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Les entrepreneurs de Windsor en Ontario voient d'un bon oeil les récentes annonces du gouvernement fédéral concernant l'augmentation des dépenses en défense et comptent bien élargir leur champ de compétence pour répondre à la demande.
Avec sa nouvelle Stratégie industrielle de défense, Ottawa souhaite se défaire de sa dépendance au matériel américain et porter à 70 % la part des acquisitions de matériel canadien d’ici 10 ans. Actuellement, environ 75 % des acquisitions du Canada en matière de défense proviennent des États-Unis.
Cette stratégie de 6,6 milliards $ permettra de créer 125 000 nouveaux emplois et accroître les revenus pour les PME canadiennes de plus de 5,1 milliards $ par année.

Jason McMurren est le président du groupe Whitfield.
Photo : Radio-Canada / Acton Clarkin
Jason McMurren est le président du groupe Whitfield, également Fusion Industrial Laser Services, une entreprise spécialisée dans la fabrication de pièces destinées à divers secteurs à l’aide de lasers à haute puissance.
Avec l’annonce d’Ottawa, son groupe envisage un changement d’orientation, indique-t-il, ajoutant qu’actuellement, l’entreprise travaille principalement dans les secteurs minier et automobile.
Nous essayons de faire tout notre possible parce que nous voulons nous développer, nous voulons être en mesure de répondre à pratiquement toutes leurs demandes, confie M. McMurren.

Avec l’annonce du gouvernement fédéral, Fusion Industrial Laser Services est l’une des entreprises qui envisagent de se tourner vers l’industrie pour la défense canadienne.
Photo : Radio-Canada / Ken Amlin
Selon le président, son groupe cherchait depuis longtemps à se lancer dans le secteur de la défense, mais avait été freiné par les formalités administratives.
Compte tenu de la nature sensible de l’industrie de la défense, les entreprises doivent surmonter certains obstacles, soutient Dennis Darby, président des Manufacturiers et Exportateurs du Canada.
Il n’est pas facile de devenir fournisseur du secteur de la défense au Canada, reconnaît également Chris Uszynski, directeur du développement commercial chez Onyx Engineering.
Il ajoute que le processus est fastidieux, coûteux et demande un engagement.
Il faut parfois compter entre cinq et dix ans avant de commencer à voir les premiers résultats dans le secteur de la défense
Malgré tout, M. McMurren croit que l’annonce de la semaine dernière est énorme pour la région de Windsor-Essex.
Profitable à l’industrie automobile?
Dennis Darby croit aussi que les constructeurs automobiles pourraient avoir un avantage dans le secteur de la défense. Cependant, il précise que commencer à produire pour l’industrie de la défense nécessite des préalables.
C’est un peu plus difficile que de dire : "Je fabrique un produit pour l’un des constructeurs automobiles et, maintenant, je vais le fabriquer pour la défense" , explique-t-il.
Vous ne pouvez pas simplement changer de cap, car, selon les règles de la défense, vous devez vraiment retracer l’origine de toutes les pièces, de tous les matériaux et de tous les produits chimiques que vous utilisez.
M. Darby croit que les entreprises de Windsor, comme celle de M. McMurren, qui fabriquent déjà selon les normes incroyablement élevées du secteur automobile, pourraient avoir un avantage.
Tout ce qui concerne l’amélioration continue, le zéro défaut, la traçabilité des pièces, tout cela sera également exigé dans le domaine des achats militaires […], mais à un autre niveau, probablement à un niveau supérieur, affirme-t-il.

Dennis Darby est président de Manufacturiers et Exportateurs du Canada.
Photo : Radio-Canada / Jennifer La Grassa
On parle beaucoup de la façon de sauver l’industrie automobile, reconnaît Gaëlle Rivard Piché, directrice générale de la Conférence des Associations de défense (CDA), l’organisation sectorielle qui représente une quarantaine d’organisations militaires.
Je pense qu’il s’agit peut-être d’explorer comment nous pouvons nous réorienter et réaffecter ces compétences à des chaînes de production destinées au secteur militaire. Je sais qu’on ne peut pas forcément produire nos véhicules militaires sur les mêmes chaînes de production que les voitures, mais je pense que nous avons le potentiel, croit Mme Rivard Piché. Cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais je pense qu’à terme, cela pourrait être une option intéressante.
La directrice générale de la CDA ajoute que le climat autour de la défense du Canada a changé avec l’élection du président américain Donald Trump.
Elle cite par exemple les exigences du président américain envers les alliés pour qu’ils augmentent leurs dépenses militaires et ses commentaires de faire du Canada le 51e État américain.
Avec les informations d’Acton Clarkin, de CBC News


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