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DÉCRYPTAGE - Après sept mois d’audition, la délégation des droits des femmes du Sénat a rendu son rapport sur la mouvance masculiniste dont le discours mi dominateur mi-victimaire, séduit notamment des jeunes hommes isolés, mal dans leur peau, en manque de repères.
Passer la publicitéUne centaine d’auditions. Sept mois de travail. Un rapport de 291 pages. Cette citation en préambule, tirée de La Servante écarlate de Margaret Atwood : «Les hommes ont peur que les femmes se moquent d’eux. Les femmes ont peur que les hommes les tuent. » Le rapport sur le masculinisme rendu public ce mercredi ne peut qu’attirer l’attention. Ce matin, les matinales radio ont ouvert leurs micros à ses rédactrices. Dans ce document que Le Figaro a lu en entier, Laurence Rossignol (PS), Béatrice Gosselin (LR) et Olivia Richard (Union centriste) expriment une inquiétude profonde.
S’il est difficile d’être aussi alarmées que les rédactrices qui craignent pour «les droits des femmes mais aussi pour la protection de la démocratie» - car le document a le défaut d’agglomérer une multitude de discours masculins au point que l’intérêt pour la virilité semble déjà un trait masculiniste -, ce travail de fond offre un tour d’horizon complet de cette mouvance violente. Lundi, l’homme qui a fait deux morts avant d’être abattu à Montréal aurait, selon le diffuseur public Radio Canada, laissé derrière lui un manifeste s’en revendiquant. La quatrième tuerie de ce type dans ce pays en trente ans.
Un vieux fond, une nouvelle forme
D’abord, rappellent les rédactrices du rapport, le mouvement masculiniste - que l’essayiste Pierre Valentin définissait dans Le Figaro comme la «lecture masculine du monde via la grille du ressentiment» - n’est pas vraiment nouveau. Imprégné de misogynie, il s’est…


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