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La Garde côtière canadienne a fait le point lundi sur les prochaines étapes de l’enlèvement de l’épave du MSC Baltic III, échoué en pleine tempête hivernale le 15 février 2025 à Cedar Cove, à environ 50 kilomètres à l’ouest de Corner Brook.
Il s’agit de l’un des accidents maritimes les plus marquants survenus au pays au cours de la dernière décennie.
Ce cargo de près de 207 mètres de longueur transportait plus de 1600 tonnes de carburant lorsqu’il est tombé en panne avant de s’échouer violemment sur les rochers, dans une zone reconnue pour ses conditions hostiles.
Les 20 membres d’équipage ont pu être évacués sains et saufs par hélicoptère. Le navire, cependant, est encore sur place et représente toujours un risque pour l’environnement.
Lourdement endommagé, le bâtiment abandonné sera démantelé puis déplacé vers la plage par la firme internationale Resolve Marine, spécialisée dans ce type d’opération. Cette dernière a été choisie par Mediterranean Shipping Company (MSC), propriétaire de l'épave.
Des fissures importantes sur le pont, à bâbord, ainsi que des déformations structurelles ont été observées.

Emilie Broomfield, surintendante d’intervention environnementale et des dangers maritimes à la Garde côtière canadienne.
Photo : Radio-Canada
Lors du point de presse tenu lundi matin, Emilie Broomfield, surintendante d’intervention environnementale et des dangers maritimes à la Garde côtière canadienne, a souligné que d’importants progrès ont été réalisés malgré des conditions météorologiques difficiles.
Lorsque la météo le permet, des inspections quotidiennes des rives ainsi que des survols par drone sont effectués afin de détecter toute trace de pollution. Jusqu’à présent, la contamination se limite à des boules et des taches de goudron retrouvées sur les côtes, ainsi qu’à quelques débris, dit-elle.
À ce jour, 409 conteneurs sur les 472 à bord, dont certains renfermaient des matières dangereuses, ont été retirés. De plus, la totalité du carburant en vrac, soit environ 1700 tonnes, a été pompée en toute sécurité.
Il resterait encore du carburant résiduel, de l’eau contaminée ainsi que 63 conteneurs à bord.
La compagnie suisse MSC devra assumer l’ensemble des coûts liés au naufrage, incluant le nettoyage et le démantèlement de l'épave. Le montant total n’a toutefois pas encore été dévoilé.
Le Canada applique le principe du pollueur-payeur, obligeant les propriétaires à assumer les coûts liés à toute pollution ou à tout danger causés par leur navire.
Une opération d’envergure… et une route à construire

La compagnie Resolve Marine a été sélectionnée par Mediterranean Shipping Company (MSC) pour retirer l'épave de l'eau.
Photo : Resolve Marine
La compagnie Resolve Marine, active dans le domaine depuis 1983, reconnaît l’ampleur du défi. Son chef d’équipe, Todd Schauer, estime que les travaux dureront près d’un an, notamment en raison des conditions climatiques et de la complexité du site.
Nous avons déjà géré des scénarios similaires, mais ici, la météo, la courte saison estivale et le fait de devoir intervenir à la fois sur l’eau et sur terre compliquent considérablement les opérations, explique-t-il.
La première étape consistera à retirer tous les contaminants et matières dangereuses restantes, en collaboration avec les autorités gouvernementales et la Première Nation Qalipu.
Par la suite, une carrière sera aménagée avec l’aide de l’entreprise terre-neuvienne JCL afin de prolonger une route jusqu’au site. Cette infrastructure permettra de transporter les débris de l’épave, les conteneurs et autres matériaux de la plage jusqu’au port de Stephenville pour qu'ils soient recyclés.
Résidents inquiets
Ce projet soulève toutefois des inquiétudes chez certains résidents, notamment en raison de l’impact potentiel sur cet environnement reconnu pour la richesse de sa faune, de sa flore et de ses paysages.
Le député indépendant de Humber-Bay of Islands, Eddie Joyce, croit que la construction de cette route suscitera de vives réactions.
Détruire une partie de Cedar Cove pour construire une route va inévitablement provoquer de la controverse, dit-il. Il doit y avoir des consultations publiques. Les impacts sur le tourisme pourraient être importants, et la population mérite des explications.

Le député indépendant Eddie Joyce. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
Certaines zones seront temporairement inaccessibles pendant les travaux, confirme Todd Schauer.
De son côté, la cheffe de la Première Nation Qalipu, Jenny Brake, se dit satisfaite des consultations menées jusqu’à présent et du plan proposé.
Une fois la route achevée, le démantèlement s’intensifiera. Des extracteurs à chaîne seront utilisés pour tirer les sections du navire vers la plage, avant leur transport par camion.
Le retrait de la proue et du mazout lourd est prévu pour cet été. La fin complète des travaux et du nettoyage est envisagée pour l’été 2027.


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