glorieuse durant ces quinze premiers jours. En fustigeant le retour en Belgique de Jérémy Doku pour assister à la naissance de son premier enfant, la journaliste France Pierron a en effet suscité la colère du monde du football. En zone mixte, nombre de joueurs ont pris la parole pour soutenir leur collègue, et la présentatrice de L’Équipe 21, elle, a été suspendue d’antenne. Après un court voyage de 48 heures, l’ailier belge, lui, a très vite retrouvé sa place parmi les Diables rouges. Sous les hourras de ses coéquipiers. PG
· Le fiasco tunisien
Trois matchs, trois défaites, douze buts encaissés, seulement deux marqués. La Coupe du monde de la Tunisie a viré au fiasco avec une piteuse élimination sur le terrain (la seule équipe africaine à subir ce sort sur les 10 engagées) qui n’a eu d’égal que le bazar en coulisses. Car quelques heures après la défaite inaugurale (1-5) contre la Suède, la fédération tunisienne a limogé le sélectionneur français Sabri Lamouche ; un sort presque inédit durant un mondial. Pour lui succéder, Hervé Renard a été choisi quelques mois après qu’il a été limogé par l’Arabie saoudite. Débarqué au Mexique en catastrophe, le coach français n’a pu éviter une nouvelle déroute contre le Japon (4-0). Et contrairement à la Turquie (elle aussi éliminée après ses deux défaites inaugurales), la Tunisie a encore explosé lors du troisième match perdu (3-1) contre les Pays-Bas. AB
· Un carton rouge ridicule
Officiellement, la mesure a pour but d’empêcher les injures racistes et vulgaires. Dans les faits, elle a donné lieu à une application bête et méchante difficilement compréhensible. À l’occasion de ce Mondial, la Fifa et l’Ifab, l’instance qui édicte les règles officielles du football, testent une disposition : l’alinéa 4 de la Loi 12 du jeu, qui exige de l’arbitre d’expulser tout joueur « se couvrant la bouche pour empêcher la détection de propos déplacés, grossiers ou injurieux ». Premier homme à en faire les frais, Miguel Almiron a été renvoyé aux vestiaires avant même la mi-temps de Turquie-Paraguay, laissant les siens subir à dix d’incessantes offensives turques.

STU FORSTER / Getty Images via AFP
Le Paraguayen Miguel Almiron a été exclu lors du match face à la Turquie.
Quelques jours plus tard, l’Anglais Jude Bellingham, lui, a échappé à la sanction dans des circonstances similaires. « Si c’est une conversation amicale, ils peuvent continuer sans aucun problème. Mais dans le cas d’une conversation “conflictuelle”, cela devient complètement interdit », a expliqué Pierluigi Collina, référence de l’arbitrage à la Fifa. Reste à espérer qu’un quiproquo ou un joueur un peu trop expressif dans ses relations amicales ne viendra pas gâcher une demi-finale de Coupe du monde. PG
· Les pauses fraîcheurs, ces trois minutes de trop
Sans surprise, elles sont la souffrance des téléspectateurs durant ce Mondial. À la mi-temps de chaque mi-temps, elles viennent couper l’enthousiasme avec un écran publicitaire de presque trois minutes, et parfois des ratés. Même dans les stades, elles commencent à être de plus en plus sifflées par les spectateurs, si bien que les DJ prennent soin de monter le son pour les recouvrir. Surtout, ces pauses fraîcheurs laissent des moments de répit bienvenus pour les équipes dans le dur sur le terrain, qui leur permettent des réajustements tactiques salvateurs auprès du sélectionneur. Juste après, il n’est pas rare de voir l’équipe sur un temps faible repartir en temps fort… Et puis, l’argument de la chaleur pour les joueurs en prend un sacré coup quand on voit qu’il n’a que très rarement fait plus de 30 °C pour le moment lors des matches disputés (il reste certes encore 19 jours de compétition en juillet)… dont presque un tiers dans des stades couverts. VG


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