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Une étude de Desjardins vient confirmer la vulnérabilité du Saguenay–Lac-Saint-Jean par rapport aux tarifs douaniers américains. L'économie régionale est la plus fortement touchée en raison de l'importance des secteurs de l'aluminium et de la foresterie, même si les impacts sont moins importants que ce qui avait été anticipé.
Les économistes de Desjardins en sont venus à cette conclusion en étudiant notamment les données douanières compilées par les autorités américaines.
L’impact est généralement moins important qu'anticipé en raison du fait que la plupart des produits exportés aux États-Unis par des entreprises québécoises font l'objet d'exemptions en raison de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).
Rappelons que les tarifs sur l'acier et l'aluminium sont à 50 % et qu’ils s’appliquent également à tous les pays. Dans la foresterie, il y a autour de 35 % de droits compensateurs pour le bois d'oeuvre canadien, auxquels se sont ajoutés des tarifs douaniers de 10 %.
Ainsi, certaines économies qui sont basées sur les métaux primaires en font davantage les frais, parce que des tarifs sectoriels ont été imposés.
C’est le cas du Saguenay–Lac-Saint-Jean avec l’aluminium, de l'Abitibi-Témiscamingue avec le cuivre et de la Côte-Nord avec le fer.
Faire de la diversification
L'économiste de Desjardins Maëlle Boulais-Préseault explique que les entreprises qui s'en sont le mieux tirées sont celles qui se sont tournées vers de nouveaux marchés.
Puis ce qu'on remarque, c'est que oui, les grands producteurs, les grands transformateurs rapidement ont pu se tourner vers les marchés européens, par exemple, ou ailleurs au Canada, pour trouver d'autres fournisseurs, mais trouver d'autres acheteurs aussi. Par contre, au Québec, on sait qu'à 98 %, c'est des PME qui vraiment représentent nos entreprises. Puis, pour une PME, reconstituer sa chaîne de production, on sait que c'est un processus qui est coûteux, puis qui prend du temps, a exposé l’économiste.
L’entreprise Dynamic Concept, située dans l'arrondissement de Jonquière, est un bon exemple d’une PME qui avait déjà amorcé une diversification des marchés.

Jean-François Desmeules est vice-président de Dynamic Concept. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Myriam Gauthier
Dynamic Concept, qui se spécialise dans les équipements de coulée d'aluminium, avait déjà ouvert un bureau en France, il y a quatre ans.
Les propriétaires avaient déjà en tête d'ouvrir un bureau aux États-Unis, alors ils ont accéléré le processus.
Parce qu'ils étaient sur cette lancée, ils ont été capables de s'adapter au nouveau contexte économique.
On a de nouveaux contrats aussi, par exemple, en Afrique du Sud, beaucoup en Europe. Donc, grâce à notre bureau en Europe, ça nous permet de faire des équipements pour ce marché-là. Entre autres, les machines qu'on voit ici, ça va être expédié en République tchèque dans les prochaines semaines. Donc, je dirais que c'est notre stratégie de nous implanter en France, avait raconté lors d’une visite de l’usine en janvier dernier le cofondateur de l’entreprise Jean-François Desmeules.
Plus complexe pour le bois
Pour ce qui est de l'industrie forestière, la situation est complexe.
Hormis les plus gros acteurs de l’industrie, comme Domtar, le reste est constitué d’une chaîne d'entreprises interdépendantes. Il leur est donc plus difficile de changer la façon dont elles fonctionnent.
Par exemple, les entrepreneurs forestiers, qui ont quelques machines et quelques employés, peuvent difficilement diversifier leurs marchés.
Selon le directeur général de l'Association québécoise des entrepreneurs forestiers (AQEF), Martin Bouchard, c'est toute la filière qui doit faire un virage vers de nouveaux débouchés. Certaines entreprises n’ont toutefois pas d’autre choix que de délaisser temporairement la foresterie pour assurer leur survie.
Oui, ça peut se faire, mais les possibilités sont limitées. On observe qu'il y a des entrepreneurs chez nous qui vont aller dans d'autres secteurs pour passer la crise, par exemple en construction ou pour aller du côté des mines, etc. Mais, souvent, et malheureusement, ce sont des gens qui risquent de s'éloigner du milieu d'origine. Et à ce moment-là, ce qu'on fait, c'est qu'on contribue à affaiblir la chaîne, a signalé Martin Bouchard.
Le Bloc en appelle à Carney
Sur la scène politique fédérale, le Bloc québécois croit que le gouvernement doit remplir ses promesses.
La situation des tarifs pèse sur les entreprises de la région depuis plusieurs mois. C'est pourquoi le Bloc presse le gouvernement d'agir sur deux fronts.

Le député bloquiste Alexis Brunelle-Duceppe croit que Mark Carney n'a pas livré la marchandise face aux Américains. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Laverdière
Selon le député de Lac-Saint-Jean, Alexis Brunelle-Duceppe, les négociations avec le président américain Donald Trump doivent se faire, mais, en attendant, de l'aide pour les entreprises qui sont en difficulté serait la bienvenue.
Ça prend de l'aide ponctuelle rapidement pour sauver des emplois. Là, on parle de personnes qui risquent de perdre leur emploi à très court terme. Mais rappelez-vous une chose : il y a un an presque jour pour jour, M. Carney a été élu sensiblement sur une seule promesse. M. Carney nous a dit : "C'est moi le héros." Et en avril 2025, il nous a dit : "Votez pour moi, là. Et ce qui va se passer, c'est que cette guerre tarifaire va prendre fin très rapidement", a dénoncé le député bloquiste devant la persistance des tarifs imposés.
Avec Myriam Gauthier


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