Selon une récente étude britannique, un nouvel outil d’intelligence artificielle serait en mesure d’accélérer la recherche de traitements contre les maladies cardiaques. L’objectif est d’identifier les gènes en lien avec ce type de maladies afin de découvrir plus rapidement des médicaments mais aussi, proposer des soins personnalisés. L’outil d’IA dont il est ici question combine l’imagerie cardiaque avec une importante quantité de données médicales.
Une amélioration des traitements grâce à l’IA ?
En juillet 2025, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) publiait un rapport sur les maladies cardiovasculaires. Selon les estimations, environ 19,8 millions de personnes en sont mortes en 2022, soit environ 32% de tous les décès dans le monde. Par ailleurs, les infarctus du myocarde ou les accidents vasculaires cérébraux (AVC) représentent près de 85% des victimes de maladies cardiaques. Or, si la plupart de ces maladies pourraient être évitées en agissant sur des facteurs de risque comportementaux et environnementaux tels que le tabagisme et la mauvaise alimentation, la question de l’amélioration des traitements se pose plus que jamais.
Au MRC Laboratory of Medical Sciences de l’Imperial College London (Royaume-Uni), une équipe a justement exploré le sujet, comme en témoigne une publication dans la revue Nature Cardiovascular Research le 29 décembre 2025. Les chercheurs disent avoir mis au point un outil d’intelligence artificielle capable d’identifier les gènes en lien avec les maladies cardiaques. L’objectif ? Aider à la découverte rapide de médicaments en combinant l’imagerie cardiaque à de vastes bases de données médicales.
Baptisé CardioKG, l’outil en question a fait l’objet d’un développement à l’aide de la UK Biobank, une immense base de données biomédicale britannique qui collecte les données génétiques, de santé et de style de vie de 500 000 volontaires âgés de 40 à 69 ans. Les responsables du projet ont ainsi collecté des données d’imagerie cardiaque incluant celles de patients atteints de fibrillation auriculaire, d’insuffisance cardiaque et d’infarctus mais aussi, de personnes en bonne santé.
Source: DR
Plusieurs médicaments déjà mis en avant
Pour les chercheurs, l’outil CardioKG est capable de formuler des prédictions plus précises quant aux médicaments permettant d’aider des personnes atteintes de pathologies cardiaques spécifiques. A terme, ces recherches pourraient déboucher sur des soins plus personnalisés, mieux adaptés au fonctionnement du cœur de chaque patient. En somme, il s’agit d’optimiser l’efficacité de ces mêmes soins au cas par cas. Par ailleurs, il est théoriquement possible d’adapter cette technologie à d’autres maux pour lesquels l’imagerie médicale est également utilisée, par exemple les maladies du cerveau ou encore, l’obésité.
« En s’appuyant sur ces travaux, nous allons étendre le graphe de connaissances pour en faire un cadre dynamique, centré sur le patient, capable de saisir les trajectoires réelles des maladies. Ceci ouvrira de nouvelles possibilités de traitements personnalisés et de prédiction du moment où des maladies sont susceptibles de se développer. », peut-on lire dans l’étude.
Dans le cadre de ces travaux, CardioKG a mis en avant plusieurs médicaments dont le méthotrexate, que l’on utilise comme chimiothérapie pour certains cancers et en tant qu’immunosuppresseur pour des maladies auto-immunes, notamment la polyarthrite rhumatoïde (PR). Citons également les gliptines, une classe de médicaments antidiabétiques oraux utilisés pour traiter le diabète de type 2. L’outil d’IA a notamment suggéré que le méthotrexate pourrait aider les personnes souffrant d’insuffisance cardiaque et que les gliptines pourrait soulager les individus atteints de fibrillation auriculaire.


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