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Vu son rôle de premier plan, le personnel de la santé doit être formé pour détecter le risque suicidaire des victimes de violence conjugale, recommande le Bureau du coroner du Québec dans un rapport dévoilé lundi.
Il s’agit du quatrième rapport du Comité d’examen des décès liés à la violence conjugale du Bureau du coroner, réalisé en collaboration avec une longue liste de spécialistes.
Ce triste constat y est fait : « il demeure troublant de constater que certaines victimes de violence conjugale s’enlèvent la vie pour se soustraire à la détresse qu’elles vivent dans un contexte conjugal. »
Le bureau du coroner se dit conscient que « l’évaluation du risque suicidaire reste difficile à faire. »
Mais comme il constate que les services de santé sont parmi les ressources les plus souvent utilisées par les victimes et les agresseurs, il estime que tous les acteurs du réseau de la santé sont en bonne position pour détecter des signes de violence conjugale.
C’est pourquoi il formule plusieurs recommandations leur étant destinées.
Le Bureau du coroner suggère donc à Santé Québec de développer des outils pour le personnel d’intervention qui peut être amené à détecter les risques suicidaires des victimes en contexte de violence conjugale.
Il lui suggère aussi de sensibiliser le personnel d’intervention du réseau de la santé et des services sociaux pour qu’ils soient mieux à même de détecter le risque d’homicide familial par l’identification des situations de violence conjugale chez les auteurs qui adressent une demande d’aide.
Coups à la tête
Une autre série de recommandations concerne les traumatismes craniocérébraux (TCC). En effet, le rapport souligne que selon la littérature scientifique, entre 80 % et 92 % des victimes de violence physique en contexte de violence conjugale auraient subi des coups ou des secousses à la tête pendant un événement de violence.
Le risque de ce type de traumatismes peut « bien souvent demeurer non détecté ou être banalisé ».
« Ces lésions cérébrales peuvent être causées autant par des coups que par la strangulation ou l’étouffement. Pousser la victime contre un mur, la secouer violemment, lui donner des coups directs à la tête avec ou sans objet, la pousser dans les escaliers, etc. sont autant de situations pouvant causer des TCC. »
Il est donc recommandé à Santé Québec de développer des formations sur les liens entre le traumatisme craniocérébral et la violence conjugale, d’inclure de telles formations lors des études de médecines, ainsi qu’en formation continue pour les médecins qui exercent déjà.
Suicide
Besoin d’aide ? N’hésitez pas à appeler la Ligne québécoise de prévention du suicide : 1 866 APPELLE (1 866 277-3553).
Santé mentale
Pour obtenir de l’aide concernant votre santé mentale ou celle d’un proche, n’hésitez pas à contacter le service Info-Social 811.
Violence conjugale / sexuelle
Si vous êtes victime de violence conjugale, vous pouvez appeler la ligne d’urgence de SOS violence conjugale au 1 800 363-9010.
Si vous êtes victime de violence sexuelle, vous pouvez contacter un Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) près de chez vous. Cliquez ici pour en voir la liste ou appelez la ligne Info-aide violence sexuelle au 1 888 933-9007.
Les hommes ayant des comportements violents peuvent contacter le réseau à cœur d’homme, qui soutient la prévention des violences conjugales et familiales, au 1 877 660-7799.


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