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Un plaidoyer pour doubler le parc de logements sociaux

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Dans une assemblée publique organisée au Cégep de Matane, mercredi, le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) déplore que l'accès à un logement soit de plus en plus difficile et coûteux partout dans la province. Selon l’organisme, la solution serait d’abord de doubler le parc de logements sociaux.

Le FRAPRU souligne que le loyer d’un logement moyen à Matane a bondi de 10,4 % en un an seulement et que les citoyens avec peu de revenus ont de moins en moins la capacité de se loger.

C'est ceux qui sont à un imprévu, finalement, de se retrouver en situation d'itinérance, détaille Catherine Lussier, coordonnatrice du FRAPRU.

L’organisme avance que, pour répondre adéquatement aux besoins des ménages à faibles et moyens revenus, il faut que des efforts soient déployés pour doubler le parc de logements sociaux.

Elle porte un chandail où est inscrit «La clé, c'est le logement social».

Catherine Lussier est coordonnatrice du FRAPRU.

Photo : Radio-Canada / David Fillion

Ce qu'on constate, c'est que ce qui est véritablement disponible sur le marché, c'est très cher. Les gens qui ont peu de revenus n'ont pas la capacité de payer ce que le marché offre, explique-t-elle.

Le Comité logement Bas-Saint-Laurent (CLBSL) croit aussi que l’heure est grave et qu’il est temps d’investir massivement pour développer massivement l’offre de logements sociaux un peu partout dans la province.

Au niveau des logements disponibles, on est en dessous du seuil d'équilibre. [...] Il y a très peu de logements disponibles et ils sont très chers, indique Cassandre Vassart-Courteau, coordonnatrice du CLBSL.

Des gens sont assis à des tables devant une personne qui fait une présentation.

L'assemblée publique organisée au Cégep de Matane a rassemblé une cinquantaine de personnes.

Photo : Radio-Canada / David Fillion

Le CLBSL précise que le taux d'inoccupation à Matane est actuellement de 1,4 % et que le seuil d’équilibre se situe plutôt dans les environs de 3 %.

Logement abordable ou social?

Le FRAPRU est catégorique : le logement social n’est pas la même chose que le logement abordable.

Un logement abordable peut être notamment développé par le privé, puis toujours dans une logique un peu spéculative, [...] alors qu'un logement social, c'est vraiment hors de cette logique du marché.

[Avec le logement social], c'est aussi important que ce soit en rapport avec le revenu des gens, et non en rapport avec le prix du marché. On pense à 25 % de notre revenu, explique Cassandre Vassart-Courteau.

Cassandre Vassart-Courteau sur scène, devant un lutrin, près d'une affiche avec le slogan «logement social, maintenant».

Cassandre Vassart-Courteau est coordonnatrice du CLBSL.

Photo : Radio-Canada / David Fillion

Le FRAPRU comme le CLBSL sont d’avis que le gouvernement caquiste abandonne progressivement le modèle de logement social au profit d'un modèle abordable, et qu’il est impératif de faire volte-face.

Des fois, on a des définitions de "logement abordable" qui [impliquent] des logements à 2000 $ par mois. Ce n'est pas si abordable pour personne au final, lance Catherine Lussier.

Efforts à multiplier

Même si un souhait d’investissement provincial majeur est formulé, les organismes sont d’avis que les municipalités peuvent aussi multiplier les efforts pour tendre vers un élargissement du parc de logements sociaux.

Le CLBSL explique que les leviers municipaux peuvent être, par exemple, d’avoir une réserve de terrains, d’offrir des congés de taxes, ou d’utiliser un droit de préemption.

Un tableau où sont inscrits plusieurs prix pour des logements de tailles différentes.

Le FRAPRU dénonce qu'il y ait plusieurs définitions de ce qu'est un logement abordable.

Photo : Radio-Canada / David Fillion

Le FRAPRU précise que la difficulté d’avoir accès aux logements sociaux peut aussi provoquer un lot de problèmes, d’où l’urgence d’agir.

Ça vient finalement impacter tous les autres droits, que ce soit la capacité de se soigner, la capacité d'avoir une alimentation adéquate. Même au niveau du développement des enfants, il y a des conséquences graves au mal-logement.

Le FRAPRU et le CLBSL espèrent que l'approche des élections provinciales incitera les partis politiques à prendre des engagements en matière de logement social.

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