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La surmortalité provoquée par la canicule met les chambres funéraires sous tension. Sans revivre le scénario de 2003, le secteur funéraire s’organise pour faire face à l’afflux de défunts.
Delphine Bancaud - Aujourd'hui à 20:45 | mis à jour aujourd'hui à 20:55 - Temps de lecture :
La canicule a certes amorcé son reflux, mais ses conséquences se font ressentir durement. Santé publique France comptabilise depuis mercredi « environ 1 000 décès supplémentaires » par rapport aux mois précédents, un premier bilan probablement voué à s’alourdir. Une surmortalité qui se répercute directement sur les funérariums : « Selon les remontées de nos adhérents, le taux d’occupation de leurs infrastructures est de 70 %. Et l’on s’attend à une activité encore très soutenue toute cette semaine et la semaine prochaine », indique Pascal Caton, président de la Fédération nationale du funéraire. L’ampleur du choc sanitaire lié à la canicule pourrait d’ailleurs continuer à se manifester dans les prochains jours. « Les décompensations de maladies chroniques surviennent parfois cinq à dix jours après », a rappelé le cabinet du ministère de la Santé.
Pour l’heure, les deux funérariums de Paris intra-muros affichent complets depuis samedi matin. Ce qui entraîne le transfert de défunts dans d’autres établissements d’Île-de-France, voire vers des régions limitrophes. « Le taux d’occupation des chambres funéraires est également très important dans le Nord-ouest, l’Ouest, le Centre Val-de-Loire. Il est également élevé dans le Haut-Rhin, sans pour autant être à saturation », constate Pascal Caton.
Davantage de personnes décédées chez elles
Cette tension s’explique aussi par la saturation de certaines chambres mortuaires d’hôpitaux, de cliniques et d’Ehpad, qui conduit au transfert des corps vers les chambres funéraires. Par ailleurs, ces derniers jours, « nos équipes sont davantage intervenues à domicile : 30 à 40 % de nos interventions, contre 10 à 15 % habituellement. Avec la canicule, davantage de personnes sont décédées chez elles », observe le président de la Fédération.
Habituellement, les corps reposent entre quatre et six jours dans les chambres funéraires, le temps pour les familles d’organiser les obsèques et de se recueillir sur place. Afin de libérer plus rapidement des places, la profession cherche à adapter son organisation. « Nous allons demander aux crématoriums d’ouvrir des créneaux supplémentaires dans les prochains jours. Nous avons également sensibilisé le clergé afin que les prêtres puissent célébrer davantage de cérémonies », explique Pascal Caton.
Les leçons de 2003
Pour autant, il n’est pas question, à ce stade, de recourir aux mesures exceptionnelles mises en œuvre lors de la canicule de 2003 ou pendant la crise du Covid-19 : ouverture d’une morgue temporaire dans un hall du marché Rungis, recours à des camions réfrigérés, ou encore mises en bière d’urgence. « Et contrairement à 2003, la majorité de notre personnel, comme celui des pompes funèbres, n’est pas en congé », souligne Pascal Caton.
Par ailleurs, depuis la première canicule historique, le secteur s’est renforcé : « Nous sommes passés de 2500 à 4000 chambres funéraires en France et nous avons investi pour construire des chambres de proximité, de plus petite capacité. Et ce, afin que les familles aient moins de kilomètres à parcourir pour faire leurs derniers adieux », explique-t-il. Reste une inquiétude : qu’un nouvel épisode caniculaire en juillet ne vienne à nouveau mettre les infrastructures funéraires sous tension.


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