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Trompe-l’œil et fil à retordre

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Le Néerlandais Leon Keer se charge de vous accueillir chez Mazel actuellement, en tout cas au rez-de-chaussée avec deux œuvres sur panneau de bois. Les illusions d'un carton et d'un vase dans une caisse de bois sont parfaites et donnent le ton d'une exposition ludique, légère mais toujours étonnante.

Vue de l'exposition "Illusion, avec des oeuvres d'Alfred Cheng, à gauche, et de Leon Keer.Vue de l'exposition "Illusion", avec des oeuvres d'Alfred Cheng, à gauche, et de Leon Keer. ©Jean Bernard

Comme souvent chez Mazel, les artistes viennent du street-art et Keer (°1980) n'y déroge pas. Il a déjà laissé son empreinte aux quatre coins du monde. Et au premier étage, on retrouve encore deux grands sachets, plus vrais que nature, l'un rempli de voitures d'urgence, l'autre de matériel médical de premier secours, ainsi qu'un tableau de bois avec le kit du parfait cambrioleur, avec un décor typiquement hollandais.

D'actualité…

Des pièces bluffantes de réalisme, comme encore ce Stratego géant ne comptant que deux tours, l'une américaine, l'autre, chinoise.

Quand Matisse sculptait la couleur et la lumière

Le trompe-l'œil se poursuit avec l'artiste grec Insane 51 (°1992). Des lunettes géantes 3D, un verre cyan, l'autre magenta, permettent tour à tour de voir chacun des éléments d'une peinture en rouge et bleu, soit le visage en chair, soit le crâne. On rentre donc littéralement au plus profond du personnage. Une petite paire de lunettes sera vendue avec les œuvres de l'artiste. "Mon frère Edouard et moi avons découvert cet artiste sur les réseaux sociaux, avant de le rencontrer voici deux ans à la Urban Art Fair de Paris", explique Laura Mazel. "Nous sommes très heureux de le présenter ici, avec ce travail à l'acrylique et bombe aérosol, qui réinvente les vanités."

Quant au Hongkongais Alfred Cheng, il nous subjugue toujours autant. Ce qu'il est capable de réaliser avec un simple fil noir, un seul, et des clous, beaucoup de clous, énormément de clous, nous épate. Surtout de la part de quelqu'un qui ne savait ni dessiner ni peindre… Il s'aide bien sûr d'un algorithme qu'il a mis au point, qui lui indique combien de fois il doit passer de tel à tel clou afin qu'au final, un enfant sur une échelle, un autre accroupi dans une cache, un rhinocéros ou un zèbre dans la savane, finissent par apparaître. Depuis le dernier accrochage aux cimaises de la galerie, il a encore perfectionné sa technique, ajoutant ces éléments de décors, de contexte, proposant donc plus de profondeur. Les œuvres de Cheng évoquent la fragilité : de l'enfance, de la faune sauvage…

On s'y engouffrerait…

Originaire de Pologne et vivant à Hambourg, 1010 (Tenten) vient du Op-art. Rare en galerie, ce fresquiste est présent chez Mazel avec deux techniques ; d'une part, les découpages qu'il vient ensuite ombrer à la bombe, donnant à voir un gouffre, ou, plus prosaïquement, le pavillon d'une oreille agrandi des dizaines de fois. Ces ombrages donnent toute la perspective aux œuvres en deux dimensions. Et d'autre part, que dire du travail, plus récent, pour lequel il a fallu une année de mise au point, soit un dessin digital retravaillé avec un imprimeur suisse sur une plaque d'aluminium lenticulaire, accentuant les cavités, alors qu'on est face à une feuille de papier extrêmement fine. "Dans un couloir ou une entrée, ce genre d'œuvres est tout à fait impressionnante", poursuit Laura Mazel. Et même dans une grande pièce, comme ce 2e niveau de la galerie… Placé, comme c'est le cas, dans une caisse américaine, on cherche toujours à voir ce qu'il y a derrière le dessin… en vain évidemment.

Bond Truluv, "Wavin I", 2026, acrylique et aérosol sur toile, 100x100 cm + QR code.Bond Truluv, "Wavin I", 2026, acrylique et aérosol sur toile, 100x100 cm + QR code. ©Jean Bernard

On terminera par l'Allemand Bond Truluv (°1981). Formé à l'université des Beaux-Arts de Yogyakarta, Indonésie, lui aussi fresquiste, il propose chez Mazel des œuvres plutôt géométriques dans lesquelles il laisse apparaître un élément figuratif, souvent un animal. Un QR Code à scanner permet au spectateur de prolonger le plaisir par une petite animation sur le portable ou la tablette. Une musique originale y est également à entendre. Il joue surtout sur les codes architecturaux, ajoute des éléments de matière, comme le marbre des bustes ou des colonnes antiques. Il travaille à la bombe, aux pinceaux.

Truluv surfe sur plusieurs univers… Comme ses quatre comparses exposés actuellement.

Illusion

Collectif Galerie Mazel, 22, rue Capitaine Crespel, 1050 Bruxelles https://mazelgalerie.com/Quand Jusqu'au 23 mai, du mardi au vendredi de 10h à 18h et le samedi de 14h à 18h et sur rv.

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