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GRAND ENTRETIEN - Le 25 avril, le groupe djihadiste JNIM, affilié à al-Qaida, et des indépendantistes touareg ont mené une offensive d’ampleur au Mali. Selon le professeur d’études africaines, cette attaque fait peser le risque d’un effondrement du régime militaire malien, de l’émergence d’un pouvoir islamiste d’un type nouveau et confirme la marginalisation de la France dans son ancien pré carré sahélien.
Passer la publicité*Stephen Smith est professeur d’études africaines à l’université Duke. Il a notamment co-écrit, avec Ronen Bergman, L’Affaire Ben Barka (Éditions Grasset, 2025).
LE FIGARO. - Le 25 avril, des djihadistes du JNIM et des indépendantistes touareg , ont frappé simultanément plusieurs villes maliennes, de Kidal à Bamako, et assassiné le ministre de la Défense dans sa propre villa. En quatorze ans de conflit au Mali, a-t-on déjà vu une offensive d’une telle envergure ?
STEPHEN SMITH. - Oui, il y a une impression de déjà-vu si l’on se souvient du début du conflit en 2011. Cela faisait alors une décennie que des salafistes algériens, battus chez eux, avaient trouvé refuge dans le grand nord du Mali. À la fin 2011, ils y ont été rejoints par des indépendantistes touareg qui, après la chute de Kadhafi, sont rentrés chez eux avec armes et bagages. Anciens mercenaires du « guide » libyen, ils savaient se battre. Aussi, tout le nord du Mali est-il passé sous le contrôle des séditieux, de plus…


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