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À Jasper, un projet de coopérative d’hébergement pour les travailleurs saisonniers se dessine, porté par la Chambre de commerce de la municipalité.
L’initiative vise un modèle de financement et de propriété partagée par des commerces locaux, ayant déjà manifesté leur intérêt.
Paul Butler, directeur de la Chambre de commerce de Jasper, explique que la proposition est le fruit de près d’un an de travail.
Nous avons constaté un vif intérêt pour le projet, particulièrement de la part des plus petites entreprises, qui, en raison de leur taille, peinent à répondre aux besoins de logement de leur personnel, soutient-il.
Si les contours du projet restent à définir, au terme d’une première phase de consultation, Paul Butler affirme : Environ 40 unités, voire plus, pourraient être financées par au moins 15 entreprises.
En plus d’élargir l’offre locative, la coopérative permettrait de décharger les commerçants de toute responsabilité administrative, celle-ci étant prise en charge par une société de gestion externe ou par la coopérative elle-même.
Cela permettrait de créer un environnement plus sûr pour le personnel, qui pourrait ainsi bénéficier d’une certaine distance par rapport à son employeur, souligne Paul Butler.
Si l’investissement principal est censé provenir des commerçants, la Chambre de commerce souhaite également solliciter du financement auprès de différents ordres de gouvernement pour du financement supplémentaire, permettant de soutenir ces entreprises aux moyens financiers limités.

Paul Butler est le directeur de la Chambre de commerce de Jasper.
Photo : Radio-Canada
Un problème structurel
En raison de la position unique de Jasper au sein d’un parc national, et des restrictions de zonage qui s’y rattachent, les travailleurs saisonniers qui ne posent leurs valises que pour la saison estivale ou hivernale sont, année après année, face à une pénurie de logements.
C’est une réalité structurelle. [...] Avant même le feu [de 2024], on estimait qu’il manquait environ 600 logements au sein de la communauté, explique Paul Butler.
Cette réalité incombe également aux employeurs, qui, eux aussi, doivent se démener afin d’offrir un hébergement, dans l’espoir d’attirer des employés et de les retenir.
C'est le cas de Justin Melnyk, propriétaire de Jasper Brewing, qui fait partie des personnes désireuses d'investir dans le projet.
Souvent, quand on cherche à embaucher au printemps, on aimerait bien recruter six à huit personnes, mais on ne dispose que de trois chambres. On est donc vraiment limités, dit-il.

Justin Melnyk, propriétaire de Jasper Brewing, a manifesté son intérêt à prendre part au projet de coopérative d'habitation.
Photo : Radio-Canada
Bien qu’il possède déjà quelques unités locatives dans la municipalité, certaines ont été détruites dans l’incendie de juillet 2024, ce qui fait qu’il se retrouve aujourd’hui avec moins d’options pour ses employés saisonniers.
La coopérative permettrait aussi de s’ajuster en fonction des besoins saisonniers. En hiver, elle servirait aux entreprises, comme la station de ski Marmot Basin, et en été, aux restaurateurs comme moi et aux commerces qui offrent des activités de plein air, explique-t-il.
Pour les commerçants qui ne sont pas propriétaires d’un logement secondaire, la situation se complique.
Je dois jongler avec une banque d’employés finalement, pour lesquels je suis un deuxième ou un troisième employeur, parce qu’ils doivent demeurer fidèles à leur premier employeur qui leur offre un toit, précise Jean-François Bussières, propriétaire de Pure Outdoors.
Pour cette raison, le commerçant, qui a pignon sur rue à Jasper depuis de nombreuses années, a, quant à lui, récemment fait l’acquisition d’un terrain pour y construire un hébergement privé.
C’est pas la première fois qu’on parle d’un projet de [coopérative pour les travailleurs]. Je ne voulais pas mettre tout mon espoir là-dessus, soutient-il.

Jean-François Bussières économise depuis plusieurs années pour acquérir un terrain, où il construira un hébergement pour ses travailleurs saisonniers.
Photo : Radio-Canada
Terrains envisagés
À l’heure actuelle, une option de construction envisagée pour le bâtiment se trouve sur le terrain actuel des logements intérimaires, lesquels accueillent environ 400 familles évacuées depuis juillet 2024.
Le terrain a été aménagé et les réseaux d’infrastructures ont été installés en vue de la construction de ces logements provisoires, observe Paul Butler.
Il ajoute que ces habitations, financées par Parcs Canada, devraient être en place encore pendant environ un an et demi et que ce dernier s’est déclaré favorable à envisager la cession d’une partie de ces terres aux fin du projet de coopérative.

L'idée, c'est que, lorsque ces logements provisoires seront démantelés, le projet de coopérative pourra s'implanter sur une partie de ces terres.
Photo : Radio-Canada
Il est important de saisir les occasions qui se présentent à nous, afin de mieux reconstruire et de tirer parti, dans la mesure du possible, de certaines des conséquences malheureuses du feu.
La parution d’un rapport à la fin de mai, présenté par l’entreprise Catalyst Strategies et financé par la Croix-Rouge canadienne, devrait fournir les réponses aux questions qui restent pour que le projet puisse aller de l’avant.


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