Les négociations entre le gouvernement turc et le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) avancent au rythme hésitant du mehter: deux pas en avant, un pas en arrière, à l’image d’une marche militaire ottomane. Selon plusieurs médias kurdes, les pourparlers annoncés en février par le leader du PKK, Abdullah Ocalan, emprisonné depuis 1999, nourrissent malgré tout un certain espoir. Mais les faits témoignent à la fois d’un réel manque de volonté politique du gouvernement d’Erdogan et, un an après la chute du régime d’Assad en Syrie, de la pression croissante qu’exerce le «modèle» turc imposé par Ankara et Damas sur les Kurdes.
En effet, côté turc, la posture reste la même: déni de la question kurde, exigence de soumission et pression pour dissoudre les forces kurdes du Rojava, région de facto autonome depuis douze ans au nord de la Syrie. Les échanges s’effectuent entre Ocalan, considéré comme le principal négociateur depuis sa cellule de l’île d’Imrali, et Devlet Bahçeli, chef du MHP (Parti d’action nationaliste), allié du président Erdogan. Ankara veut imposer sa «solution» aux Kurdes de Syrie: intégrer toutes leurs organisations dans un Etat syrien unitaire, dirigé par le gouvernement de transition d’Ahmed al-Charaa, ancien chef de l’organisation Hayat Tahrir al-Cham, autrefois affiliée à Al-Qaida.


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