SpaceX vient de déposer son formulaire d’introduction en bourse — et les chiffres donnent le vertige. 18,6 milliards de dollars de revenus en 2025, une valorisation cible proche de 2 000 milliards de dollars, et un Elon Musk qui conserverait 85 % des droits de vote après l’opération. Ce qui pourrait devenir la plus grande IPO de l’histoire révèle aussi une entreprise qui perd 4,3 milliards sur un seul trimestre (pour la bonne cause).
Ce que vous allez apprendre
- Ce que le formulaire S-1 de SpaceX révèle pour la première fois sur ses finances réelles
- Pourquoi Starlink est le vrai moteur de croissance — et où ses limites commencent à apparaître
- Comment cette introduction en bourse transforme SpaceX en holding d’un empire technologique bien plus vaste que le spatial
Le document le plus attendu de Wall Street
Jusqu’ici, les finances de SpaceX relevaient du secret d’État. Entreprise privée, Elon Musk n’avait aucune obligation de les divulguer.
Le formulaire S-1 déposé en vue de l’introduction en bourse change tout. Pour la première fois, investisseurs et observateurs disposent d’une vue claire sur les comptes d’une entreprise qui mêle fusées, satellites, intelligence artificielle et réseaux sociaux sous un même toit.
Ce que ce document révèle est à la hauteur de l’attente — dans tous les sens du terme.
18,6 milliards de revenus, 4,3 milliards de pertes en un trimestre
SpaceX a généré 18,6 milliards de dollars de revenus en 2025, soit une hausse de 33 % par rapport à l’année précédente. Un rythme de croissance que peu d’entreprises de cette taille peuvent afficher.
Mais le document révèle aussi une perte nette de 4,3 milliards de dollars sur le seul premier trimestre 2026. Une grande partie de cette somme s’explique par les investissements dans Starship — le lanceur lourd de nouvelle génération conçu pour les missions lunaires et martiennes — dont le développement a coûté environ 15 milliards de dollars à ce jour.
L’équation est celle de toutes les entreprises de Musk : croissance agressive, dépenses colossales, pari sur l’avenir.
Crédit : Spacex
Starlink : 10,3 millions d’abonnés, mais un revenu moyen en baisse
Le véritable moteur financier de SpaceX n’est pas la fusée — c’est le satellite.
Starlink, le réseau internet par satellite, comptait 10,3 millions d’abonnés dans le monde à la date du dépôt. Ce chiffre a doublé en un an, porté par l’expansion dans les zones rurales américaines et sur les marchés internationaux.
Mais le document révèle une nuance importante : le revenu moyen par utilisateur a commencé à diminuer. En s’étendant vers des marchés à moindre pouvoir d’achat hors d’Amérique du Nord, Starlink gagne en volume ce qu’il perd en marge unitaire. La question de la rentabilité à long terme du service reste ouverte.
Un empire sous un même toit
L’introduction en bourse révèle quelque chose que beaucoup ignoraient : SpaceX est devenue bien plus qu’une entreprise spatiale.
Elle a absorbé xAI en début d’année et supervise désormais Grok, le chatbot d’intelligence artificielle de Musk. Elle contrôle X, l’ancienne plateforme Twitter, qui revendique 6,3 millions d’abonnés payants. Et elle vient de signer un contrat colossal avec Anthropic — créateur de Claude — prévoyant le versement d’environ 1,25 milliard de dollars par mois jusqu’en mai 2029 pour l’accès aux centres de calcul Colossus et Colossus II, situés au Tennessee et au Mississippi.
SpaceX se positionne simultanément comme concurrent dans l’IA et comme fournisseur d’infrastructure pour ses rivaux. Une posture stratégique inédite dans l’histoire technologique récente.
85 % des droits de vote, et la valorisation la plus haute de l’histoire
L’opération est pilotée par Goldman Sachs et Morgan Stanley, aux côtés de plus de vingt grandes institutions financières. Elle vise une valorisation proche de 2 000 milliards de dollars — ce qui en ferait l’IPO la plus importante de l’histoire, dépassant l’entrée en bourse de Saudi Aramco en 2020.
Pour les investisseurs particuliers, l’accès sera direct via des plateformes comme Robinhood, Fidelity ou Schwab.
Mais une clause du document mérite attention : après l’opération, Musk conservera environ 85 % des droits de vote tout en occupant simultanément les postes de PDG, président du conseil d’administration et directeur technique.
Les actionnaires pourront acheter une part de l’empire. Pas une part du pouvoir.


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