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Le département des Ressources naturelles de l’Alaska a donné son approbation préliminaire pour la construction d’un centre de données qui soulève de vives critiques.
Le projet de Stak Energy serait situé à 42 km au sud de Deadhorse, près de Prudhoe Bay. Alimenté au gaz naturel, il produirait plus de 3 gigawatts d’énergie, soit l’équivalent de la demande de consommation énergétique de 2 millions de ménages.
Selon John Boyle, responsable de la stratégie chez Stak Energy, il s'agit d'ériger un campus alimenté en énergie autonome pour approvisionner en électricité les entreprises du secteur des données désirant se brancher.
L’isolement du site est un atout, dit-il, car on n’y rencontre pas les mêmes contraintes d’accès aux terrains et à l’eau que dans le Sud.
Effectivement, il y a une opposition croissante tant aux États-Unis qu’au Canada contre les centres de données, en raison notamment de leur consommation d’énergie et d’eau utilisée pour refroidir leurs systèmes.
Stak Energy s’attend à ce que les conditions climatiques du nord contribuent à refroidir naturellement son installation, ce qui réduira la consommation d’eau, affirme John Boyle.
Nous menons ce projet dans une région isolée, loin de toute collectivité établie. Nous ne sommes pas en concurrence avec l’agriculture ou d’autres grands consommateurs d’eau.
Dans sa décision, le Département affirme que le projet, dont la superficie s'étendrait sur 289 hectares, ne devrait pas avoir de répercussions sur la masse d’eau environnante. Stak Energy souhaite signer un bail de 50 ans.
Des préoccupations écologiques
La communauté Iñupiat d’Utqiagvik située à environ 30 km du site proposé s'inquiète des répercussions écologiques. D'après la famille de Sonny Ahkivgak, qui a toujours habité dans cette région, les effets du centre de données sur l’environnement du versant nord ne sont pas vraiment bien compris.
Nos territoires sont considérés comme étant en friche, alors nos communautés peuvent servir de cobayes pour ces technologies novatrices et le développement industriel, affirme-t-elle.
Sonny Ahkivgak fait également partie du Native Movement, un collectif engagé dans la défense des droits des peuples autochtones d’Alaska : L’industrie de l’intelligence artificielle n’est qu’une autre forme d’extractivisme et de colonialisme.
Selon sa perspective, un territoire ne se résume pas à une accumulation de ressources à exploiter, mais plutôt à ce qui anime les communautés.
Nous souhaitons voir des collectivités en bonne santé et un environnement sain.
Jennifer Hyde est la coordinatrice des relations avec le gouvernement fédéral pour l’Alaska Centre, une organisation à but non lucratif qui œuvre pour la défense de l’environnement et l’engagement civique.
Elle s’inquiète du volume de gaz naturel requis pour alimenter le centre de données et de la chaleur produite, qui pourrait entraîner la création d’un microclimat.
Le bruit, la pollution lumineuse, la construction d’une route et d’un pipeline pourraient tous nuire aux espèces locales, avance-t-elle.
J’imagine que le stress provenant de ce genre d'environnement aurait des conséquences sur leurs activités de survie.
John Boyle, de Stak Energy, affirme que l’entreprise sera socialement responsable et respectera les règlements. Par exemple, le site serait construit sur un lit de gravier pour préserver la toundra et le pergélisol.
On croit sincèrement que notre projet peut coexister avec la flore et la faune que l’on trouve sur le versant nord, affirme-t-il.
D'après un texte (nouvelle fenêtre) de Julien Greene


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