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Le déboisement d'une parcelle d'un terrain municipal à proximité du lac des Sitelles à Austin soulève de nombreuses questions parmi la population. Une soixantaine de citoyens ont d'ailleurs exprimé leur inquiétude à ce sujet lundi soir à la séance du conseil municipal.
Le promoteur Steven Patterson a obtenu l'autorisation de la municipalité de déboiser pour raccorder son domaine de plus de 200 acres à la ligne d'Hydro-Québec.
Le déboisement a été réalisé pour permettre le passage d’une ligne électrique sur cinq lots déjà identifiés par la municipalité, cinq lots qui sont présentement en vente, précise-t-il.
La mairesse Lisette Maillé confirme que la municipalité avait donné l'autorisation de passer sur son terrain. Pour nous, ça constituait une simple démarche administrative. Hydro-Québec demande régulièrement des droits de passage sur les territoires des municipalités, précise la mairesse.
La municipalité ignorait toutefois l'ampleur que prendraient finalement les travaux.
C'est en avril que les riverains du lac Sitelle ont été alertés par le son de la machinerie. L'abatage d'arbres, qui avait commencé au cœur d'une propriété de plus de 225 acres, débouchait finalement sur la rue du Lac des Sitelles qui se termine dans un cul-de-sac.
Inquiets, les citoyens ont avisé la municipalité. Elle a ordonné un arrêt des travaux quelques jours plus tard afin d'analyser le dossier.
C'est tellement gros, tellement large que tout le monde le voit. C'est une nouvelle cicatrice dans des habitats fauniques qui ont été qualifiés de précieux par les écologistes. Ça fait juste un trou béant.
Le président de l'Association des riverains du lac Peasly, Francis Normandin, reproche à la municipalité de ne pas avoir agi en amont.
Comment est-ce qu'on a pu accorder une servitude pour passer une ligne électrique ou même un permis pour déboiser sur un terrain de la municipalité? Nous, on a l'impression que ça appartient à la collectivité. Ça aurait dû être le conseil municipal qui se penche là-dessus, puis qui vote, devant la population, fait valoir Francis Normandin.

Michel Allen et Francis Normandin s'inquiètent du déboisement.
Photo : Radio-Canada / Katy Larouche
La mairesse de Austin, Lisette Maillé, affirme que la municipalité évaluera si le promoteur était dans son droit. On doit valider les autorisations qui ont été obtenues auprès d'Hydro-Québec, c'est ce qu'on est en train de faire. On a un an pour émettre des constats, si des constats ont à être émis, souligne-t-elle.
À l'œil, ça paraît beaucoup. De là à faire la démonstration que ce n'était pas correct, c'est ça qui nous reste à faire.
Le promoteur Steven Patterson affirme avoir respecté le cadre normatif d'Hydro-Québec dans la réalisation de ses travaux. On est très confortable avec ce qui a été réalisé à l’intérieur du cadre normatif d’Hydro-Québec, dit-il. Il affirme qu'il collaborera pleinement avec Hydro-Québec et avec la municipalité.
Des préoccupations environnementales
Selon les citoyens, ces travaux de déboisement pourraient avoir eu des impacts sur les milieux humides du secteur. Il semble que pendant les travaux, ils ont traversé des milieux humides. Il y avait tellement d'écoulement de sédiments qu'ils ont dû avoir des barrières anti-sédiments. Écoutez, c'est une histoire d'horreur cette affaire-là, s'inquiète le citoyen Francis Normandin.
Le promoteur, quant à lui, se fait rassurant. Le passage a été réalisé en suivant une caractérisation biologique complète qui a été effectuée à la suite de l’acquisition du domaine, précise Steven Patterson. Le passage a été pensé avec un biologiste, un arpenteur et un ingénieur, en contournement des milieux humides.

L'avis d'arrêt des travaux.
Photo : Radio-Canada / Katy Larouche
Vers la construction d'un chemin
Les citoyens affirment avoir mesuré l'emprise d'une largeur allant jusqu'à 15 mètres par endroit, ce qui sème le doute quant aux intentions du propriétaire des lieux. Ça ressemble étrangement au début d'un chemin, donc on ne comprend pas comment tout ça, s’arrime, dit Michel Allen.
Ce constat inquiète les citoyens qui rappellent que selon le schéma d'aménagement et d'occupation du territoire de la MRC Memphrémagog, la construction de nouveau chemin est strictement balisée. Le règlement dit qu'on ne peut pas ouvrir de nouvelles rues dans certains secteurs, à moins que ce ne soit à des fins de sécurité publique ou pour boucler des développements existants. Alors est-ce qu'on est dans cette perspective-là? Peut-être, mais actuellement, le projet de la ligne électrique ne concerne pas cela, indique la mairesse Lisette Maillé.
Steven Patterson ne s'en cache pas, il a effectivement le projet de construire un chemin. Est-ce que je souhaiterais qu’à terme, l’ouverture de ce passage sur cette ligne Hydro-Québec soit aussi l’emprise qui sera utilisée pour cette fameuse sortie d'urgence? Absolument. C’est une option qu’on proposera à la municipalité au cours des prochaines semaines, explique-t-il.


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