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Une médecin suspendue après le décès d’une patiente à l’Hôpital Stella-Maris-de-Kent remporte une victoire partielle devant les tribunaux. Une juge annule les mesures disciplinaires qui lui ont été imposées et ordonne au Réseau de santé Vitalité de refaire ses devoirs.
L’affaire remonte au 27 janvier 2025, au petit matin, lorsqu’une patiente se plaignant de douleur thoracique s’est présentée au service d’urgence de l'établissement de Sainte-Anne-de-Kent.
La femme âgée de 33 ans avait un historique de myocardite, soit une inflammation du muscle cardiaque.
Une infirmière en a parlé au téléphone avec la Dre Valérie-Anne Cyr. Cette médecin suppléante – qui en était à la 14e heure d’un quart de travail de 20 heures et qui se reposait dans une salle tout près – lui a demandé d’effectuer des tests.
La condition de la patiente s’est toutefois détériorée. La médecin s’est rendue à son chevet et a tenté de la sauver, en vain. La patiente est décédée à l’urgence.
Le Réseau de santé Vitalité a immédiatement retiré la médecin de l’horaire de l’Hôpital Stella-Maris – qui est d’ailleurs aux prises avec une pénurie de médecins et d’infirmières depuis plusieurs années – et a lancé une enquête interne.

La Dre Valérie-Anne Cyr remporte une victoire partielle devant les tribunaux dans son bras de fer contre le Réseau de santé Vitalité. On la voit ici dans une photo publiée en 2023 sur sa page Facebook professionnelle.
Photo : Source: Facebook
En octobre 2025, un comité d’enquête s’est penché sur l’incident pendant trois jours lors d’audiences à huis clos. Après avoir entendu les témoignages de quatre médecins, de quatre infirmières, d’un expert et de la Dre Cyr, il en est arrivé à la conclusion que cette dernière avait fait preuve de négligence.
Le comité a recommandé que les privilèges médicaux de la Dre Cyr soient suspendus pendant 12 mois et que cette urgentologue soit supervisée indéfiniment à son retour au travail.
Ces recommandations ont été adoptées en décembre 2025 par le conseil d’administration du Réseau de santé Vitalité.
Un rapport inintelligible et déraisonnable
La Dre Valérie-Anne Cyr s’est tournée vers les tribunaux pour demander l’annulation de ces mesures disciplinaires. Elle a accusé le Réseau de santé Vitalité d’avoir pris une décision déraisonnable et de ne pas avoir respecté l’équité procédurale.
Vitalité a pour sa part argumenté qu’elle a suivi le processus prévu par ses règlements administratifs et que le tribunal n’avait pas à se mêler de cette affaire. Advenant l’annulation des mesures disciplinaires, elle a demandé que le dossier soit renvoyé au comité d’enquête.

La demande de révision de la Dre Cyr a été entendue plus tôt cette année en Cour du Banc du Roi, au palais de justice de Moncton. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
Dans une décision rendue le 22 juin 2026, la juge Maya Hamou donne en partie raison à la Dre Valérie-Anne Cyr et annule la suspension ainsi que la période indéterminée de travail sous supervision.
Elle estime que le rapport du comité d’enquête, qui n’était que de trois pages, était inintelligible et déraisonnable . Elle est d’avis que le document était trop court et superficiel pour permettre aux administrateurs de Vitalité de prendre une décision éclairée.
Une victoire partielle pour la Dre Cyr
La victoire remportée par la Dre Cyr est toutefois partielle, puisque la juge renvoie le dossier au comité d’enquête. Elle n’annule pas la plainte et ne va pas jusqu’à ordonner la fin du processus disciplinaire.
La Cour est dans une situation similaire et a trop peu d’informations pour trancher la question. Tout comme il était inapproprié pour le conseil d’administration de prendre une décision sans avoir accès à un rapport plus complet, il serait aussi inapproprié pour la Cour de se substituer au comité d’enquête et de le faire, affirme-t-elle dans sa décision.
La juge ordonne d’ailleurs à Vitalité de verser 6500 $ à la Dre Valérie-Anne Cyr afin de l’aider à couvrir ses frais juridiques.
Radio-Canada Acadie a contacté la Dre Cyr et son avocate, Renée Fontaine, afin de leur offrir l’occasion de réagir à cette décision. Nous mettrons à jour ce reportage lorsque nous recevrons une réponse.

La Dre Cyr travaille présentement à l'hôpital d'Amherst, en Nouvelle-Écosse, selon le bottin du collège des médecins de cette province. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
Cette médecin travaille désormais au Cumberland Health Care Center, près d’Amherst, selon les annuaires des collèges des médecins de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick.
Elle est aussi très active sur sa page Facebook professionnelle, où elle se présente comme médecin, hypnothérapeute et accompagnatrice en développement personnel. Elle y publie régulièrement des photos et des vidéos.
Nous avons demandé au Réseau de santé Vitalité s'il va redémarrer le processus disciplinaire et si la Dre Cyr va recommencer à travailler à l'Hôpital Stella-Maris. Le service des communications de la régie a répondu avoir pris connaissance de la décision de la Cour du Banc du Roi, mais n'a pas répondu à nos questions.
Puisque cette affaire fait toujours l'objet d'un processus devant les instances compétentes, il nous est impossible de commenter davantage la décision ou les démarches qui pourraient en découler. Nous réaffirmons toutefois que la qualité et la sécurité des soins demeurent au cœur de nos priorités, lit-on dans la réponse de Vitalité.


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