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Une étude de l’Université de Calgary et de l'Université d'État de Washington constate une sensation de faim subite chez des rats lorsqu’ils sont sous l’effet du cannabis. Cette trouvaille a des implications importantes pour les humains, notamment pour les personnes qui souffrent de troubles alimentaires.
Nous les avons exposés à de la vapeur de cannabis et avons pu observer de manière très, très fiable ce que l'on pourrait appeler la fringale, explique Matthew Hill, neuroscientifique à l'Université de Calgary.
Pendant la première heure qui a suivi leur exposition à la vapeur de cannabis, les rats se sont littéralement jetés sur la nourriture.
Tout en notant que la plupart des gens connaissent bien l'idée selon laquelle la consommation de cannabis donne envie de grignoter à tout va, Matthew Hill explique qu’il existe également une croyance répandue voulant que la fringale relèverait davantage d'un effet placebo que d'un véritable phénomène physiologique.
Le neuroscientifique dit qu’il doute qu’il s’agisse simplement d'un effet placebo, car la plupart des études sur les animaux utilisaient des formes injectables de cannabinoïdes, comme le THC injectable, explique-t-il.
Selon lui, « la manière dont cela affecte le comportement est très différente de l’inhalation, qui est la façon dont la majorité des humains consomment du cannabis ».
En expérimentant l’administration sous forme de vapeur, les chercheurs ont permis d’apporter des éclairages intéressants sur les fringales que ressentent les rats lorsqu’ils sont sous l’effet du cannabis.
Les animaux qui ont reçu le placebo, et qui n’ont donc pas reçu de cannabis, sont rassasiés. Si on leur donne alors accès à de la nourriture, ils restent indifférents, affirme Matthew Hill, ajoutant : « Mais dès qu’ils sont sous l'effet du cannabis, ils se comportent comme s’ils mouraient de faim. »
Que signifient ces résultats pour les humains?
Au-delà des preuves qu'elle fournit suggérant que la fringale est bien réelle chez des rats après avoir consommé du chanvre, l’étude a des implications importantes pour les personnes qui souffrent de certaines pathologies, comme le fait remarquer le Dr Hill.
Selon le neuroscientifique, l’une des rares utilisations médicales reconnues du cannabis concerne l’envie de vomir que ressentent les patients après avoir subi une séance de chimiothérapie.
« Les nausées associées à la chimiothérapie peuvent créer un malaise qui provoque ce que nous appelons une "aversion gustative" envers les aliments consommés à ce moment-là », explique-t-il.
Les cannabinoïdes peuvent donc être utilisés pour stimuler l'appétit une fois que la première vague de nausées est passée.
Le Dr Hill ajoute que la découverte pourrait également avoir des implications pour aider les personnes qui souffrent de troubles alimentaires, tels que l'anorexie.
Selon Keith Sharkey de l'Université de Calgary, qui a étudié de près la question de la digestion et des nausées, cette étude apporte des informations précieuses sur les mécanismes scientifiques à l'origine des fringales.
Le fait que ce phénomène soit observé chez les mammifères, et pas seulement chez les humains, illustre l’importance fondamentale du système cannabinoïde dans la régulation des fonctions corporelles, notamment la prise alimentaire et, plus généralement, l’équilibre énergétique.
Ce n’est pas une surprise, mais c’est un excellent travail qu’ils ont accompli pour le démontrer, ajoute Keith Sharkey.
Les réserves d'une diététicienne
Une diététicienne agréée, Grace Beda, affirme cependant que, bien que l'étude soit prometteuse, elle ne doit pas être interprétée comme une preuve que le cannabis est la meilleure option médicale pour les patients.
Elle explique que, bien qu’il ait été démontré que le THC inhalé est plus efficace pour stimuler l’appétit que les gouttes orales ou les produits comestibles – ce qui correspond aux conclusions de l’étude –, les cliniciens ne recommandent pas aux malades de cancer qui suivent un traitement de fumer ou de vapoter.
Nous ne leur recommandons pas cela de façon systématique, car les résultats de la recherche sont très mitigés.
Grace Beda ajoute que la recherche clinique n'a pas démontré que la consommation de cannabis garantissait une prise de poids importante ou notable.
La partie de l'étude menée sur des humains a porté sur 82 participants de 21 à 62 ans qui avaient inhalé du cannabis vaporisé.
D’après un texte (nouvelle fenêtre) d’Amir Said, avec des informations de Karina Zapata


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