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Toutes les marines du monde ont abandonné le canon électromagnétique en mer : ces images satellite d’un destroyer chinois posent un sérieux problème

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Un destroyer photographié par satellite avec une tourelle hors norme sur le pont. Des conteneurs d’alimentation disposés en rangée sur le flanc. Des dimensions qui ne correspondent à aucun canon conventionnel répertorié dans l’arsenal de la marine chinoise. Les images analysées par le Centre for Strategic and International Studies (CSIS) en 2025 relancent une question que beaucoup pensaient réglée : la Chine serait-elle en train de mettre au point, à bord d’un navire de guerre opérationnel, ce que les États-Unis, la Russie et la Grande-Bretagne ont tous abandonné ?

À retenir

  • Des images satellite de 2025 montrent un destroyer chinois équipé d’une tourelle géante dont les dimensions dépassent tous les canons conventionnels répertoriés
  • La Chine n’a jamais vraiment arrêté son programme de railgun naval, contrairement à l’Occident qui a investi des centaines de millions de dollars en vain
  • Le Japon a réussi ce que personne n’avait pu accomplir : un tir de railgun opérationnel depuis un navire de guerre avec résultats documentés

Sommaire

  1. L’abandon occidental : 500 millions de dollars et rien dans l’eau
  2. Les images qui posent problème
  3. Le Japon a réussi là où tous ont échoué
  4. Rebond américain, course silencieuse

L’abandon occidental : 500 millions de dollars et rien dans l’eau

Le canon électromagnétique, le railgun, est une idée vieille d’un siècle. Les designs de ce type d’arme existent depuis la Première Guerre mondiale, quand André Louis Octave Fauchon-Villeplee conçut un premier canon électrique en 1918. Les Français ne parvinrent pas à le faire fonctionner. Plus d’un siècle plus tard, l’US Navy a connu exactement le même sort. La marine américaine a investi 500 millions de dollars dans un railgun Mach 7 qui n’a jamais été déployé. Les problèmes d’alimentation, d’usure des rails, et l’essor des missiles hypersoniques chinois ont eu raison du programme.

En juillet 2021, l’US Navy a officiellement annoncé le retrait des financements du railgun électromagnétique pour les réorienter vers des missiles hypersoniques et d’autres armes de haute technologie. Le programme, lancé en 2005, était censé propulser des projectiles à Mach 7 sur une portée de 100 milles nautiques sans poudre ni explosif. Après plus de 15 ans de développement, il n’a jamais été intégré à un navire. La Grande-Bretagne, la Russie, l’Allemagne : tous ont rebroussé chemin face aux mêmes obstacles techniques. Les principales difficultés restent la chaleur extrême et les contraintes physiques causant une érosion rapide des rails de lancement, deux problèmes jugés insurmontables pour une utilisation navale prolongée.

Le problème fondamental est électrique. Le principe du railgun est relativement simple, mais depuis sa première conception, le défi central est d’obtenir suffisamment d’énergie pour lancer un projectile de façon contrôlée et fiable. Un railgun peut nécessiter des millions d’ampères pour créer le champ magnétique requis. Pour un navire de guerre, cela implique une révolution complète des systèmes de propulsion et de stockage d’énergie. Les variantes futures du Type 055 chinois pourraient théoriquement être armées de lasers ou de railguns électromagnétiques, mais la conception actuelle ne dispose pas d’une propulsion électrique intégrée, et une telle installation serait indispensable pour répondre aux besoins en puissance de ces armes.

Les images qui posent problème

C’est là que les images satellite analysées par le CSIS en 2025 changent radicalement le débat. Un navire de la marine chinoise, dont le profil évoque un destroyer de grand tonnage de type militaire, y apparaît équipé d’une tourelle dont le volume dépasse largement celui des canons conventionnels en service dans la PLAN. La Chine développe des railguns pour usage naval depuis plusieurs années. Un prototype monté dans une grande tourelle était déjà apparu sur un navire de la PLAN en 2018, mais le statut actuel du programme reste flou. Il est possible que le travail actuel sur un canon naval conventionnel de 155 mm soit, au moins en partie, une couverture face aux difficultés rencontrées avec les railguns.

Le précédent de 2018 avait déjà soulevé des questions. Si cela se confirmait, cela aurait constitué la première fois qu’une nation installait réellement un système de canon électromagnétique sur un navire, même à des fins de tests, représentant un développement majeur pour l’armée chinoise. Les images montraient le navire de débarquement Haiyang Shan avec une nouvelle tourelle massive installée à la proue. Ce qui ressort des analyses de 2025, c’est qu’il ne s’agirait plus d’un navire de transport de troupes utilisé comme banc de test, mais d’un bâtiment de combat appartenant à une classe autrement plus redoutable.

Le Type 055 chinois est une classe de destroyers furtifs à missiles guidés construits pour la marine de l’APL. Sa conception multi-missions lui confère un rôle principal de défense aérienne de zone, avec des capacités de lutte anti-sous-marine supérieures aux précédents navires de surface chinois. Il conduit des missions expéditionnaires en eaux profondes et forme l’escorte principale des porte-avions chinois. Un tel navire doté d’un railgun opérationnel ne serait plus un prototype de laboratoire : ce serait une arme de frappe de haute mer.

Le Japon a réussi là où tous ont échoué

Pour saisir l’importance stratégique de ce qui se joue, un détour par Tokyo s’impose. Le Japon a réalisé en 2025 un test inédit en tirant un railgun monté sur un navire de guerre contre un vrai bâtiment-cible. L’agence d’acquisition et de logistique japonaise (ATLA) a confirmé que le test s’est déroulé à bord du navire expérimental JS Asuka, avec le soutien de la JMSDF. Selon l’ATLA, la campagne de tirs a eu lieu entre juin et début juillet. L’arme a réussi des tirs longue portée et atteint avec précision le navire-cible.

Malgré le fait que l’US Navy ait abandonné ses efforts après près de deux décennies de recherche et développement, l’arme futuriste dont rêvaient les planificateurs militaires américains pourrait finalement entrer en combat naval, simplement depuis la proue d’un navire de guerre japonais plutôt qu’américain. Le système japonais, un calibre de 40 mm, a atteint une vitesse hypersonique de 2 297 mètres par seconde, soit près de Mach 7, dépassant les 1 750 mètres par seconde d’un canon de char, le système d’artillerie conventionnel le plus rapide. Résultat concret, documenté, photographié.

La différence d’approche entre Tokyo et Washington est instructive. Le Japon semble avoir bénéficié de années de recherche militaire américaine. De plus, réussi à contourner la « vallée de la mort » entre la R&D et le déploiement qui a condamné le programme de railgun de l’US Navy. Là où les Américains visaient un canon de gros calibre pour remplacer l’artillerie lourde, les programmes japonais, français et chinois se sont tous orientés vers des munitions de calibres beaucoup plus petits. Moins de puissance brute, plus de cadence de tir et de robustesse mécanique.

Rebond américain, course silencieuse

L’histoire ne s’arrête pas là. Pendant que la Chine teste discrètement sur ses destroyers et que le Japon affiche ses succès, Washington a discrètement rallumé la bougie. Après l’abandon officiel du programme en 2021 suite à un investissement de 500 millions de dollars, des révélations récentes confirment que le Naval Surface Warfare Center de Dahlgren a repris des essais de tirs réels à White Sands Missile Range en février 2025. La marine avait mis en veille son effort railgun au début des années 2020, au moins publiquement, après que des travaux prometteurs s’étaient heurtés à des obstacles techniques. Un railgun est désormais prévu comme élément central des futurs « cuirassés » de classe Trump.

Ces tirs de 2025, réalisés dans le cadre du Joint Hypersonics Transition Office, ne visaient pas forcément à relancer un programme naval. Le railgun utilise de puissants courants électriques pour accélérer des projectiles métalliques à des vitesses approchant Mach 6 et 7. Bien que l’US Navy ait autrefois envisagé les railguns comme solution pour les navires, les derniers tests suggèrent que la technologie trouve désormais un nouveau rôle comme outil de recherche pour les armes hypersoniques.

Le paradoxe est saisissant : General Atomics proposait en novembre 2025 des railguns pour le programme « Golden Dome » et la défense de Guam, une technologie présentée comme solution anti-missiles révolutionnaire. Une arme abandonnée comme « pas mûre » en 2021 ressurgit, quatre ans plus tard, au cœur des projets de défense les plus ambitieux du Pentagone. Le contexte a changé : le DF-17 hypersonique chinois est conçu pour contourner les défenses antimissiles et frapper les bases américaines dans le Pacifique occidental, et la Chine dispose d’environ 1 300 missiles balistiques à portée intermédiaire capables de frapper n’importe quel point du Japon.

Ce que révèlent les images satellite d’un destroyer chinois en 2025, c’est moins la certitude d’un railgun opérationnel que la confirmation d’une course technologique qui n’a jamais vraiment cessé. Certaines publications chinoises ont suggéré que de futures variantes du Type 055 pourraient adopter une propulsion électrique intégrée, ce qui pourrait fournir une puissance suffisante pour des armes à haute énergie telles que des lasers ou des railguns. Le vrai problème posé par ces images n’est pas de savoir si le canon fonctionne aujourd’hui : c’est que la Chine semble être la seule puissance mondiale à avoir maintenu un programme continu, sur navire de combat, sans jamais l’interrompre officiellement. Pendant que ses concurrents abandonnaient, elle continuait.

Sources : forum-militaire.fr | meta-defense.fr

Yohan D

Rédigé par Yohan D

Vulgarisateur scientifique depuis plus de dix ans, je m’intéresse à la géographie, aux technologies et à l’environnement. J’espère attirer votre attention sur des sujets captivants !

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