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"Toilette de chat" : les refuges en montagne inquiets d'un manque d'eau, voici comment ils s'adaptent à la sécheresse

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Les refuges en montagne sont en première loge du réchauffement climatique. Et la demande en eau est un sujet extrêmement sensible.

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Un alpiniste est assis au refuge de la Selle dans le massif des Ecrins à Saint-Christophe-en-Oisans, le 8 juillet 2025.


Un alpiniste est assis au refuge de la Selle dans le massif des Ecrins à Saint-Christophe-en-Oisans, le 8 juillet 2025. (©JEFF PACHOUD / AFP)

Par Rédaction Actu Publié le 21 juin 2026 à 5h32

Ni source, ni rivière, ni lac, et une fréquentation en plein boom : au refuge de montagne du Parmelan (Haute-Savoie), la vaisselle se fait à l’eau de pluie et, réchauffement climatique oblige, « chaque litre compte ». Pour ne pas tomber en panne sèche et éviter une fermeture anticipée malgré les fortes chaleurs, cette bâtisse du XIXᵉ siècle posée à 1 800 m d’altitude au sommet d’un massif karstique qui ne retient pas l’eau, ne peut compter que sur son ingénieux système de collecte des pluies tombant sur son toit. L’eau est ensuite stockée dans des cuves d’une capacité de 15 m³, soit six semaines de réserve, filtrée puis dirigée vers l’unique robinet du lieu, dans la cuisine, auquel seul le personnel a accès.

Demande forte en eau

Le refuge, doté de 49 couchages, réalise 3 000 nuitées sur sa période d’ouverture de mai à octobre, sans compter d’innombrables trailers et bivouaqueurs pour cette promenade populaire et très accessible depuis Annecy. La demande d’eau est donc forte les jours de chaleur et d’affluence.

Pourtant, les toilettes sont sèches et il n’y a ni douches, ni robinet pour remplir sa gourde ni même se laver les mains. Quant à l’eau de table, livrée en début de saison par hélicoptère, elle coûte 4 euros la bouteille, explique patiemment le gardien Mathis Graham à chaque nouvel arrivant.

Pour l’heure, les stocks d’eau, indispensables pour la plonge ou le ménage, sont satisfaisants. 

Mais Mathis Graham se souvient avec émotion avoir frôlé la fermeture lors de l’exceptionnelle sécheresse de 2022. Cela s’est joué à cinq jours près : « Plus d’eau, plus de vie, plus de refuge. Et donc on aurait fermé le temps qu’il pleuve ». 

Depuis, il garde l’œil sur le niveau de ses cuves et les tient sous clé : « Chaque litre compte, bien sûr. C’est très important, et c’est en fin de saison qu’on s’en rend compte, que chaque litre a compté, qu’il nous les fallait tous », souligne-t-il.

Sobriété

Le cas du Parmelan peut paraître « extrême » mais il n’est pas unique parmi les 120 bâtiments gérés par la FFCAM (Fédération française des clubs alpins et de montagne), souligne Maria Isabel Le Meur, directrice en charge des refuges et chalets.

La montagne est aux premières loges du réchauffement climatique et plusieurs refuges d’altitude ont dû fermer prématurément leurs portes ces dernières années faute d’eau, rappelle-t-elle. La « claque » de la sécheresse de 2022 a convaincu la Fédération de « réorienter ses choix en termes d’usage de l’eau de façon très prononcée », explique-t-elle.

Pour la rénovation en cours du refuge de la Lavey dans le massif des Écrins (Isère), et bien qu’une source soit disponible, le choix a ainsi été fait de ne proposer ni toilettes à eau, ni douches, les randonneurs étant invités à se contenter d' »une toilette de chat » en cabines lavabos.

Cela « compte beaucoup »

Cette réduction « n’a l’air de rien mais compte beaucoup » à l’échelle du refuge et a également permis l’installation d’une filière de phytoépuration, de traitement des eaux usées avec des plantes et bactéries, plus vertueuse que l’ancien système, souligne Maria Isabel Le Meur. 

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    Au final, la consommation sera limitée à 15-20 litres par personne et par jour, tous usages compris, contre 149 litres en moyenne en France.

    Ces choix de sobriété ne sont pas toujours bien acceptés du public-cible malgré les trésors de pédagogie déployés par les gardiens, reconnaît-elle, car « en France, finalement, le sujet du manque d’eau est nouveau » et « la prise de conscience collective n’est pas si évidente ».

    La FFCAM espère aussi contribuer à faire évoluer la législation « atypique » qui restreint drastiquement les possibilités d’usage de l’eau de pluie en France, contrairement à l’Espagne, sujette depuis plus longtemps aux sécheresses. La France a longtemps été « mieux lotie » que sa voisine, reconnaît Maria Isabel Le Meur, mais « les évolutions réglementaires se font aussi à coup de crise. »

    Source : AFP.

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