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Dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre, plusieurs jeunes de Baie-Comeau ont fait leurs premiers pas sur le marché du travail cet été. Certains employeurs accueillent positivement cette main-d'œuvre inexpérimentée, alors que d'autres sont plus réticents à embaucher ces jeunes.
Si un premier emploi peut représenter une source de stress pour certains adolescents, il leur permet d'amasser un peu d'argent de poche, mais surtout de développer des aptitudes pour l'avenir.
Maylie Briand, 15 ans, commence cet été son tout premier emploi chez RONA. Pour celle qui aspire à devenir enseignante au primaire, travailler dans le service à la clientèle est une excellente occasion d'accroître ses compétences relationnelles.
À 14 ans, Ariane Descormiers estime que son poste à la Crêperie de la Reine, l’entreprise de sa tante, lui permettra de gagner en autonomie et d'apprendre à interagir avec le public. J’avais peur de ne pas être assez sociable pour parler aux gens, mais finalement, c’est plus facile que je le pensais, confie-t-elle.

Ariane en est à son premier emploi d'été à la Crêperie de la Reine. Elle explique avoir appris les rouages de son travail directement dans l'action.
Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin
Même constat pour Yosr Bouanene, originaire de Tunisie. Travailler au restaurant St-Hubert géré par son père est pour elle une opportunité idéale d'améliorer son français et de bâtir sa confiance en elle.

Yosr Bouanene a 15 ans et travaille comme caissière chez St-Hubert. Elle utilise cette expérience de travail pour pratiquer son français avec les clients, vaincre sa nervosité et bâtir sa confiance en elle.
Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin
Un recrutement pas toujours facile
Catherine St-Gelais, conseillère en emploi au Carrefour jeunesse-emploi Manicouagan, accompagne des adolescents dans leurs démarches. Selon elle, tous les employeurs ne sont pas ouverts à l'idée d'engager des jeunes sans expérience.
Elle explique que plusieurs recruteurs recherchent du personnel à long terme et pas uniquement pour la saison estivale. C’est parfois plus difficile de placer des jeunes de 14 ou 15 ans. On accompagne même des jeunes de 13 ans, précise-t-elle.

Catherine St-Gelais, qui offre des services de recherche d'emploi, observe un déséquilibre sur le marché : le bassin de jeunes dépasse largement le nombre d'emplois qui leur sont accessibles.
Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin
Pourtant, d'autres y voient une occasion en or. Roxanne Gagné, directrice adjointe du RONA Roland Tremblay et Fils, estime que donner une chance à des jeunes sans expérience permet de créer un lien de loyauté pour qu'ils reviennent les années suivantes. C’est rare qu’on ait de mauvaises surprises, affirme-t-elle.
Les jeunes sont contents de trouver un travail, surtout quand ça faisait un moment qu'ils cherchaient.
Pour d'autres commerçants, recruter ces adolescents est devenu une nécessité face au manque de personnel.
C’est le cas de Pascale Desbiens, propriétaire de la Crêperie de la Reine, qui explique devoir embaucher des candidats très jeunes depuis la pandémie. C'étaient les seuls CV qu'on recevait, nous n'avions pas vraiment le choix, lance-t-elle.

Pascale Desbiens est propriétaire de la Crêperie de la Reine admet qu'elle préférerait embaucher du personnel expérimenté.
Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin
Pour son entreprise, cette inexpérience représente toutefois un défi logistique, faute de ressources pour offrir des formations structurées. Les jeunes doivent donc apprendre sur le tas. Elle raconte qu'un été, elle a dû engager six jeunes inexpérimentés, ce qui nécessitait beaucoup trop d'encadrement.
À l'inverse, Mohamed Bouanene, directeur général du St-Hubert de Baie-Comeau, perçoit cette inexpérience comme un atout. Je peux les former à ma façon, leur transmettre mon savoir-faire, mes exigences et mes attentes, explique-t-il.


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