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Au cours de la dernière décennie, un diplômé universitaire en soins infirmiers sur deux avait quitté le Nouveau-Brunswick seulement trois ans après avoir terminé ses études, affichant le pire taux de maintien régional au Canada. Mais selon plusieurs, la situation tend à s'améliorer.
Statistique Canada a publié le 25 février dernier une étude sur le maintien des professionnels de la santé après leurs études. On a analysé la mobilité des cohortes de 2010 à 2019 en se basant sur les déclarations de revenus de 2013 à 2022.
La moitié des personnes qui ont étudié au Nouveau-Brunswick dans un programme universitaire de soins infirmiers pendant cette période ont quitté la province dans les trois ans suivant l’obtention de leur diplôme. En comparaison, cinq provinces avaient un taux de maintien de plus de 90 % pendant la même période.
Parmi ceux et celles qui sont partis du Nouveau-Brunswick, 37 % sont allés en Ontario, 5 % en Nouvelle-Écosse et environ 7 % ont déménagé dans les autres provinces canadiennes.
Dans la grande majorité des cas, les diplômés sont retournés dans leur région natale.
Plusieurs raisons peuvent motiver les infirmières à quitter le Nouveau-Brunswick. Audrey Ouellet est originaire de Saint-Quentin et a fait ses études au campus d’Edmundston de l’Université de Moncton.
Elle a travaillé quatre ans à l’hôpital régional d’Edmundston avant d’accepter un poste comme infirmière clinicienne dans la région de Québec, d'abord pour suivre son conjoint, mais aussi pour profiter de meilleurs défis professionnels.
C'est sûr qu'à Edmundston, le bloc opératoire n’est pas aussi gros que celui à l'Enfant-Jésus de Québec. Fait qu'il y a beaucoup moins d'opportunités, moins de place pour les infirmières, explique la jeune infirmière.

Audrey Ouellet a obtenu son diplôme en sciences infirmières à l'Université de Moncton, campus d'Edmundston. Elle a suivi son conjoint à Québec pour le travail, mais apprécie aussi son nouveau milieu professionnel.
Photo : Audrey Ouellet
Elle a aussi été témoin de conditions de travail difficiles.
Il manquait beaucoup de monde, il manquait beaucoup d’expérience. On était beaucoup de nouveaux qui venaient de commencer et à l’urgence, c’était un peu chaotique, raconte Audrey.
Une situation qui s'améliore
Selon le ministre de la Santé, John Dornan, la période étudiée par Statistique Canada est une éternité, lorsqu'on regarde les mesures prises par le gouvernement provincial au cours des dernières années.
On diplôme le double de personnes dans les programmes de soins infirmiers. Je crois que si on faisait le même exercice aujourd'hui, les données seraient beaucoup plus hautes, affirme M. Dornan en entrevue à Radio-Canada.
Selon les informations du ministère, le taux de maintien actuel après trois ans serait aux alentours de 75 %.

Le Dr John Dornan, ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, évalue que la pénurie d'infirmières s'améliore dans la province. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Allyson McCormack
En 2023, l'Université du Nouveau-Brunswick a créé un programme accéléré de trois ans et l'Université Beal au Maine et le collège privé Oulton ont reçu les autorisations de la province pour donner le programme de baccalauréat en sciences infirmières.
Finissants/tes au baccalauréat en sciences infirmières au Nouveau-Brunswick
| 2020-2021 | 1042 |
| 2025-2026 | 2011 |
Côté monétaire, le gouvernement a octroyé une prime unique de 10 000 $ aux infirmières à temps plein en 2024 et une autre prime de 5000 $ en 2025 pour les infirmières s'engageant à travailler dans la province pour un an.
Depuis, le Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick a conclu un contrat de travail avec la province prévoyant une hausse de salaire de 12,5 % sur quatre ans.
Il y a aussi depuis 2021 des primes pour combler les postes peu convoités, en échange d'un engagement de trois ans. La province a consacré 2,5 millions de dollars à cette enveloppe l'an dernier.

Paula Doucet est présidente du Syndicat des infirmiers et infirmières du Nouveau-Brunswick.
Photo : Daniel Saint-Louis/SIINB
La présidente du SIINB, Paula Doucet, observe aussi que ces mesures semblent avoir amélioré la rétention au cours de la dernière année.
Mais elle ajoute que ça ne sera pas suffisant pour garder les jeunes infirmières.
Si vous travaillez en sous-effectif et qu’on attend que vous donniez des soins à un grand nombre de patients, ça va vous épuiser après un certain temps, souligne-t-elle.
Les étudiants plus mobiles qu'avant
Selon la doyenne de la faculté de sciences infirmières de l’Université du Nouveau-Brunswick (UNB), Lorna Butler, le choix de carrière des diplômés leur appartient. Elle observe que d’autres provinces, dont la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard, mènent des campagnes de recrutement très réussies dans notre province.
La mobilité entre les provinces est plus facile aujourd'hui et les étudiants sont plus aventureux, d'autant plus qu'il y a des pénuries partout, observe Mme Butler.
Elle ajoute que son institution a établi plusieurs partenariats au cours des dernières années pour encourager les personnes étudiantes à travailler dans les régions rurales.


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