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Par Charlotte, votre humble narratrice (im)pertinente préférée
Mes très chers lecteurs,
Il existe deux façons de savoir que l’été est officiellement arrivé sur la Côte-Nord.
La première? Regarder le calendrier.
La seconde? Entendre les premiers tests de son résonner au bord du fleuve, apercevoir une scène sortir de terre presque comme par magie et voir les chaises pliantes refaire leur apparition dans les coffres de voiture.
Personnellement, je préfère la deuxième.
Car s’il y a bien une chose que la Côte-Nord réussit avec un talent presque insolent, c’est de transformer ses plus beaux paysages en salles de spectacle à ciel ouvert. Ici, les projecteurs illuminent les artistes, certes, mais ils n’arrivent jamais à voler la vedette au décor. Le Saint-Laurent, les baies, les plages, les montagnes et les couchers de soleil tiennent obstinément à faire partie du spectacle.
Et avouons-le… Ils y excellent.
Le week-end dernier, Baie-Comeau vibrait au rythme d’Eau Grand Air. Comme chaque été, le parc des Pionniers s’est transformé en immense terrain de rassemblement où la musique résonnait jusqu’au fleuve. Des milliers de festivaliers se sont donné rendez-vous pour applaudir des artistes de renom, chanter à tue-tête et surtout, célébrer le début de la saison estivale comme il se doit.
Parce qu’au fond, Eau Grand Air est bien plus qu’un festival. C’est le coup d’envoi de l’été nord-côtier.
Puis les semaines s’enchaînent et les occasions de se retrouver se multiplient. St-Marc Pardu dans L’Bois nous rappelle que la forêt est une merveilleuse salle de spectacle. Vieux-Quai en Fête fait vibrer Sept-Îles au bord de sa magnifique baie. Innu Nikamu, à Mani-utenam, fait rayonner la culture innue bien au-delà de nos frontières avec une programmation qui attire des artistes d’ici et d’ailleurs. Plus tard, le Festival du Fjord, le Festi-GrÎles, le Festival marin des Escoumins ou encore le Festival Country des Nord-Côtiers viendront prolonger cette impression que, décidément, l’été est beaucoup trop court.
Et tant mieux, cela nous donne une excellente excuse pour en profiter jusqu’à la dernière note.
Ce qui me fascine avec les festivals nord-côtiers, ce n’est pas seulement la qualité de leur programmation. Bien sûr, voir débarquer de grands noms de la musique québécoise ou internationale est toujours un bonheur.
Mais ce n’est jamais uniquement une histoire d’artistes, c’est aussi une histoire de retrouvailles.
On y retrouve les voisins. Les anciens collègues. Les amis d’enfance. Les cousins qui reviennent passer leurs vacances. Les enfants qui grandissent d’un été à l’autre. Ceux qui ont quitté la région, mais qui profitent des festivals pour revenir respirer un peu d’air salin.
Pendant quelques jours, toute la Côte-Nord semble avoir donné rendez-vous au même endroit.
Ailleurs, on va dans un festival. Ici, on s’y retrouve, et la nuance est immense.
Les visiteurs qui découvrent la région pour la première fois repartent souvent avec la même impression : ils étaient venus pour un spectacle, mais ils ont découvert une communauté. Une région qui sait accueillir. Une région qui ouvre ses bras aussi facilement qu’elle ouvre ses paysages.
Il faut dire que nous avons quelques arguments.
Essayez donc de convaincre quelqu’un qu’il existe meilleur endroit pour écouter de la musique qu’un parc au bord du Saint-Laurent, alors que le soleil descend lentement sur l’horizon et que la brise marine accompagne les dernières chansons de la soirée.
Je vous souhaite bonne chance.
Car la Côte-Nord possède un luxe que bien des festivals envient : le décor est déjà installé.
Mais derrière toute cette magie se cache un travail colossal car les scènes ne poussent pas toutes seules et les artistes ne se téléportent pas. Les barrières ne s’installent pas par enchantement, pas plus que les éclairages, les kiosques ou les systèmes de son.
Des mois de préparation sont nécessaires pour offrir quelques jours de bonheur.
Des centaines de bénévoles donnent de leur temps. Des équipes entières travaillent dans l’ombre bien avant que les premiers festivaliers franchissent les portes du site. Les organismes, les partenaires, les municipalités et les commanditaires unissent leurs forces pour que ces événements puissent exister.
Et pourtant…
Lorsque tout fonctionne parfaitement, personne n’y pense.
C’est sans doute le plus beau compliment que l’on puisse leur faire.
Alors aujourd’hui, j’avais envie de leur dire merci. Merci à ceux qui montent les scènes avant même que le soleil ne se lève. Merci à ceux qui accueillent les festivaliers avec le sourire après une journée entière debout. Merci à ceux qui ramassent les déchets pendant que les autres chantent. Merci à ceux qui croient, année après année, que la culture mérite de rayonner jusque dans les plus beaux coins de notre immense région.
Car ces festivals ne servent pas uniquement à faire danser la Côte-Nord.
Ils la font vivre. Ils attirent des visiteurs, ils soutiennent nos commerces, ils mettent en valeur nos artistes et ils créent des souvenirs qui, parfois, dureront toute une vie.
Et ils rappellent que nous avons ici quelque chose de précieux : une façon bien à nous de célébrer l’été.
Alors, si vous hésitiez encore à remplir votre agenda pour les prochaines semaines, considérez cette chronique comme une invitation.
Allez chanter.
Allez danser.
Allez applaudir.
Allez découvrir un festival que vous ne connaissez pas encore.
Parce qu’au fond, les festivals de la Côte-Nord ne sont pas seulement des événements musicaux.
Ils sont la bande sonore de nos étés.
Et il serait franchement dommage de ne pas monter le volume.
Bien à vous,
Charlotte, qui soupçonne fortement que les festivals de la Côte-Nord ont un pouvoir mystérieux : celui de faire apparaître, comme par magie, tous les Nord-Côtiers au même endroit… et de leur donner envie de recommencer l’été suivant.


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