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Installés à Windsor, en Ontario, de nouveaux arrivants issus de la communauté LGBTQ+ se sentent maintenant libres dans leur nouvel environnement. Au-delà de leur sécurité physique, ils bénéficient maintenant de services qui n’existaient pas dans leur pays d’origine, notamment grâce à des organisations de défense.
Sandra Namugerwa est originaire de l’Ouganda. Elle a été rejetée par sa famille et ses amies depuis qu’elle a affiché son homosexualité à l’âge de 16 ans. C’était une situation angoissante pour moi, raconte-t-elle.
C’était décevant et douloureux de voir les gens que tu connais depuis toujours se retourner contre toi . Ils ne voulaient plus me parler. Ils me détestaient. C’était dur.
En Ouganda, le parlement a voté une loi prévoyant de lourdes peines de prison pour les personnes issues de la communauté LGBTQ+ en mars 2023.

« Je ne fuis personne. Je me sens bien. Je me sens libre, en paix et en sécurité », assure Sandra Namugerwa, originaire de l’Ouganda.
Photo : Sandra Namugerwa
Maryrose Adebayo, originaire du Nigéria, se sent soulagée depuis son arrivée à Windsor en septembre 2024.
Je me sens libre et heureuse. Je sors me promener dans la rue sans avoir peur d'être poignardée. Personne ne peut me juger.
Ahunna Oparah est également originaire du Nigéria. Elle a longtemps caché son homosexualité par peur de représailles de la part de sa famille et des autorités.
Elle est arrivée à Windsor en 2024 et se targue elle aussi d’avoir retrouvé sa liberté.
Je suis libre de m’exprimer. C’est une des choses pour lesquelles je suis très reconnaissante , affirme-t-elle.
Au Nigéria, la loi criminalise les relations homosexuelles, le mariage entre personnes de même sexe et l’enregistrement d’organisations LGBTQ+. Les peines encourues peuvent aller jusqu’à 14 ans d’emprisonnement.
Comme une famille
L’Alliance de défense des droits des migrants queers et trans de Windsor-Essex (QTMAAWE) est un organisme créée en janvier 2024, afin d’aider les migrants LGBTQ+ à s’intégrer dans la communauté existante, mais aussi à défendre leurs droits , selon son fondateur Anold Mulaisho.

« L’Afrique du Sud est l’un des rares pays africains à accepter et à protéger les personnes LGBTQ+ », rappelle Anold Mulaisho, fondateur de l’Alliance de défense des droits des migrants queers et trans de Windsor-Essex.
Photo : Anold Mulaisho
Ce dernier a quitté son pays natal, la Zambie, en 2017, en raison de son orientation sexuelle. Il s’est réfugié en Afrique du Sud avant d’arriver au Canada en mars 2023.
Son organisation sert de point de repère des membres LGBTQ+ nouvellement arrivés dans la région.
J’avais besoin d’appartenir à une société, comme j’avais besoin d’un endroit où me sentir chez moi , explique Sandra Mumugerwa.
Selon elle, l’association QTMAAWE inspire confiance. Je savais [...] que j’obtiendrais beaucoup d’informations grâce à cette association. C’est pourquoi j’y ai adhéré, confirme-t-elle.

« Il m’a fallu un certain temps pour réaliser que personne ne me ferait de mal ici », avoue Ahunna Oparah, aussi originaire du Nigéria.
Photo : Ahunna Oparah
Ahunna Oparah affirme qu’on l’a orientée vers des services de soutien psychologique.
Nous avons des psychologues qui nous aident à gérer notre situation, nos émotions et d’autres difficultés que nous avons rencontrées. La santé mentale est extrêmement importante, affirme-t-elle.
Maryrose Adebayo a quant à elle choisi de devenir membre de l’Église communautaire métropolitaine de Windsor.

« [Au Nigéria], je me sentais différente des autres à cause de mon poids et de mon orientation. Ma mère a été la seule à me soutenir », raconte Maryrose Adebayo.
Photo : Marryrose Adebayo.
Ses membres me soutiennent émotionnellement. C’est ce qui est primordial pour mon équilibre et ma santé mentale, confirme-t-elle.
Avant de venir ici, je n’arrivais pas à lire la Bible. Je me sentais incapable et indigne de la lire, souligne Maryrose Adebayo.
Tu sais ce que c’est d’appartenir à une famille qui t’accepte telle que tu es? C’est ce que j’ai ressenti.
Elle continue de fréquenter l’Église et y va tous les dimanches.
Avant de découvrir l’organisation locale LGBTQ+, Maryrose Adebayo, Ahunna Oparah et Sandra Namugerwa s’étaient rendues à plusieurs reprises à Toronto en quête de contacts pour faciliter leur intégration dans leur nouvelle société.

Georgelie Berry n’envisage pas de retourner dans son pays d’origine, Haïti, tant que les droits des personnes LGTBQ+ n’y seront pas respectés.
Photo : Avec Autorisation de Georgelie Berry
Selon Georgelie Berry, coordinatrice des services d’établissement chez FrancoQueer, des organisations naissantes ont besoin de plus de financement pour pouvoir offrir plus de services adaptés aux réalités et aux besoins des personnes LGBTQ+.
Sans les financements, il ‘n’est pas possible de pouvoir créer un espace ou un environnement sécuritaire respectueux, avance-t-elle.
Les financements permettront aussi à former le personnel qui travaille en première ligne de la communauté LGBTQ+.
En Afrique, de nombreux pays ont adopté des législations qui pénalisent l’homosexualité.


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