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Un match classé à haut risque : ce que vont subir les Bleus pendant cette Coupe du monde inquiète déjà les scientifiques

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Le rendez-vous que tous les « footeux » de France attendent, c'est demain, mardi 16 juin 2026. Le premier match des Bleus dans cette 23e Coupe du Monde. Le coup d'envoi sera donné à 15 heures, heure locale, au MetLife Stadium, à New York. Et si le match est classé à haut risque, cette fois, ce n'est pas en raison de quelques perturbateurs violents qui pourraient être tentés de venir gâcher la fête. C'est plutôt à cause d'un duo perfide : la chaleur et l'humidité.

 la Coupe du monde 2026 marque l'entrée du football dans une nouvelle ère réglementaire. © Melinda Nagy, Adobe Stock

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Dans le nord-est des États-Unis, ce sont près de 30 °C qui sont attendus ce mardi, couplés à une humidité élevée. Pour les joueurs - et aussi pour les spectateurs - le risque de stress thermique est réel.

Avec le réchauffement climatique, difficile d'y échapper, pensez-vous peut-être. Pourtant, ce n'est pas tout à fait ce qu'expliquent les scientifiques. Plusieurs études montrent qu'en réalité, toutes les équipes engagées dans cette Coupe du Monde de football 2026 ne sont pas logées à la même enseigne. En cause, la répartition géographique inédite des stades qui accueillent les matchs : dans trois pays et dans des conditions de températures et d'humidité voire d'altitude très différentes.

Quand le corps ne refroidit plus

Pour comprendre, rappelons qu'en termes de stress thermique, il n'y a pas que la température qui compte. L'humidité a aussi son importance. Un footballeur qui court entre 10 et 12 kilomètres par match produit énormément de chaleur. En conditions normales, la transpiration refroidit le corps. Mais quand l'air est déjà chaud et humide, l'évaporation se fait mal, voire plus du tout. Le corps accumule de la chaleur, les performances chutent. Le joueur court moins vite et récupère moins bien. Sa coordination est réduite.

La Coupe du monde 2026 ne mettra pas seulement les joueurs à l'épreuve sur le plan sportif. Des chercheurs estiment que les conditions climatiques et physiologiques pourraient également influencer le déroulement du tournoi. © Guilherme, Adobe Stock (image générée avec IA)

Ce qui rend la Coupe du monde 2026 si dangereuse selon les scientifiques

L'équipe de France, l'Argentine ou encore le Brésil ne devront pas seulement se méfier de leurs adversaires lors de la Coupe du monde 2026. Les joueurs seront confrontés à des contraintes environnementales inédites. Au point que certains chercheurs considèrent déjà ces conditions de jeu comme l'un des principaux défis du tournoi.... Lire la suite

C'est pourquoi, lorsqu'il est question d'évaluation des risques, les chercheurs s'intéressent plus au wet bulb globe temperature (WBGT) qu'à la température brute. L'indice intègre aussi des données de rayonnement -- ce n'est pas la même chose de jouer en plein soleil ou de nuit -- et de ventilation -- parce que le vent aide à évacuer la chaleur.

???? 2026 World Cup faces lightning delays, heat stress across 16 North American venues

England's warm-up match against Costa Rica in Orlando was delayed roughly one hour by thunderstorms and lightning. US safety regulations suspend play when lightning strikes within eight miles… pic.twitter.com/u5Ft2JKrxg

— NewsTongue (@NewsTongueX) June 12, 2026

Des parcours très inégaux face à la chaleur

Revenons à notre Coupe du Monde. Selon les chercheurs, les équipes du groupe E - soit l'Allemagne, Curaçao, la Côte d'Ivoire et l'Équateur - seront celles qui auront à affronter les WBGT les plus élevés, entre 24,5 °C et 26,7 °C. À l'inverse de celles du groupe G - soit la Belgique, l'Égypte, l'Iran et la Nouvelle-Zélande. Les équipes du groupe A - soit le Mexique, l'Afrique du Sud, la République de Corée et la Tchéquie - joueront aux altitudes les plus élevées, avec une moyenne de 1 665 mètres, et celles du groupe K - le Portugal, la République démocratique du Congo, l'Ouzbékistan et la Colombie - auront l'amplitude la plus importante, de l'ordre de 1 540 mètres.

 la France peut-elle y croire ? © Xavier Demeersman, ChatGPT

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Pendant longtemps, prédire le vainqueur d’une Coupe du monde relevait presque de la divination. Aujourd’hui, les algorithmes sont à l’œuvre. En combinant statistiques, expertise sportive et apprentissage automatique, des chercheurs simulent des milliers de scénarios pour estimer les chances réelles de chaque sélection. Ce ne sont ni des consultants ni des voyants qui pourraient donner la réponse, mais bien les mathématiques. Alors, que nous prédit cette science des données et qui remportera la Coupe du monde ?... Lire la suite

Du point de vue du stress thermique, c'est la Turquie qui a le parcours le plus favorable. L'Uruguay jouera, lui, avec la WBGT médiane la plus élevée, 27 °C.

La France mal lotie

Et la France alors ? Pour nos bleus, premier problème : aucun des stades dans lesquels ils vont jouer n'est climatisé, aucun n'a même de toit. Et tous ses matchs sont prévus dans l'après-midi.

Résultat, les chercheurs estiment que la France pourrait être l'équipe qui sera confrontée à la température maximale la plus élevée de 27,7 °C. Elle devrait aussi avoir à s'accommoder de températures moyennes de 2 à 3 °C supérieures à celles des autres équipes de son groupe. Selon une étude réalisée par Bloomberg, nos Bleus pourraient avoir à affronter les pires conditions de toute la compétition, derrière la Tunisie.

Belgium’s committed heat average at this World Cup: 17.1C. Their hottest match of the entire group stage is a 20.7C evening at SoFi.

France’s average match is hotter than Belgium’s worst one.

Some teams drew the heat. Some drew the Pacific corridor. pic.twitter.com/gXv0Etula3

— SantiSignals (@SantiSignals) June 9, 2026

Protéger les joueurs ? Pas une priorité !

Pour se faire une idée du problème, il faut savoir qu'un WBGT de 28 °C est largement considéré par les scientifiques comme un seuil à partir duquel le stress thermique devient une préoccupation majeure pour les footballeurs. Il expose à des risques de maux de tête, de malaise et de défaillance cardiovasculaire notamment.

Dans une lettre ouverte, une vingtaine d'experts demande que les matchs qui pourraient en arriver là soient reportés et que des pauses fraîcheur de six minutes soient instaurées au milieu de chaque mi-temps.

Selon le réseau World Weather Attribution, pas moins de 26 matchs devraient se dérouler dans des conditions dépassant les 26 °C, la finale a 1 chance sur 8 d'en faire partie. Et 5 matchs de cette Coupe du Monde 2026 pourraient même franchir le seuil critique des 28 °C. Parmi lesquels, France-Sénégal. La Fifa n'envisage pas de report et des pauses fraîcheur de seulement trois minutes...

Les scientifiques signalent qu'une préparation spécifique peut permettre aux joueurs de s'adapter à ce type de conditions environnementales. Mais la plupart de ceux qui participent à cette Coupe du Monde évoluent en Europe, dans des championnats qui se terminent trop tard pour laisser le temps à une telle acclimatation. Ils sont donc probablement arrivés « dans un état sous-optimal face à la chaleur et à l'hypoxie - comprenez, le manque d'oxygène qui peut se faire ressentir en altitude ».

En 1994, lors de la dernière Coupe du Monde de football aux États-Unis, « seulement » 3 matchs avaient atteint le seuil d’un WBGT de 28 °C. La cause, selon le World Weather Attribution : le réchauffement climatique. © World Weather Attribution

Une compétition rattrapée par le climat

Avec le réchauffement climatique, ce qui se joue sur les pelouses de la Coupe du Monde de football 2026 pourrait bien devenir la norme. Le rapport Pitches in Peril, publié par Football for Future, Common Goal et Jupiter Intelligence, alerte : d'ici 2050, près de 90 % des stades d'Amérique du Nord pourraient être régulièrement exposés à des conditions extrêmes, dangereuses pour les joueurs sans adaptation. Plus de la moitié deviendraient même difficilement praticables.

Face à ces projections, les scientifiques ne se contentent plus de recommander des pauses fraîcheur ou des ajustements de calendrier. Dans leur lettre ouverte, ils appellent la Fifa à s'attaquer à la racine du problème : la dépendance aux énergies fossiles. Un enjeu d'autant plus sensible que leur promotion reste étroitement liée à l'économie du football mondial.

Le stade BBVA, à Monterrey au Mexique, accueillera 4 matchs de la Coupe du monde de football alors que la température de l'air dépassera certainement les 35 °C. © photoluis1, Adobe Stock

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Et derrière les performances sportives, une autre réalité se confirme. Si aucune équipe n'a été désavantagée par un tirage au sort biaisé, certaines sont, de fait, plus exposées que d'autres à la chaleur, à l'humidité, à l'altitude -- et donc à une fatigue accrue, à une récupération dégradée, à un risque physique plus élevé. Une inégalité discrète, presque invisible, mais qui fait écho à une question bien plus large : celle de la justice climatique. Sur les terrains comme ailleurs, tous ne subissent pas les mêmes conséquences d'un réchauffement auquel ils n'ont pas contribué de la même manière. Et à mesure que le thermomètre grimpe, c'est peut-être aussi le concept d'une compétition parfaitement équitable qui vacille.

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