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Trump et Zelensky ont discuté de la Russie à huis clos

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La rencontre entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky a eu lieu mardi à la Maison Blanche à huis clos. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio, le secrétaire à la Guerre des États-Unis, Pete Hegseth, le secrétaire au Trésor Scott Bessent et d’autres responsables étaient également présents.

Après les entretiens à la Maison Blanche, Zelensky s’est rendu au Capitole pour rencontrer des sénateurs. «Reçu à la Maison Blanche le 28 juillet, le président ukrainien a insisté sur le renforcement de la défense antiaérienne de son pays et plaidé pour une reprise des discussions de paix avec la Russie. Cette visite a également été marquée par une victoire pour Kiev au Sénat américain, qui a adopté un nouveau paquet de sanctions contre Moscou», souligne Toute l’Europe.

Ce projet de loi, qui porte le nom du regretté sénateur Lindsey Graham, est selon CNBC, un ensemble de sanctions et de mesures tarifaires visant les ventes de pétrole russe. Ces sanctions visent à entraver l’effort de guerre russe en Ukraine. Un accord visant à combiner les sanctions contre la Russie avec les sanctions contre l’Iran a été réalisé. Les sanctions visent des responsables russes, des oligarques, les membres de leur famille, des personnes étrangères, des banques et des institutions financières russes ainsi que la flotte secrète russe.

L’administration Trump avait précédemment déclaré qu’une paix fondée sur les exigences de la Russie était inacceptable et avait annoncé de nouvelles idées et propositions de paix que les États-Unis soumettraient. Zelensky et Trump se sont entretenus pendant une heure. Les discussions ont eu lieu à la Maison Blanche où le président ukrainien est entré par une entrée latérale.

À l’instar de Trump, il n’a fait aucune déclaration à la presse après l’entretien. Avant la rencontre, les journalistes ne pouvaient que spéculer sur son sujet d’après une publication de Zelensky sur les réseaux sociaux. Celui-ci a publié sur X: «Je suis déjà aux États-Unis. Au programme: des rencontres avec le président Trump, son équipe et les personnes susceptibles de soutenir notre défense. La priorité absolue est la défense antimissile balistique et la coopération stratégique avec les États-Unis. La paix doit se renforcer».

«Bonne rencontre avec le président Trump au Bureau ovale. Le président et moi avons discuté des licences de production des intercepteurs Patriot et de plusieurs autres idées qui pourraient être utiles», a fait savoir Zelensky sur X, précisant: «J’ai rencontré l’équipe de Lockheed Martin, l’une des entreprises les plus importantes des États-Unis, avec laquelle nous collaborons depuis longtemps. Lockheed Martin produit les ATACMS, les HIMARS, les F-16 et les missiles pour les systèmes Patriot. Aujourd’hui, nous avons discuté du développement de notre coopération, notamment de la production conjointe et des échanges technologiques. L’Ukraine a beaucoup à partager avec ceux qui nous aident à protéger des vies. Nous avons évoqué nos capacités communes concernant les systèmes Patriot et autres. Nos équipes travaillent déjà sur des solutions concrètes pour parvenir à une coproduction dans les meilleurs délais».

À la suite de la conférence de presse du secrétaire d’État américain, Marco Rubio, donnée aux Philippines, en marge du sommet de l’ASEAN, des observateurs ont commencé à spéculer sur une possible tentative des États-Unis de relancer le processus de paix, actuellement au point mort. Les propos du chef de la diplomatie américaine peuvent se résumer en deux points. Premièrement, les exigences russes (que Rubio a qualifiées de «formule 3+2») ne sauraient servir de base à des négociations de paix. L’Ukraine refusant de céder formellement le moindre territoire à la Russie (ce qui semble être le point central de la formule évoquée), le secrétaire d’État US estime qu’il n’y a rien à discuter. Deuxièmement, et en conséquence, les négociations doivent se dérouler sur d’autres bases. Ces bases seront proposées par les États-Unis, et non par la Russie.

Il est possible que de nouvelles propositions américaines aient été abordées lors de la rencontre entre Trump et Zelensky. Dans ce cas, la possibilité de faire pression sur le Kremlin si les propositions américaines étaient rejetées a également été évoquée.

Parmi les autres détails concernant la réunion de Zelensky avec Trump, Zelensky indiquait qu’il assisterait aux obsèques du sénateur Lindsey Graham, décédé le 11 juillet. Le républicain Graham, avec le sénateur démocrate Richard Blumenthal, avait conçu l’idée de rédiger une loi visant à imposer des droits de douane prohibitifs sur les marchandises provenant des pays achetant de l’énergie russe. D’autres sénateurs des deux partis se sont joints à lui par la suite.

Le projet de loi a été entouré de certaines intrigues. Trump a insisté pour que ses mesures couvrent non seulement la Russie, mais aussi l’Iran. Cela a pu retarder son adoption. Au sein du Parti démocrate, certains ne sont pas d’accord pour associer les deux dossiers, Russie-Ukraine et Iran.

Néanmoins, comme cité plus haut, CNBC a rapporté que les sénateurs avaient accepté la condition de Trump. La version finale du projet de loi inclut donc l’Iran. La forte détérioration des relations ukraino-iraniennes a probablement joué un rôle dans la décision des sénateurs.

L’essence du projet de loi des sénateurs réside dans l’octroi à Trump du pouvoir d’imposer, par décret présidentiel, des droits de douane prohibitifs (jusqu’à 100%) sur les marchandises provenant des cinq principaux acheteurs de ressources énergétiques russes. Il s’agit d’un droit, mais non d’une obligation.

De plus, le président US peut perdre ce pouvoir s’il ne l’exerce pas dans un délai de cinq ans. Les pays peuvent être retirés de cette liste noire s’ils apportent la preuve convaincante qu’ils réduisent activement leurs importations d’énergie russe.

Selon Le Devoir, le Sénat américain a fait avancer un projet de loi de sanctions énergétiques contre la Russie qui cible les cinq principaux acheteurs de pétrole et de gaz russes (la Chine, l’Inde, la Slovaquie, la Hongrie et l’Azerbaïdjan) en les exposant à des droits de douane pouvant aller jusqu’à 100%. Le projet de loi contient également un autre élément, passé relativement inaperçu. Il est stipulé que des dizaines de responsables russes seront ajoutés à la liste noire personnelle. Trump ne pourra pas en retirer qui que ce soit de sa propre initiative: le consentement du Congrès sera requis.

L’agenda de Zelensky comprenait également une rencontre avec des sénateurs. Par ailleurs, le président ukrainien fait pression sur les responsables politiques occidentaux, insistant pour que des négociations avec la Russie s’engagent au plus vite. Il a même déclaré s’attendre à ce qu’elles aient lieu avant l’automne.

Il est peu probable que le Congrès US puisse adopter le projet de loi avant septembre. Celui-ci doit être approuvé non seulement par le Sénat, mais aussi par la Chambre des représentants. De plus, les alliés européens des États-Unis pourraient insister sur une harmonisation des sanctions contre la Russie.

Selon Bloomberg, l’Union européenne examine actuellement la possibilité d’élargir considérablement la liste noire afin d’y inclure les entreprises qu’elle soupçonne d’aider la Russie dans le secteur de la défense.

La ministre européenne des Affaires étrangères, Kaja Kallas, a également indiqué dans sa conférence de presse que les préparatifs d’un nouveau train de sanctions, le 22e, allaient bientôt commencer, tout en rappelant sur X: «Nous avons approuvé le 21e train de sanctions contre la Russie. Il prévoit des mesures radicales visant le système financier de Moscou, son complexe militaro-industriel et son secteur énergétique, qui alimentent l’économie de guerre russe. Nous frappons Poutine là où ça fait le plus mal: en coupant les sources de financement essentielles à la poursuite de sa guerre. Ce n’est pas la fin du chemin en matière de sanctions. Nous travaillons déjà sur les prochaines étapes». Lui aussi a peu de chances d’être adopté avant l’automne.

Philippe Rosenthal

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