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Le Festival du Voyageur est une fête hivernale qui célèbre le patrimoine culturel manitobain. Pendant une dizaine de jours, les festivaliers portent une ceinture fléchée aux motifs et couleurs différentes. Cet élément vestimentaire important leur permet de célébrer les Voyageurs du 19e siècle. Mais d’où vient cet accessoire?
Traditionnellement confectionnée en laine et tissée aux doigts, suivant un motif de zigzag coloré, la ceinture fléchée ou encore ceinture métisse ou du Voyageur apparaît dans les années 1770.
Pendant la traite des fourrures, elle servait principalement à garder le manteau fermé, à porter un bébé sur la hanche, à prévenir contre les douleurs lombaires ou de garrot médical. Trois communautés revendiquent encore l’origine de ces ceintures, notamment les Franco-Canadiens, les Autochtones et les Métis.
Tisser ses racines
L’histoire de la ceinture fléchée reste fascinante et me permet de me reconnecter à mes origines, affirme Julie Allard, artisane métisse de la ceinture fléchée.
Même si, plus jeune, elle était éloignée de sa culture métisse, Julie Allard garde encore en elle de précieux souvenirs d’enfance de ses premiers festivals du voyageur.
Comme enfant, je me souviens qu’il y avait une énorme boîte à notre sous-sol remplie de vêtements et d’objets pour le Festival du Voyageur : des tuques, des jupes, des vestes en cuir, des mocassins et, bien sûr, des ceintures fléchées. On les portait à l’école pendant la semaine du Festival du Voyageur et durant nos randonnées au parc du Voyageur, raconte-t-elle.
Retour aux sources
À l’âge adulte, Julie Allard décide de renouer avec ses racines.
Tour à tour, elle apprend le perlage, la fabrication des mocassins ou encore le jeu du violon. Son amour pour le tissage naît en 2021.
Après la pandémie, Julie Allard met sur pied un projet de tissage des ceintures fléchées qui lui a permis d’apprendre un peu plus sur sa culture métisse.
J’avais besoin de me réapproprier ma culture. Avant, on n'avait pas le droit d’affirmer qu’on est métisse. C’est pour ça que j’ai décidé de me lancer dans la fabrication des ceintures fléchées, affirme-t-elle.
En l'espace de 5 ans, Julie Allard a déjà fabriqué une cinquantaine de ceintures fléchées qu’elle vend à des particuliers et à des organismes.
Tisser une ceinture fléchée me donne la sensation d’être reconnectée à mes ancêtres, je me retrouve et je me sens apaisée.
La transmission du savoir
Depuis 2021, Julie Allard enseigne l'art de la fabrication des ceintures fléchées à sa communauté.
Maintenant que j’ai appris à tisser des ceintures fléchées, j’ai un devoir et une responsabilité de le partager avec les autres, affirme-t-elle.
Entre janvier et février 2026, Julie Allard a offert quatre ateliers de tissage de ceintures fléchées à l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba (UNMSJM).
L'artisane métisse est aussi déterminée à léguer son héritage culturel à ses trois enfants. Chaque année, la famille fait partie des fidèles festivaliers qu’on retrouve sur le site.
J’ai appris à mes enfants à fabriquer des ceintures fléchées parce que je veux qu’ils apprennent c’est quoi être Métis et pour qu’ils restent connectés à leur culture, confie Julie Allard.
Vivre le Festival du Voyageur est important pour moi, car il nous plonge dans l’époque de la traite des fourrures. C’est une occasion de voir, d'entendre, de toucher et de sentir ce que nos ancêtres ont vécu et de mieux comprendre comment ils ont survécu malgré les défis.
Même si l’exercice demande beaucoup de patience, soit environ 30 heures par ceinture et une importante quantité de laine, Julie Allard trouve du plaisir à les fabriquer et à transmettre son savoir aux adultes et aux enfants. Elle organise des ateliers dans des écoles, dont l’École Lagimodière.


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