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Dans la province de l’Ituri, les rebelles des Forces démocratiques alliées, qui ont prêté allégeance à l’organisation Etat islamique, imposent des taxes aux habitants, menaçant de les tuer s’ils ne paient pas.
Les attaques des rebelles djihadistes des Forces démocratiques alliées (ADF) continuent de décimer la population civile de la République démocratique du Congo (RDC).
Le groupe armé, qui a prêté allégeance à l’organisation Etat islamique, a visé plusieurs localités de la chefferie de Babila Babombi, située dans le territoire de Mambasa, une subdivision administrative de la province de l’Ituri, dans le nord-est du pays. Le bilan de ces attaques « est de 31 civils tués entre le mercredi 22 juillet et lundi 27 juillet », a déclaré, lundi, à l’Agence France-Presse (AFP), Jospin Paluku, président de la société civile de Mambasa.
Plusieurs sources locales ont confirmé ce bilan à l’AFP. Une source sécuritaire a fait état d’une cinquantaine de morts. Au moins dix-huit de ces personnes ont été tuées dans la nuit de mercredi à jeudi dans la localité minière de Njiapanda-Bela, selon ces sources.
L’est de la RDC est en proie à des violences depuis plus de trente ans, et une multitude de milices et de groupes armés sont présents dans la région. Les ADF, formées par d’anciens rebelles ougandais, sont réputées pour leur extrême violence à l’encontre des civils et elles commettent des massacres à répétition dans la province de l’Ituri et dans celle, voisine, du Nord-Kivu.
Un jeton ou la mort
Les membres des ADF, dispersés en plusieurs groupes mobiles dans les forêts de l’Ituri, cherchent depuis plusieurs mois à imposer des taxes aux communautés de la région, qui tirent notamment leurs revenus de la culture du cacao et de l’extraction minière, en échange de leur protection, selon des analystes.
« Il y a une semaine, j’ai payé 10 dollars (8,80 euros environ) comme taxe exigée par les ADF. Nous les rencontrons souvent dans la brousse », a rapporté à l’AFP un agriculteur d’une chefferie voisine dans le territoire de Mambasa, sous couvert de l’anonymat.
Les ADF « nous remettent des jetons comme preuve de paiement. S’ils te trouvent sans jeton, cela signifie que tu n’as pas payé leur taxe et c’est la mort », a affirmé un autre agriculteur de la zone ayant requis l’anonymat.
L’armée ougandaise en renfort limité
L’armée ougandaise s’est déployée depuis 2021 dans la partie septentrionale du Nord-Kivu et dans l’Ituri pour combattre les ADF aux côtés de l’armée congolaise, mais l’opération conjointe, baptisée « Shujaa », (« héros » en swahili, l’une des langues régionales) n’a pas mis fin aux violences.
« Quand nous dénonçons la présence des ADF aux militaires, soit on nous assimile à leurs collaborateurs, soit les soldats nous demandent des renseignements sur les mouvements des rebelles, ce qui met notre sécurité en danger. Alors, bien souvent, nous préférons nous taire », a déploré un agriculteur.
Plus de 190 civils ont été tués depuis janvier dans des attaques dans la chefferie des Babila Babombi, où les ADF n’ont pas encore imposé leurs taxes, a affirmé à l’AFP Muhindo Mamboro Peresi, responsable de la société civile de la chefferie de Babila Babombi.
Les ADF ont tué au moins une vingtaine de civils ces dernières semaines dans le territoire de Beni, situé dans la province voisine du Nord-Kivu, selon des sources locales.
Le Monde avec AFP


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