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Arrivé dans les cuisines de l’Élysée en 1997, nommé second par Jacques Chirac, Guillaume Gomez a côtoyé le couple Chirac pendant 10 ans. Il évoque ses souvenirs de Bernadette Chirac, décédée vendredi.
Charlotte Murat - Hier à 18:35 | mis à jour hier à 19:01 - Temps de lecture :
Lorsque Guillaume Gomez intègre la brigade de l’Élysée en 1997, le couple Chirac vit au palais depuis près de deux ans. Il découvre alors une Première dame qui se comporte comme une véritable maîtresse de maison, régnant sur le fonctionnement de l’Élysée et vérifiant tout jusque dans les moindres détails. « Pour nous, Bernadette Chirac était la patronne. Il n’y avait pas un déjeuner officiel ni un dîner officiel sans qu’elle ne vérifie tout : quelles nappes on mettait, quelle argenterie et quel service de porcelaine allaient être utilisés, les compositions florales et bien sûr les menus. Elle les passait en revue en intégralité avec le chef des cuisines, qui était à l’époque Joël Normand pour savoir d’où venaient tous les produits », se souvient Guillaume Gomez.
Désirant faire rayonner la France à l’étranger à travers son art de la table et sa gastronomie, Bernadette Chirac, également élue locale au conseil général de Corrèze et au conseil municipal de Sarran, sait à quel point ce sujet peut également relever de la politique nationale. « Dans les produits utilisés, nous devions varier les provenances et les faire tourner. En animal politique, Bernadette Chirac savait l’importance que peut avoir un menu pour l’expression des territoires. Pour de la volaille, par exemple, il fallait donc que je prépare en amont deux provenances différentes et que je puisse indiquer le nom du producteur. »
Bernadette Chirac avec la reine Élizabeth II, à l’Élysée, le 11 novembre 1998. « Il n’y avait pas un déjeuner officiel sans qu’elle ne vérifie tout », confie Guillaume Gomez. Photo Sipa/Villard
« Exigeante », « elle avait son caractère »
Nommé second des cuisines de l’Élysée par Jacques Chirac en 2004, Guillaume Gomez est également nommé cette année-là en charge de la cuisine privée du couple Chirac. Dans son dernier ouvrage, À la table du destin (éd. Hors Cadre), il raconte une scène, où, dans un avion de retour d’Asie avec le couple Chirac, Bernadette Chirac lui indique qu’elle va réunir sa famille le lendemain pour la communion de leur petit-fils Martin et lui demande de préparer un gigot de sept heures. « On avait une dizaine d’heures d’avion et on devait atterrir vers 3 ou 4 heures du matin. J’ai donc fait appeler les cuisines par le service militaire de l’avion pour demander que l’on commence la cuisson. »
Était-ce le caprice d’une femme habituée à être servie ? « Non, insiste Guillaume Gomez. Des équipes sont là pour cela, ce n’était qu’un coup de fil à passer. » Quant au caractère froid que l’on prête à l’ancienne locataire de l’Élysée, Guillaume Gomez le réfute également, lui préférant le terme « d’exigence ». « Elle avait son caractère, bien sûr. Je n’étais pas un ami, j’étais son chef de cuisine. Elle avait également reçu une éducation selon laquelle le personnel doit rester à sa place. Je suis donc resté à ma place pendant 10 ans et je garde un excellent souvenir de ces années. Après qu’elle a quitté l’Élysée, je lui ai rendu visite tous les ans. La dernière fois que je l’ai vue, c’était lors du déjeuner organisé pour elle par Brigitte Macron à l’Élysée en 2017. »
Pour rendre hommage à Madame Bernadette CHIRAC, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir en sa mémoire sur le site Libra Memoria.
A ce jour, 31 hommages ont été publiés.


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