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Afin de favoriser de meilleures habitudes de sommeil chez ses élèves, la Division scolaire de Hanover, dans le sud-est du Manitoba, a instauré une restriction de l'accès à internet sur les ordinateurs portables de l'établissement. Depuis mardi, la connexion est suspendue quotidiennement entre minuit et 6 h du matin.
Cette mesure, entrée en vigueur le premier jour du nouveau semestre, cible spécifiquement les Chromebooks fournis par l’école que les élèves rapportent à la maison.
Priorité au sommeil et à l'apprentissage
Dans une lettre adressée aux parents, la division précise que si l’accès au web est restreint, les outils de travail essentiels, comme la suite Google (incluant Google Docs), demeurent accessibles hors ligne.
La direction justifie cette intervention par le fait qu’elle a remarqué que certains étudiants utilisent leurs Chromebooks jusqu'à tard dans la nuit .
Le directeur adjoint de la division scolaire, Marlin Adrian, défend la mission éducative de ces outils.
Notre intention n'est pas de surveiller et de dire aux élèves ce qu'ils peuvent ou ne peuvent pas faire sur leurs propres appareils, mais plutôt de reconnaître que ces appareils sont destinés à l'éducation.
Les autorités scolaires s'appuient sur des données probantes pour valider cette restriction. Les recherches montrent clairement que de bonnes habitudes de sommeil sont un élément clé de la réussite scolaire. Étant donné que ces appareils sont destinés à l’apprentissage, nous avons jugé approprié de fixer des limites nocturnes qui favorisent cet objectif , explique M. Adrian, ajoutant que la réaction des parents est positive jusqu'à présent.

Marlin Adrian, directeur adjoint de la Division scolaire de Hanover, explique que l’établissement a remarqué que certains élèves utilisaient les Chromebooks fournis par l'école tard dans la nuit.
Photo : Division scolaire Hanover
Une mesure réellement efficace?
L'accueil est plus nuancé du côté des premiers concernés. Tylor Lewis, élève de 11e année à l'École secondaire régionale de Steinbach, utilise principalement son Chromebook pour ses devoirs en soirée.
La jeune fille de 16 ans, qui se couche généralement entre 23 h et minuit, ne croit pas que cette limite changera son rythme de vie, bien qu'elle admette veiller plus tard lorsqu'elle a une charge de travail importante.
Selon elle, la fatigue de ses camarades ne provient pas nécessairement des outils scolaires.
Je pense que cela tient en grande partie à leur vie personnelle et non à des questions liées à l'école, par exemple, les gens sortent avec leurs amis, vont au cinéma ou font d'autres activités.
Tylor Lewis souligne également une faille évidente dans la stratégie : Les gens ont leurs propres appareils. Ils vont rester éveillés et utiliser autre chose.
Pour l'instant, l’étudiante ne sait pas encore si ces restrictions nuiront à sa productivité pour ses travaux à domicile.
De son côté, Rojale Brightnose, également en 11e année, termine ses devoirs dès son retour à l'école et se couche vers 21 h. Bien qu’elle ne se sente pas concernée, l’adolescente de 16 ans comprend la logique : Certains jeunes restent debout très longtemps, c’est donc logique qu’ils coupent l’accès à minuit.

Tylor Lewis, élève de 11e année à l'école secondaire régionale Steinbach, ne pense pas que cette mesure aura une incidence sur ses habitudes de sommeil.
Photo : Radio-Canada / Jura McIlraith
L'importance de l'équilibre numérique
Pour Jo Ann Unger, psychologue clinicienne à Winnipeg, l'initiative semble être une bonne idée pour soutenir les familles, mais elle reste prudente : La question est : est-ce que cela fera une différence? Elle souligne que les effets du temps d'écran dépendent de la nature de l'activité et de sa durée.
Si la Société canadienne de pédiatrie recommande de limiter l'écran à une heure par jour pour les tout-petits, les directives pour les adolescents sont moins précises. Mme Unger note toutefois que certains organismes suggèrent un maximum de deux heures d'utilisation récréative par jour.
Si les enfants ne sortent pas, ne socialisent pas, n'apprennent pas de différentes manières et n'utilisent pas leur corps, cela peut avoir un impact négatif.
La psychologue rappelle que la simple présence d'appareils dans la chambre peut nuire au repos. Elle conseille d'éviter les écrans avant le coucher et insiste sur une leçon fondamentale : Il est important que les élèves apprennent à trouver un équilibre entre leurs obligations sociales, leurs devoirs scolaires, leur santé physique et mentale et leur sommeil.
Avec les informations de Jura McIlraith


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