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Une société de capital-investissement autochtone affirme que l'acquisition d'une entreprise internationale de fabrication d'équipements de défense, Marshall Land Systems, qui possède d'importantes installations à Moncton, n'est que le début de ses projets d'expansion, alors que le Canada et ses alliés augmentent leurs dépenses militaires.
Flowing River Capital, société établie en Saskatchewan, détient désormais 100 % de Marshall Land Systems, qui emploie 100 ersonnes à son usine de Moncton et 600 personnes dans l'ensemble de l'entreprise, notamment à Ottawa, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.
Marshall Land Systems conçoit des systèmes conteneurisés spécialisés, transportables par voie maritime, aérienne, routière ou ferroviaire, et pouvant être aménagés en centres de commandement, laboratoires médicaux ou entrepôts de matières dangereuses ou de munitions.
Grâce à des systèmes de contrôle environnemental, les conteneurs peuvent fonctionner à des températures aussi basses que -51 °C et résistent au sel et aux intempéries. Ils peuvent être adaptés aux réseaux électriques existants, aux microréseaux, à l'énergie solaire et aux systèmes hybrides.
Marshall Land Systems a décroché un contrat de 350 millions $ sur 10 ans avec les Forces armées canadiennes et des accords similaires avec les armées d'autres pays, notamment le Royaume-Uni et les Pays-Bas.
Thomas Benjoe, PDG de Flowing River, indique que l'usine de Moncton devrait connaître une expansion à mesure que le contrat canadien prendra de l'ampleur. Il précise que l'entreprise possède d'autres droits de propriété intellectuelle qui pourraient être exploités pour le secteur de la défense.
Si l'on analyse les dépenses les plus importantes, c'est bien dans le secteur de la défense, du moins au cours des prochaines années. C'est donc un secteur très porteur, a expliqué M. Benjoe lors d'une entrevue la semaine dernière.
Une forte croissance du secteur de la défense
Le secteur de la défense est en passe de connaître une forte croissance. L’an dernier, le gouvernement fédéral a affirmé être en voie d’atteindre son objectif fixé par l’OTAN, soit de consacrer 2 % du PIB à la défense, et s’est engagé à porter ce budget à 5 % du PIB d’ici 2035.
Ottawa s’est également engagé à ce qu’au moins 5 % de tous les achats gouvernementaux proviennent d’entreprises autochtones, et M. Benjoe affirme que Marshall peut contribuer à la réalisation de ces objectifs dans le secteur de la défense.
Selon Thomas Benjoe, cette entente de capital-investissement n’est qu’un exemple du rôle accru que les gens d’affaires autochtones sont désormais en mesure de jouer dans le contexte plus large des investissements.
Nous sommes mieux formés et plus expérimentés quant aux caractéristiques que doivent revêtir les investissements. Auparavant, nous nous concentrions uniquement sur les transactions et la participation aux affaires, cherchant simplement à saisir les opportunités. Je crois que l’on constate aujourd’hui que des groupes plus sophistiqués comme le nôtre investissent dans le domaine et font preuve de beaucoup plus de dynamisme pour s’y orienter.
M. Benjoe précise que de nombreuses ententes commerciales autochtones ont pris la forme de coentreprises sans participation directe au capital. Il explique que cela se traduit généralement par un paiement en espèces à la fin du projet, et peu d'autres avantages.
Nous devons posséder des actifs, les faire fructifier et nous impliquer davantage dans certains secteurs émergents, comme la défense et les technologies, afin de mieux comprendre leur fonctionnement, a-t-il dit.
M. Benjoe affirme que Flowing River souhaite accélérer le développement des compétences et l'emploi des Autochtones, notamment grâce à l'accord avec Marshall Land Systems.
Le PDG a souligné qu'il doit souvent expliquer que l'objectif n'est pas d'avoir une main-d'œuvre entièrement autochtone dans ses sociétés en portefeuille. Ce n'est pas viable, a-t-il dit, surtout lors de l'acquisition d'entreprises qui requièrent des compétences et une formation spécialisées qui ne sont pas toujours disponibles dans les communautés autochtones. Il a ajouté que la diversité au sein de la main-d'œuvre est un atout.
L'accord avec Marshall Land Systems a progressé si rapidement que le temps manquait pour intégrer les Premières Nations comme partenaires d'investissement, a indiqué M. Benjoe, mais il se réjouit à l'idée de nouer des relations avec les Premières Nations locales et les établissements d'enseignement postsecondaire.
Le capital nécessaire à l'acquisition provient intégralement du PDG et des trois autres associés fondateurs de Flowing River, tous amis depuis l'université : Cadmus Delorme, Eric Clark et Tyler Willox.
Impliquer les Premières Nations
À l'avenir, M. Benjoe affirme que l'entreprise souhaite offrir des opportunités d'investissement aux Premières Nations au cas par cas. Cela nécessitera d'instaurer un climat de confiance afin de gérer les opérations en leur nom, sans que les communautés aient à constituer leurs propres équipes d'investissement.
Il précise que Flowing River dispose d'un solide portefeuille de projets d'investissement potentiels dans les secteurs de la défense, des ressources naturelles et des technologies, des secteurs où l'entreprise possède déjà une expertise et des relations solides.
Créée il y a environ deux ans, Flowing River possède un portefeuille de six entreprises, dont Marshall Land Systems, spécialisée dans les fournitures d'entretien et de réparation, le conseil, les relations gouvernementales et la formation virtuelle pour les Autochtones.


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