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Le conseil de bande de Uashat mak Mani-utenam lance un appel d’offres pour un tout nouveau centre de santé. Entre 20 M$ et 30 M$ sont prévus pour sa construction, qui vise à moderniser ses installations et sortir les soins d’un bâtiment au passé douloureux.
Beaucoup de choses laissent à désirer avec l’actuel centre de santé à Mani-utenam, selon Marceline Tshernish, la directrice du secteur santé du conseil de bande de la communauté. À commencer par son histoire.
Au départ, c’était une école de jour liée au pensionnat, rappelle-t-elle. C’est un bâtiment qui est inapproprié pour recevoir des soins.

Le centre de santé actuel était autrefois une école affiliée au pensionnat autochtone de Mani-utenam.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
Ce qui est vrai au niveau psychologique et historique l’est aussi en termes d'ergonomie. Les pièces n’ont pas été réfléchies pour accueillir un centre de santé, insiste Mme Tshernish. Afin de pouvoir répondre adéquatement aux besoins de la communauté, il faut construire un nouveau bâtiment.
Le nouveau centre de santé de Mani-utenam sera donc situé ailleurs, sur un terrain qui a été développé pour lui faire place.
Il accueillera les soins de santé, les services sociaux, mais aussi une clinique dentaire et des équipes en médecine traditionnelle. On parle de services psychiques et spirituels, précise la directrice adjointe du secteur santé, Héléna Grégoire-Fontaine.
Le conseil de bande espère que le projet sera achevé vers l’été 2028.

Marceline Tshernish (à gauche) et Héléna Grégoire-Fontaine (à droite) ont toutes deux travaillé à l'élaboration d'un nouveau centre de santé à Mani-utenam.
Photo : Radio-Canada / Renaud Chicoine-McKenzie
C’est un projet qui s’est fait dans une optique d’avoir des services mieux culturellement adaptés.
Le personnel soignant soulagé
Edmond Sauvé est l’un des deux médecins de famille à travailler au centre de santé de Mani-utenam, en compagnie de plusieurs infirmières cliniciennes.
La modernisation des installations sera certainement la bienvenue, se réjouit M. Sauvé. Mais pour lui, le plus important reste de quitter un bâtiment lié à des traumatismes.
Le fait que je travaille dans une école de jour du pensionnat de Mani-utenam, c'est quand même chargé de sens, laisse-t-il tomber.
Ce que j'entends des patients, c'est qu’ils sont inconfortables à ce que je pratique certains examens dans les murs du pensionnat. C'est complètement normal.

Le Dr Edmond Sauvé remarque les traumas intergénérationnels liés au pensionnat de Mani-utenam dans sa pratique.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
Il arrive même à M. Sauvé de rediriger des personnes venues le voir vers l’hôpital de Sept-Îles, plutôt que de les soigner dans leur communauté.
D’ici quelques années, les soins ne seront plus prodigués dans ce bâtiment, mais son avenir reste incertain. Des discussions sont en cours entre le conseil de bande de Uashat mak Mani-utenam et des aînés de la communauté pour savoir ce qu’il en adviendra.
Avec les informations d’Alban Normandin


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