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"Ça va ?", demande-t-il d'une voix douce, en vous faisant presque la bise en interview, pas encore rompu à l'exercice lorsqu'on le retrouve aux journées Unifrance à Paris en janvier dernier. Où on le rencontrait pour La Danse des renards, premier film du Belge Valéry Carnoy, doublement primé à la Quinzaine des cinéastes à Cannes.
Jeune acteur de 24 ans à l'instinct très sûr, issu d'une famille de comédiens (sa mère est l'actrice Irène Jacob), révélé à 19 ans dans L'Été dernier de Catherine Breillat (où il venait remplacer son frère Paul initialement prévu au casting mais pris pour Le Règne animal) et vu dernièrement dans Leurs enfants après eux (qui lui avait valu le Prix Marcello-Mastroianni du meilleur espoir à la Mostra de Venise en 2024), en jeune montagnard dans L'Engloutie ou dans la série Merteuil, Samuel Kircher a tout d'une bombe de cinéma, la cinéphilie en prime. On le retrouvera bientôt à l'affiche d'Eldorado, le prochain film de Lola Quivoron (Rodeo), aux côtés de Mallory Wanecque et Matthias Schoenaerts.
Les films de boxe sont très référencés au cinéma. Quelles ont été vos influences pour jouer le rôle de Camille dans La Danse des renards ?
Étrangement, pour moi, ça a été Montgomery Clift dans Tant qu'il y aura des hommes (1953) de Fred Zinnemann. C'est un rôle un peu similaire, l'histoire d'un jeune militaire qui doit se forcer à boxer pour permettre à sa division de gagner. C'est un personnage qui est obligé de combattre alors qu'il ne veut plus boxer. On comprend à la fin que c'est parce qu'il porte la culpabilité de la mort de son meilleur ami. Tout le monde lui met la pression, avec punitions et tout, alors qu'il se désintéresse de la boxe, malgré un grand talent. Le sujet du film, c'est la violence de la compétition. C'est ce qui m'a touché, car on vit dans un monde ultra-compétitif. Et la force de la boxe au cinéma, c'est que tu vois tout de suite le prix à payer de cette compétition.
Le sujet du film, c'est la violence de la compétition. C'est ce qui m'a touché, car on vit dans un monde ultra-compétitif.
Comment s'est passé le tournage des scènes d'action, notamment l'incroyable scène de chute ?
J'étais attaché à un câble jusqu'au moment de la chute, puis le mouvement était repris par un cascadeur et revenait sur moi après que je sois descendu en rappel. Oui, cette scène est dingue. Pour les scènes de combat, il fallait trouver une sauvagerie. Valéry Carnoy m'a aussi beaucoup montré les adolescents dans les films britanniques ou américains : Sweet Sixteen (2012) de Ken Loach, Gummo (1997) d'Harmony Korin ou Paranoid Park (2007) de Gus Van Sant. Ce qui est touchant, c'est qu'on voit tout de suite leur animalité. Il y a ça aussi chez les adultes, mais camouflé par beaucoup de politesse.
Vous êtes encore très jeune, mais envisagez-vous déjà ce métier comme une carrière ?
J'ai commencé des études d'ingénieur du son, mais avec les tournages, c'est pas facile d'être régulier. J'ai eu une éducation culturelle très forte grâce à mes parents. Mais je trouve ça bien de rester au jour le jour pour ne jamais banaliser ce métier. Je voudrais être comme Michel Piccoli, qui disait que chaque film était comme son premier film…
En 2024 à la Mostra de Venise, Paul Kircher recevait le prix Marcello Mastroianni du meilleur jeune acteur pour "Leurs Enfants apres eux" des frères Boukherma.Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.


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