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Jack Lang, figure emblématique de la gauche française et ancien ministre de la Culture sous François Mitterrand, se retrouve au cœur d’une polémique après la publication, vendredi dernier, de 3 millions de documents des Epstein Files par le ministère américain de la Justice.
Scandale Epstein : Jack Lang va-t-il encore passer à travers les gouttes ?
Son nom y apparaît plus de 600 fois, révélant une correspondance régulière et étroite avec Jeffrey Epstein, l’homme d’affaires condamné pour trafic sexuel impliquant des mineures.
Les échanges entre les deux hommes, datés entre 2013 et 2017, soulèvent des questions troublantes. Dans un e-mail du 28 janvier 2013, Epstein interroge Lang sur des sujets sensibles : « L’enfant devrait-il être initié à la religion ? À de nouvelles sexualités ? Testé ? À quelle fréquence ? Des tests standardisés ? », avant de proposer un appel téléphonique. Comment s’étonner de ces propos plus qu’ambigus quand on sait que Jack Lang a cosigné avec 68 autres intellectuels de gauche – parmi lesquels Jean-Paul Sartre, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Gilles et Fanny Deleuze, Francis Ponge, Philippe Sollers, Jack Lang, Bernard Kouchner, Louis Aragon, André Glucksmann, François Châtelet, Félix Guattari, Patrice Chéreau, Daniel Guérin, Gabriel Matzneff, Danièle Sallenave, Guy Hocquengheim – fondateur du Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) – une tribune publiée le 26 janvier 1977, d’abord dans Le Monde puis dans Libération, pour défendre trois hommes incarcérés depuis plus de trois ans pour avoir abusé sexuellement de mineurs de moins de 15 ans.
Les documents montrent également des voyages communs. Le 2 septembre 2013, Lang écrit à Epstein : « Cher Jeffrey, merci pour ton e-mail. Je serais très heureux de venir avec toi au Maroc. » Un échange qui confirme leur proximité, tout comme un message de Fabrice Parsy, assistant de Lang, en avril 2017, concernant un vol à Marrakech. Après une journée passée ensemble, Lang exprime sa gratitude dans un e-mail du 7 avril 2017 : « Cher Jeffrey, c’était une journée fabuleuse hier, un moment merveilleux avec toi. Ton amitié, cet avion fantastique, et ton extraordinaire générosité nous ont vraiment touchés. »
Face aux accusations, Jack Lang se défend avec véhémence. Interrogé sur RTL le 4 février, il affirme ne « pas avoir connu [Epstein] en tant que prédateur sexuel » et se déclare « blanc comme neige ». Il qualifie les soupçons de « supputations à dormir debout » et refuse catégoriquement de démissionner de son poste à la tête de l’Institut du monde arabe (Ima).
La veille, dans un communiqué, il avait déjà nié toute complicité, arguant que « rien ne laissait supposer que Jeffrey Epstein pouvait être au cœur d’un réseau de criminalité » à l’époque de leurs échanges.
Pourtant, dès 2008, Epstein avait plaidé coupable dans une affaire de « sollicitation de prostitution de mineures », écopant d’une peine de dix-huit mois de prison. Cette condamnation, largement médiatisée, rend inaudible l’argument de Lang selon lequel il ignorait la nature criminelle des activités de son « ami ».
Donald Trump avait pour sa part rompu tout lien avec Epstein plusieurs années avant la condamnation de ce dernier en 2008.Trump a lui-même déclaré en 2019 qu’il n’avait « pas parlé à Epstein depuis 15 ans », ce qui situerait la fin de leur relation vers 2004.
Henri Dubost



























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