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Le nez, les lèvres, les seins, le ventre… La chirurgie esthétique peut aussi se caractériser par ses excès. A partir de quand peut-on parler d’addiction ? Quels mécanismes sont en cause ? Les réponses d’un spécialiste.
En partenariat avec Destination Santé - Aujourd'hui à 17:00 - Temps de lecture :
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« La chirurgie esthétique vise à améliorer l’apparence et la confiance en soi », pose le Dr Franck Benhamou, chirurgien plastique et esthétique à Paris. L’addiction ? « On en entend volontiers parler mais à mon sens, elle concerne environ 5% des patients. »
Photo Adobe Stock
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Le plus souvent des patientes d’ailleurs « qui vont par exemple se faire opérer trois fois en trois ans pour les seins, le nez, le ventre. Ou qui reviennent tous les six mois pour les lèvres. Ou encore qui veulent absolument bénéficier de la toute nouvelle technique chirurgicale dont elles ont forcément entendu parler ! »
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Pour le chirurgien, en première ligne face aux demandes des patientes, il apparaît souvent difficile de lutter contre des demandes esthétiques souvent insistantes. « Lorsque jadis certaines patientes me disaient :’ je viens pour mon ventre’, on me dit aujourd’hui : ‘je veux une lipo’ ! Donc on me parle directement de l’indication opératoire alors même que je n’ai pas émis le moindre avis… »
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« La chirurgie esthétique vise à améliorer l’apparence et la confiance en soi », pose le Dr Franck Benhamou, chirurgien plastique et esthétique à Paris. L’addiction ? « On en entend volontiers parler mais à mon sens, elle concerne environ 5% des patients. »
Le plus souvent des patientes d’ailleurs « qui vont par exemple se faire opérer trois fois en trois ans pour les seins, le nez, le ventre. Ou qui reviennent tous les six mois pour les lèvres. Ou encore qui veulent absolument bénéficier de la toute nouvelle technique chirurgicale dont elles ont forcément entendu parler ! »
Les fesses des Kardashian…
Le médecin identifie deux causes principales :
- L’une psychologique, en référence à la dysmorphophobie, définie par l’Académie nationale de médecine comme « une préoccupation obsédante de difformité portant sur un aspect du corps (taille, pilosité, nez, yeux, oreilles, seins, etc.), que le sujet estime laid et inacceptable. (…)». Au point qu’elle peut entraîner une multiplication des interventions. Ce qui peut occasionner « un soulagement temporaire… qui sera suivi de nouveaux complexes », précise le Dr Benhamou ;
- L’autre, numérique puisqu’il s’agit des réseaux sociaux, lieu on l’on se compare volontiers, où l’on applique des filtres et où l’on prend connaissance des dernières modes ! Au passage, « les grosses fesses liées aux Kardashian, c’est fini», glisse-t-il… « Dans tous les cas, les réseaux influencent la perception de la beauté et peuvent encourager la recherche d’un pseudo idéal ».
« Je veux ma lipo »
Pour le chirurgien, en première ligne face aux demandes des patientes, il apparaît souvent difficile de lutter contre des demandes esthétiques souvent insistantes. « Lorsque jadis certaines patientes me disaient :’ je viens pour mon ventre’, on me dit aujourd’hui : ‘je veux une lipo’ ! Donc on me parle directement de l’indication opératoire alors même que je n’ai pas émis le moindre avis… »
Des demandes pas si mineures
Autre sujet délicat : les patientes mineures ! Sous l’influence des réseaux sociaux, « nous en voyons de plus en plus frapper à la porte de nos cabinets pour des demandes esthétiques : nez, seins, lèvres… Seules ou avec leurs parents qui offrent un cadeau d’anniversaire ! Cela n’est évidemment pas envisageable ! »
Pédagogie
Le Dr Benhamou insiste : « le rôle du chirurgien est essentiel. Il s’agit évaluer la demande, savoir poser des limites, prendre le temps d’expliquer un refus et le cas échéant, orienter vers un accompagnement adapté ». Autrement dit, une prise en charge psychologique, en présence d’une dysmorphophobie. « La chirurgie esthétique doit rester une démarche réfléchie, avec des attentes réalistes », conclut-il.


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