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Très à la mode, le CBD pour Cannabidiol se retrouve désormais au coin de la rue dans des boutiques spécialisées ou « CBD Shops ». C’est un cannabinoïde issu des fleurs de cannabis. Sa commercialisation est autorisée en France, sous certaines conditions. De quoi s’agit-il vraiment ? Est-ce toujours légal ? Quels en sont les effets ? Pouvez-vous conduire après en avoir consommé ? Que risquez-vous vraiment en cas de contrôle routier et de test salivaire ?
Nicolas Laperruque - Aujourd'hui à 06:05 - Temps de lecture :
« Le cannabidiol est un des cannabinoïdes qu’on retrouve dans les fleurs du cannabis » informe le Dr Serge Derouin, médecin expert en addictologie et en cannabis médical. « Pour résumer, on trouve, en termes de concentration d’abord le tétrahydrocannabinol (THC), devant le cannabidiol. L’euphorie, la relaxation, les effets psychoactifs, sont provoqués par le THC. De son côté, le CBD agit également sur le système-endocannabinoïde mais sans les effets psychoactifs, c'est-à -dire sans les effets euphorisants. Le CBD ne provoque pas non plus d’addiction. »
Est-ce légal en France ?
« La vente en France répond à un cahier des charges strict. Les produits à base de CBD vendus en France doivent légalement contenir moins de 0,2% de THC. Cette valeur peut d’ailleurs être nulle ou quasi nulle dans le produit fini. » explique Baptiste, propriétaire d’une boutique en Normandie.
« Mais attention, on n’achète pas le CBD n’importe où. Dans un magasin spécialisé, les produits respectent les normes, c’est une garantie sur l’origine et le taux. Le CBD peut être commercialisé sous différentes formes, des bonbons, du e-liquide, de l’huile, des infusions », développe-t-il. Mais si la consommation est légale, peut-on pour autant prendre le volant après en avoir consommé ?
Quels sont les effets sur l’organisme ?
Après avoir consommé du CBD, les premiers effets se feront ressentir dans les minutes suivantes, pour une durée relativement longue. L’effet relaxant sera donc quasi immédiat.
Le CBD est souvent utilisé pour combattre l’anxiété ou le stress. Mais ces effets ne sont pas sans risques. La consommation de CBD va entraîner une baisse de la concentration voire un état de somnolence.
Dans certains cas, on parle de vertiges, de migraines, voire de nausées. Pour la conduite, les avis des professionnels varient.
Mais pour notre médecin, aucun doute : « On ne peut que conseiller d’attendre au minimum six ou sept heures avant de reprendre la route après consommation ».
Que risque-t-on en cas de contrôle ?
C’est là toute l'ambiguïté de la légalité du CBD au volant. Si le CBD est bien légal, le THC lui, ne l’est pas. Bien que les produits à base de CBD vendus en France contiennent en moyenne moins de 0,2 % de THC, cette substance peut être détectée lors d’un contrôle routier des forces de l’ordre, via le test salivaire, surtout si le taux de THC dans le produit final n’est pas respecté.
Même si les acteurs du secteur interrogés expliquent que cette situation est rare, elle n’est pas impossible. Voilà qui sera de nature à entretenir encore le flou sur l’usage du CBD.
Rappelons qu'un test salivaire positif est passible de deux années d’emprisonnement, d’un retrait de six points sur votre permis de conduire et d’une amende pouvant atteindre les 4 500 €.
Peut-on prouver sa bonne foi ?
« Il y a une forme de statu quo, avec la Cour de cassation qui se désintéresse de la vraie question : comment arrive-t-on à avoir des traces de THC alors qu’on n’a consommé que du CBD? » demande Me Le Dall. « Aujourd’hui on peut arriver à prouver que la consommation est uniquement du CBD. Les laboratoires saisis dans le cadre de l’enquête font un ratio traces de THC/traces de CBD. Ils déterminent ainsi la provenance des traces de THC. On peut donc, pour faire valoir une consommation de CBD uniquement, se rapprocher d’un laboratoire. Avec un prélèvement de cheveux, on peut remonter à plusieurs semaines. »
« La Cour d’appel de Rennes a tranché en rappelant que le CBD n’est pas répertorié comme un produit stupéfiant. Il y a une jurisprudence, rappelant que le conducteur n’avait aucune intention de violer la loi. Avec la dernière décision en ce sens, on pourra soulever cette question d'intentionnalité devant les tribunaux ». rappelle Me Le Dall.


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