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Les sénateurs des deux bords sont tombés unanimement d’accord sur une résolution s’opposant à ce que la complice de Jeffrey Epstein bénéficie d’une grâce présidentielle.

Sky News / Capture d'écran
Démocrates et républicains s’entendent au Sénat pour s’opposer à une éventuelle grâce présidentielle de Ghislaine Maxwell (ici à droite, photographiée aux côtés de son complice Jeffrey Epstein et du couple Trump lors d’une soirée).
EN BREF • Démocrates et républicains se sont accordés au Sénat pour refuser toute grâce présidentielle à Ghislaine Maxwell, complice de Jeffrey Epstein.
• La résolution votée vise à envoyer un message clair à Donald Trump, soupçonné d’envisager de la gracier.
Une entente remarquable au vu de la polarisation de l’échiquier politique américain. Démocrates et républicains sont tombés d’accord au Sénat le mercredi 29 juillet pour adopter une résolution contre une grâce présidentielle pour Ghislaine Maxwell, comme l’ont rapporté The Guardian et The Hill. La possibilité que Donald Trump lève la peine de 20 ans de prison que purge actuellement la complice du criminel sexuel Jeffrey Epstein avait fait couler énormément d’encre à l’automne 2025.
Le dossier est explosif pour la Maison Blanche, puisque le nom du président américain est revenu plusieurs fois dans des documents des « dossiers Epstein », révélés au compte-goutte au cours des derniers mois. Les détracteurs de Donald Trump craignaient qu’il soit tenté de gracier Ghislaine Maxwell pour s’attirer ses bonnes grâces, espérant qu’elle puisse laver sa réputation entachée par des mois de polémiques.
L’unanimité des sénateurs démocrates et républicains, si elle n’est pas contraignante pour le milliardaire républicain, a le mérite de lui envoyer un message très clair. Introduite par la démocrate Jacky Rosen, une sénatrice du Nevada, la résolution adoptée mercredi stipule que Ghislaine Maxwell « ne devrait pas bénéficier d’une grâce présidentielle, ni d’aucune forme de clémence pour ses crimes commis avec Jeffrey Epstein, liés à l’exploitation et aux abus sexuels de mineurs ».
Toute « grâce », « commutation de peine » ou « clémence » quelconque serait « incompatible avec les intérêts de la justice » et la nécessité que des comptes soient rendus « pour les crimes impliquant l’exploitation sexuelle d’enfants », affirme encore le texte, auquel aucun républicain ne s’est opposé. « Le Sénat se tient aux côtés des victimes d’exploitation sexuelle et de traite des êtres humains », poursuit-il.
« Je ne sais pas si je l’envisagerai ou non »
Début octobre, Donald Trump était resté résolument vague sur la possibilité de gracier Ghislaine Maxwell. Interrogé sur le sujet par la journaliste de CNN Kaitlan Collins – avec qui il entretient des relations tendues – le président américain avait fait mine de ne pas bien connaître le dossier, qui lui pourrissait pourtant sa première année de mandat.
« De qui parlons-nous ? », avait d’abord demandé Donald Trump, feignant de ne pas reconnaître le nom de Ghislaine Maxwell – à qui il avait pourtant souhaité « bonne chance » lorsqu’elle était en prison comme le rappelait le HuffPost américain. « Vous savez, ça fait longtemps que je n’ai pas entendu ce nom » avait-il continué avant de déclarer, face à l’insistance de la journaliste : « Il faudrait que j’y jette un œil. […] Je ne sais pas si je l’envisagerai ou non [la grâce]. »
Cette ambiguïté lui est revenue comme un boomerang au Sénat. « Il est franchement effrayant que Trump puisse envisager, ne serait-ce qu’une seconde, d’accorder sa clémence à une trafiquante sexuelle condamnée », a cinglé la sénatrice Jacky Rosen, pour qui la résolution adresse un message simple à l’exécutif républicain : « Il ne doit y avoir AUCUN traitement de faveur pour Ghislaine Maxwell ».
Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, l’élue du Nevada s’est dite « rassurée » par l’adoption du texte. « J’espère que les victimes de Jeffrey Epstein et de Ghislaine Maxwell trouveront un peu de réconfort en sachant qu’elle purgera l’intégralité de sa peine et que d’autres victimes de crimes de ce genre sachent qu’elles peuvent être écoutées et prises en compte, et que la justice sera rendue », a-t-elle conclu.
Le procureur général dans le viseur des démocrates
Le timing de la résolution du Sénat ne doit rien au hasard : la chambre haute doit examiner la nomination de Todd Blanche comme procureur général. Le trumpiste occupe par intérim ce poste, équivalent américain du ministre de la Justice, depuis le limogeage de Pam Bondi, empêtrée dans ses contradictions sur le dossier Epstein. Les démocrates craignaient que ce proche du président le soutienne sur une possible grâce pour Ghislaine Maxwell.
En mai, Todd Blanche leur avait pourtant assuré qu’il ne recommanderait pas de clémence particulière pour Maxwell. Ce n’était pas suffisant pour rassurer l’opposition, qui l’avait interrogé lors d’une audition sur son interrogatoire de Ghislaine Maxwell, mais aussi sur le fait que la sexagénaire franco-américaine a été transférée dans une prison fédérale plus souple – au grand étonnement des victimes de Jeffrey Epstein et de leurs défenseurs.
Le procureur général par intérim avait alors assuré qu’il n’avait pas été personnellement missionné par Donald Trump pour interroger Ghislaine Maxwell et qu’il n’avait pas connaissance d’un traitement de faveur dans le cadre de sa détention.


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