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Sur les traces du « cannibale de Milwaukee » en passant par la BD

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Dans son documentaire, le réalisateur Olivier Mirguet mêle la réalité de son reportage à Milwaukee sur les traces de Jeffrey Dahmer avec les dessins de Derf Backderf, qui publia en 2012 le roman graphique, Mon ami Dahmer, où il revenait sur son étrange amitié avec le futur serial killer à l’époque du lycée.

Dans son documentaire, le réalisateur Olivier Mirguet mêle la réalité de son reportage à Milwaukee sur les traces de Jeffrey Dahmer avec les dessins de Derf Backderf, qui publia en 2012 le roman graphique, Mon ami Dahmer, où il revenait sur son étrange amitié avec le futur serial killer à l’époque du lycée. Capture d'écran Arte

Sur Arte, le documentaire d’Olivier Mirguet revient sur l’étrange amitié entre le dessinateur Derf Backderf et le tueur en série Jeffrey Dahmer.

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Avec son titre provocateur clignotant comme une enseigne électrique au-dessus d’un bar d’autoroute, on pourrait croire que Le Cannibale de Milwaukee raconte pour la énième fois l’histoire sordide de l’un des plus terrifiants tueurs en série qu’ait connu l’Amérique.

Pourtant, il n’en est rien. Diffusé dans la collection « Faits divers », le passionnant documentaire d’Olivier Mirguet et d’Agnès Pizzini ne cherche pas à revenir sur les 17 meurtres commis par ce serial killer arrêté en 1991 par la police à Milwaukee, dans le Wisconsin. Même si l’histoire de Dahmer, le tueur cannibale, reste une énigme pour les psychiatres, le film d’Olivier Mirguet se concentre sur un autre angle, plus artistique et inattendu. Il se trouve qu’un auteur de comics, Derf Backderf a passé son enfance à Richfield, petite ville de l’Ohio où il a fait la connaissance sur les bancs de l’école de Jeffrey Dahmer, un enfant solitaire au comportement un peu étrange, au début des années 1970.

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Contexte géographique

Le film revient sur la genèse de celui qui deviendra un monstre sanguinaire sous l’apparence banale d’un Américain moyen. C’est la première fois que le dessinateur américain Derf Backderf accepte de revenir autrement que dans son célèbre roman graphique Mon ami Dahmer (paru en 2012, et multiprimé dans le monde) sur son étrange camaraderie lycéenne avec Dahmer, vingt ans avant la révélation de ses crimes atroces. Plus que le portrait de Dahmer, le documentaire dresse celui d’un dessinateur qui tente depuis les années 1990 de vivre avec ce fardeau.

« D’une certaine manière, Dahmer a pris en otage mon histoire personnelle et l’a réécrite », confie Backderf tandis qu’il conduit sa voiture sur les routes bordées d’arbres du Wisconsin. En revenant sur les lieux de cette histoire qui va se muer en tragédie meurtrière, le film donne à voir un contexte géographique lourd de sens. Comme dans une machine à remonter le temps, chaque endroit produit son effet. La maison de Bath, où la police trouve les ossements de la première victime de Dahmer, Steven Hicks, a été rachetée par le musicien Chris Butler, fondateur du groupe The Waitresses dans les années 1980.

« Avec ces deux petites fenêtres dans sa chambre, on peut comprendre que Jeffrey Dahmer ait pu développer une vision très étroite du monde extérieur », analyse Derf Backderf. Les souvenirs affluent lorsque l’auteur passe devant son lycée ou discute avec d’anciens amis qui témoignent après toutes ces années. « Le lycéen qu’était Dahmer avait inventé un personnage qui parlait avec des tics et des spasmes en bougeant comme un épileptique, se souvient le dessinateur. Nous avions formé un fan-club de Dahmer. Nous l’avions accompagné un jour dans un centre commercial où il avait fait devant les gens de fausses crises d’épilepsie. C’est sans doute à ce moment-là que je me suis dit qu’il fallait que je m’éloigne de ce gars-là. »

Après le coup d’éclat du centre commercial, le fan-club de Dahmer se dissout. « Les uns après les autres, ses proches l’ont laissé tomber », précise Backderf, non sans une certaine culpabilité. Dahmer finira assassiné dans sa cellule en 1994. Une question hante encore aujourd’hui l’auteur de Mon ami Dahmer : « Comment mon copain de lycée a-t-il pu devenir ce monstre ? » Le film n’offre pas de réponse définitive, mais donne de sérieuses pistes de réflexion sur la nature humaine. Ce qui n’est déjà pas si mal.

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