Le combat de sa vie. Le comédien brésilien Wagner Moura est ce puncheur-là dans le prétoire devenu ring voulu par sa compatriote Christiane Jatahy. L’acteur si intense de L’Agent secret, film de Kleber Mendonça Filho pour lequel il obtenait, en 2025, le Prix d’interprétation à Cannes, affronte les démons de la démocratie dans Un Procès après l’ennemi du peuple (Ed. Les Solitaires intempestifs). Au Festival d’Avignon jusqu’au 20 juillet – avant la Comédie de Genève au printemps prochain – il vous empoigne, fourrage vos consciences, ne vous lâche plus.
Dans le gymnase du lycée Aubanel, Wagner Moura, 50 ans, incarne le docteur Thomas Stockmann, héros d’Un Ennemi du peuple, ce drame flirtant avec la satire écrit en 1882, le sourire en coin, par le Norvégien Henrik Ibsen. Il est ce pur – trop pur peut-être – qui dénonce l’impureté des eaux de sa ville et celle de son maire, son propre frère, Peter Stockmann, déterminé à cacher cette souillure. Il se dresse seul contre une bourgeoisie vénale qui a beau jeu de mobiliser la population autour de ses intérêts. Ecouter ce fou de Thomas Stockmann, c’est entacher l’image de la cité, pis, saboter son économie. Aux égouts, les emplois! D’un côté, donc, un forcené de la vérité, de l’autre, une clique de chapeaux claques prêts à se jeter sur le rabat-joie.


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